9 janvier 2026
Quand Jérémie devient la cour du Roi Pétaud
Actualités Opinions Société

Quand Jérémie devient la cour du Roi Pétaud

Par : Rosny Saint Louis

Jadis considérée comme le sanctuaire des intelligences supérieures, Jérémie est devenue en 2025, en « l’espace d’un cillement » pour parler comme Jacques Stephen Alexis, une véritable pétaudière. Comment sommes-nous arrivés si bas à l’heure où les autres pensent à alunir à nouveau ou à conquérir mars ?

A qui la faute ?

Les réseaux sociaux tels : Tik Tok, Facebook, Youtube, WhatsApp… sont-ils responsables de la descente aux enfers de cette ville au passé si glorieux et prospère ?

Ces nouvelles modes de communication se transforment actuellement en véritable tribunal populaire où l’on sacrifie souvent des innocents au bénéfice des vrais coupables. Les réseaux sociaux présentent certes, d’une part, de nombreux avantages pour ceux qui les utilisent à bon escient et, d’autre part ; elles peuvent aussi être des tonnes de TNT entre les mains des utilisateurs malveillants qui ont des comptes personnels à régler avec quelqu’un.

C’est dans ce contexte de règlement de compte personnel que Jérémie vit de nos jours avec des scandales à répétition sur les réseaux sociaux , les uns de plus en plus fantaisistes et de plus en plus diffamatoires que les autres.

L’Eglise Catholique serait-elle en état de péché ?

Il y a environ un mois depuis que la Sainte Eglise Catholique dans le diocèse de Jérémie a la fièvre. Sa température monte de jour en jour. Il suffit, pour s’en convaincre, de consulter les pages de Facebook, de Tiktok ou de Youtube pour voir á quel point l’Eglise est éclaboussée par l’affaire Pétuelle Siméon, une jeune infirmière qui accuse le curé de la cathédrale Saint-Louis de l’avoir abusée sexuellement pendant prés d’une décennie.

Des allégations que le disciple du Christ a totalement démenties et se considère plutôt victime de « flagellation » pour avoir aidé une personne qui était dans le plus grand besoin á un moment donné de sa vie. Cette situation vraiment dérangeante tant pour l’infirmière, le père que pour l’Eglise, nous fait penser á l’histoire de Jules César qui était profondément déçu de voir Brutus qu’il considérait comme son fils parmi ses assassins. Et, c’est á ce moment fatidique qu’il se serait hurlé : « Tu quoque filii : Toi aussi mon fils. » ou toi aussi ma fille dans ce contexte.

Sans vouloir entrer dans les détails de cette affaire qui fait battre avec frénésie l’aile conservatrice de l’Eglise Catholique où cette crise est devenue depuis lors, l’une des mamelles des pages des réseaux sociaux et même le pain quotidien de la presse en général ; est ce qu’on n’est pas en mesure de se demander, si ce n’est pas le moment idéal pour remettre en cause la question du célibat des prêtres au sein de la Sainte Eglise Catholique Romaine. ?

Vol de terrain á Jérémie : un phénomène récent et récurrent 

Les vols de terrain sont devenus un phénomène récurrent qui s’est développé tout récemment á Jérémie. C’est avec peine et désolation que beaucoup de  propriétaires assistent impuissants á leur expulsion d’un bien qui leur est dévolu depuis des années soit par achat, héritage ou succession. Le plus souvent ces voleurs sont aidés dans leurs actes par des individus puissants de la ville qui leur assurent protection et impunité en échange de leur part. Et la plus grande victime de ce phénomène de vol de terre est la diaspora haïtienne. 

De groupes d’individus ou même des professionnels dans le domaine foncier  peuvent sans gêne exploiter la situation des haïtiens de la diaspora juste parce qu’ils ont eu le malheur d’être absents. Ces voleurs peuvent facilement s’approprier de leur terre en s’appuyant sur de faux papiers fabriqués de toute pièce par des notaires soudoyés ou en tirant parti de la méconnaissance des lois haïtiennes par les haïtiens du dehors. 

