L’Iran a franchi un seuil glaçant en 2025. Au moins 1 500 condamnés à mort ont été exécutés dans le pays au cours de l’année, selon l’ONG Iran Human Rights (IHR), qui parle d’un record absolu depuis la fin des années 1980. Un chiffre encore provisoire, l’organisation affirmant que d’autres cas restent à confirmer.
« C’est le plus grand nombre d’exécutions jamais recensé par nos services », alerte Mahmood Amiry-Moghaddam, directeur de l’ONG basée en Norvège. La hausse est qualifiée de « sans précédent », dans un contexte de fortes tensions politiques et sociales. Selon l’IHR, près de la moitié des personnes exécutées avaient été condamnées dans des affaires liées au trafic de drogue.
Les défenseurs des droits humains dénoncent une stratégie assumée du pouvoir. Depuis les manifestations de 2022-2023 déclenchées par la mort de Mahsa Amini en détention, la peine capitale serait utilisée comme un instrument de dissuasion massive. Les chiffres illustrent cette escalade : plus de 500 exécutions en 2022, plus de 800 en 2023, près de 1 000 en 2024, avant l’explosion de 2025.
Cette vague répressive intervient alors que de nouvelles protestations secouent le pays, sur fond d’hyperinflation et de crise économique. Pour les ONG, la multiplication des exécutions n’a pourtant pas étouffé la contestation. L’Iran demeure aujourd’hui le deuxième pays le plus actif au monde en matière d’exécutions, derrière la Chine, dans une opacité largement dénoncée par la communauté internationale.

