5 janvier 2026
Manifeste pour les nations humiliées, les peuples trahis et les consciences encore debout
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Manifeste pour les nations humiliées, les peuples trahis et les consciences encore debout

La nuit où un président est arraché à son pays par des mains étrangères, ce n’est pas seulement un homme qui tombe.

C’est un peuple qui est mis à nu.

C’est une nation que l’on regarde dans les yeux pour lui dire : « Tu n’as pas réglé ton propre compte. D’autres l’ont fait à ta place. »

Cette scène n’appartient pas à un pays.

Elle traverse les continents.

Elle hante l’Afrique, l’Amérique latine, le Moyen-Orient, l’Asie.

Elle concerne les peuples pauvres comme les peuples riches.

Elle concerne toute société qui a, un jour, accepté que sa crise soit réglée par d’autres.

Et à cet instant précis, une question traverse le monde, brutale et sans détour : à qui appartient réellement la souveraineté d’un peuple ?

On nous a appris à applaudir quand l’oppresseur tombe, peu importe la main qui le fait chuter.

C’est une erreur grave.

Car un peuple qui laisse d’autres peuples venir régler ses conflits internes n’est pas libéré : il est remplacé dans sa soumission.

C’est ici que le texte cesse d’être une opinion.

C’est ici qu’il devient une mise en garde.

C’est ici que commence toute lutte véritable. Et toute lutte véritable obéit à des principes. Trois seulement. Mais trois principes que l’histoire n’a jamais contredits.

Principe 1 : Ne haïssez pas trop l’ennemi qui vous opprime.

L’ennemi visible, l’occupant, le dictateur, le système étranger, n’est presque jamais celui qui livre un peuple.

Celui qui livre un peuple, c’est toujours le peuple lui-même. Son système de justice. Son système de sécurité.

L’adage est ancien, mais il reste d’une lucidité implacable :

Le plus grand ennemi de la liberté n’est pas celui qui maintient en esclavage, mais l’esclave qui jouit de certains privilèges.

Cette phrase traverse les siècles.

Elle explique pourquoi des empires tombent, mais que les peuples restent dominés.

Ce sont les notables qui ferment les yeux.

Ce sont les élites qui négocient leur confort.

Ce sont les intellectuels qui justifient l’injustifiable.

Ce sont les citoyens qui préfèrent la survie individuelle à la dignité collective.

On peut chasser un tyran en une nuit.

Mais on ne libère pas un peuple qui n’a pas désappris à aimer ses chaînes dorées.

L’histoire de l’Afrique pillée, de l’Amérique latine humiliée, du Moyen-Orient morcelé, de peuples entiers exploités au nom de la stabilité, le prouve : l’oppresseur ne règne jamais seul.

Principe 2 : N’aimez pas trop ceux que vous appelez “alliés”

Ce principe s’adresse au monde entier.

Aux États, aux mouvements, aux peuples en lutte.

Un allié n’est pas un frère.

Un allié est un intérêt qui vous ressemble… jusqu’au jour où il ne vous ressemble plus.

Ils vous soutiendront tant que votre combat ne menace pas leurs marchés.

Ils vous défendront tant que votre liberté ne dérange pas leur confort.

Et ils vous abandonneront, sans remords, dès que votre souveraineté deviendra un obstacle.

Un allié, c’est comme les fautes des autres : les fautes des autres sont celles que nous ne tolérons pas parce qu’elles sont différentes des nôtres.

Combien de peuples ont cru être protégés, avant d’être livrés ?

Combien de dirigeants ont été soutenus hier, diabolisés aujourd’hui, oubliés demain ?

Combien de révolutions ont été applaudies, puis confisquées ?

Un peuple mature ne s’en remet jamais aveuglément à des alliances.

Il coopère. Il négocie. Mais il ne délègue jamais sa destinée.

Principe 3 : Ne défendez pas trop votre peuple, rendez-lui simplement justice.

Voici le principe le plus difficile.

Celui que presque aucun peuple n’aime entendre.

Aimer un peuple ne signifie pas l’absoudre.

Lutter pour un peuple ne signifie pas protéger ses fautes.

Pendant que vous combattez l’injustice qui lui est faite de l’extérieur, rendez justice à l’intérieur.

Punissez le coupable, même s’il est “des vôtres”.

Dénoncez la corruption, même si elle parle votre langue.

Refusez l’impunité, même quand elle nage dans le patriotisme.

Car aucun dirigeant ne peut réclamer au monde la dignité pour son peuple s’il refuse la justice chez lui.

Et maintenant, la vérité que personne n’ose dire :

C’est ici que le texte devient actuel.

C’est ici qu’il devient urgent.

 Lorsqu’un peuple tolère que des acteurs extérieurs assassinent ses dirigeants et repartent vivants ou soient juste des prisonniers, il ne s’agit pas seulement d’un échec sécuritaire.

 Il s’agit d’un message envoyé au monde : celui d’une souveraineté qui ne se défend plus.

 Ce n’est pas l’absence de lois qui encourage la répétition de ces crimes, mais l’absence de conséquences visibles et dissuasives.

Là où une nation ne fait pas clairement comprendre que toute intrusion violente est inacceptable, cette intrusion finit par devenir une option.

 Aucun peuple ne peut espérer être respecté s’il accepte que les décisions les plus graves concernant son destin soient prises sur son sol, puis effacées sans réponse collective forte.

Un peuple est souverain ou il ne l’est pas.

Un peuple qui ne règle jamais ses propres comptes finit toujours par les voir réglés par d’autres.

Et toujours au prix fort.

Ce texte n’est pas une colère. C’est un appel.

Un appel qui traverse les frontières.

Un appel qui s’adresse à toute conscience humaine.

Un appel à la lucidité.

Un appel à la responsabilité.

Un appel à la maturité politique.

Changer d’opinion, c’est comprendre que la liberté ne se sous-traite pas.

Passer à l’action, c’est refuser désormais toute libération importée, toute justice déléguée, toute souveraineté louée.

Aucun peuple ne sera libre tant qu’il attendra qu’un autre fasse le travail à sa place.

L’histoire ne respecte pas les peuples courageux.

Elle respecte les peuples responsables.

Ralf Dieudonné JN MARY, dit Lysius Félicité Salomon Jeune.

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