Il est devenu aisé de nos jours á Jérémie, que des individus peuvent facilement s’approprier illégalement des biens de la diaspora en exhibant de faux papiers et trouvent, qui pis est,  des arpenteurs ou des notaires capables de leur délivrer des titres de propriété. La diaspora qui, malheureusement, ne peut pas être sur place pour assurer la protection de ses biens, est souvent devenue une proie facile á avaler.

Quand parfois un membre de la diaspora décide enfin de recourir á la justice pour se réapproprier de son bien volé, on retrouve les mêmes voleurs sur les réseaux sociaux qui se font passer pour des victimes. Quelle indignité ! Quelle lâcheté !

Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’au-delà des apparences de ce méli-mélo médiatique, les voleurs en recourant aux réseaux sociaux cherchent á attirer l’attention mais malheureusement cette attention tourne toujours contre eux.

 Comment accepter que des membres de la diaspora qui ont investi tout leur avoir dans l’achat de terrains en Haïti en perspective de leur retraire soient des cibles faciles qui peuvent se retrouver déposséder de leurs biens sans recours juridique possible ?

Alex Dominique : entre impulsivité et hostilité

Dans le vieux différend qui semble l’opposer au maire de la ville Mr Onel Jacinthe, le jeune et fougueux Alex Dominique, qui nage souvent entre impulsivité et hostilité, a failli laisser sa peau, si ce n’était pas l’intervention rapide de Ralph Simon et de quelques autres bons samaritains de la ville qui ont eu le temps de le conduire en toute hâte à l’Hôpital. Heureusement, les médecins lui prodiguaient des soins utiles à son cas, sinon le regrettable se serait arrivé parce que dans une vidéo devenue virale sur WhatsApp et sur Facebook ; il annonçait vouloir mettre fin à ses jours plutôt que d’aller en prison, puisqu’un mandat d’amener a été décerné par le maire contre lui. Et, selon toute vraisemblance, il a eu le temps d’agir en conséquence en ingurgitant, dit-on, un breuvage qui s’apparentait à du poison.

Tout le scénario des événements s’est déroulé sur les réseaux sociaux où le maire sur WhatsApp accusait Alex Dominique de vouloir coucher avec des femmes vulnérables avant de les donner des kits scolaires qui leur étaient destinés. Des allégations qu’Alex a démenties évidemment.

Ce message émis sur WhatsApp a eu des conséquences graves non seulement sur Alex Dominique qui a été renvoyé de l’ONG pour laquelle il travaillait, mais aussi sur toute la communauté parce que l’organisation a du fermer ses portes créant ainsi un trou dans l’économie de la ville.

Face à une telle triste situation, les citoyens se posent deux grandes questions : pourquoi l’Etat était-il obligé d’utiliser le couloir des réseaux sociaux pour régler une si importante affaire ? Et de son côté, Alex Dominique, n’est-il pas victime du Karma, principe divin de cause à effet, parce que lui aussi pour régler ses comptes avec quiconque, il utilise toujours le même procédé ?

Les réseaux sociaux sont devenus une arme á double tranchant. Si on continue à les mal utiliser,  on finira par payer le pot cassé. On assassine á Port-au-Prince avec les armes, on ne pourrait pas guillotiner á Jérémie avec la langue et sur  les réseaux sociaux. Si on essayait de redresser la guillotine sur les réseaux sociaux, les pavés se soulèveraient. 

Comment une ville qui a produit des Vilaire, des Roumer, des Brierre, des Maurice Léonce, des Fignolé, des Louis Jean Divers, des Almaye Dorestant, des Francisque Mayas, des Riquet Dorimain, des Janin Leonidas, des Even Wesh, des Nicolson Jourdan, des Yvon Janvier et des Johel Dominique a-t-elle pu décrocher aussi vite pour plonger inexorablement dans ces abysses ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.