La nouvelle ère de Rutshelle Guillaume : un album-souffle, sans posture ni frontières. Entre confidences et explorations, l’ancienne prof de philosophie signe un projet des plus lumineux
Rutshelle Guillaume n’a jamais eu peur des virages. Mais avec 12 Era, son quatrième album fraîchement débarqué sur les plateformes, elle ne tourne pas seulement une page : elle ouvre une nouvelle fenêtre, change la lumière, respire différemment. Vingt-deux titres, comme vingt-deux fragments d’une femme qui refuse de se laisser enfermer dans une seule version d’elle-même.
Loin des discours compassés, Rutshelle s’amuse, expérimente, ose des alliances qui auraient pu sembler improbables il y a quelques années. On y croise Wyclef Jean dans un registre inattendu, des voix caribéennes qui se répondent comme un archipel réuni autour d’un feu, et une Rutshelle plus narrative, plus joueuse, presque confessionnelle parfois.
Ce qui frappe, c’est l’énergie tranquille du projet. Pas de démonstration, pas de posture : juste une artiste qui connaît désormais son poids, ses cicatrices, son intensité, et qui transforme tout cela en musique avec une liberté nouvelle. 12 Era n’a pas été pensé comme un monument mais comme un mouvement, un passage, un souffle long.
La chanteuse revendique un album qui lui ressemble “maintenant”, pas celui d’hier. Et c’est peut-être cela la vraie maturité : savoir se réinventer sans cesser d’être soi. Avec ce projet ample et généreux, Rutshelle ne cherche pas à convaincre — elle invite simplement à entrer dans son univers, à prendre le temps, à écouter ce que deviennent douze ans de route quand on les transforme en horizon.
Exant Riviere
mélomane

