C’était une promesse martelée à coups de slogans par la base trumpiste : « Publiez le dossier Epstein ». Sous la pression du Congrès, l’administration de Donald Trump devra s’y résoudre au plus tard vendredi, mettant fin à des mois de reports et de tensions politiques autour de l’un des dossiers les plus explosifs de la dernière décennie.
Adoptée malgré les réticences de la Maison-Blanche, la loi promulguée le 19 novembre impose au département de la Justice de rendre publics l’ensemble des documents non classifiés liés à Jeffrey Epstein, à sa complice Ghislaine Maxwell et aux procédures judiciaires les concernant. Sont visés aussi bien les dossiers ayant conduit à sa condamnation en Floride en 2008 que son inculpation fédérale à New York en 2019, ainsi que les liens, même non criminels, avec des entités privées ou publiques.
La mort d’Epstein, retrouvé pendu dans sa cellule en août 2019, a nourri d’innombrables théories du complot. Pourtant, le FBI et le département de la Justice ont récemment réaffirmé qu’aucune « liste de clients » ni preuve de chantage n’avait été découverte. Une conclusion qui a provoqué la colère d’une partie du camp MAGA.
Reste que ces documents pourraient embarrasser de nombreuses figures de la politique, des affaires et du monde culturel. Des photos récemment publiées par des élus démocrates montrent Epstein aux côtés de personnalités influentes, dont Donald Trump lui-même, ancien proche du financier.
Si la Maison-Blanche assure agir au nom des victimes, les démocrates redoutent une publication partielle ou manipulée. Ils réclament désormais un audit indépendant. À l’approche de l’échéance, une certitude demeure : quelle que soit leur portée judiciaire, ces révélations risquent de raviver les fractures politiques américaines.

