14 janvier 2026
DCPJ : comportement inquiétant de Marc Justin, le RNDDH écrit à Frédéric Leconte
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DCPJ : comportement inquiétant de Marc Justin, le RNDDH écrit à Frédéric Leconte

Une correspondance du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) en date du 11 novembre dernier, adressée à l’inspecteur général en chef de la police, retrace les faits graves et préoccupants relatifs au fonctionnement actuel de la Direction centrale de la Police judiciaire (DCPJ), par le truchement de son responsable, l’inspecteur général Justin Marc. Le directeur général de la PNH, André Jonas Vladimir Paraison a été également mise en copie dans la lettre qui met en lumière des faits « susceptibles de compromettre l’intégrité, la neutralité et la crédibilité de cette institution clé, dont l’importance dans la lutte contre la criminalité organisée en Haïti n’est plus à démontrer ».

Plusieurs dossiers dont celui de l’immixtion abusive dans une procédure judiciaire en cours, relative au dossier Anvayi Hôtel et RJ Rent a Car, de la visite malvenue à la DCPJ suivie d’un direct scandaleux réalisé par Arnel Bélizaire, du traitement du dossier du journaliste Guerrier Henri, de la saisie de drogue sur l’île de la Tortue, de suspicions de pots-de-vin pour accélérer les dossiers à la DCPJ témoignent d’un fonctionnement inquiétant de la DCPJ. Le RNDDH, dans une lettre adressée à l’inspecteur général Frédéric Leconte, appelle les plus hautes autorités du pays à adresser l’état de fonctionnement de la DCPJ, sous le leadership de Justin Marc.

Le RNDDH note qu’au moins soixante-trois (63) véhicules ainsi que des locaux, ont été saisis et confisqués dans le cadre du dossier Anvayi Hôtel. Le commissaire divisionnaire Justin MARC, dès son arrivée à la DCPJ, a décidé de son propre chef d’intervenir sur ce dossier en cours d’instruction, sans que la magistrate Fabienne Bien-Aimé ne lui ait fourni délégation de pouvoir. Et, les investigations du RNDDH pour comprendre les inopportunes interventions de ce dernier ont permis de découvrir qu’en date du 10 septembre 2025, dix-mille (10.000) dollars américains ont été offerts à la DCPJ. Plusieurs agents, au courant de la réception de ce pot-de-vin, s’en sont insurgés, ce qui a provoqué un tollé au sein de l’institution.

S’agissant de l’affaire liée à la visite malvenue à la DCPJ suivie d’un direct scandaleux réalisé par Arnel Bélizaire, l’organisme de défense des droits humains dénonce le fait par le directeur de la DCPJ de cautionner de tels comportements de la part de personnes indexées dans l’alimentation et le maintien de la crise sécuritaire qui sévit dans le pays. Ce qui risque de saper la confiance de la population en cette institution qui, à travers le temps, a toujours constitué un rempart entre les citoyens et les criminels, en menant des enquêtes, en transférant à l’appareil judicaire haïtien toutes personnes impliquées dans des actes délictueux et surtout, en renseignant sur les casiers judiciaires de tous.

À propos du dossier de Guerrier Henri, le RNDDH déplore le protocole ayant conduit à la présence du journaliste dans les bureaux de la DCPJ. 

« Tenant compte du fait que l’actuel directeur de la DCPJ ait reçu Guerrier HENRI en invité d’honneur, démontrant par-là ses liens d’amitié avec ce dernier et que depuis, son dossier stagne, le RNDDH craint, avec raison, qu’un rapport taillé sur mesure en faveur de Guerrier HENRI ne soit en cours d’élaboration, ce qui, vous le comprendrez, ne sera d’aucune aide pour la manifestation de la vérité », analyse le document du RNDDH.

En ce qui concerne le dossier relatif à la saisie de drogue sur l’Ile de La Tortue, le RNDDH dénonce le retard enregistré dans le traitement de cette affaire. Plus de quatre mois après la saisie spectaculaire de drogues, le rapport préliminaire de la DCPJ n’a toujours pas été transmis au commissaire du gouvernement près le Tribunal de première instance de Port-de-Paix, qui n’a pas non plus été informé du suivi accordé jusque-là au dossier, par la DCPJ.

Sur l’affaire de suspicions de pots-de-vin pour accélérer les dossiers à la DCPJ, il a été rapporté au RNDDH que l’actuel responsable de la DCPJ oriente les enquêtes dans le sens qui lui convient. Il lui est même reproché de dénaturer ou encore de falsifier les rapports d’enquête qui lui sont soumis, pour transfert à la Justice. Au regard de ces faits, le RNDDH encourage à adresser la situation actuelle de la DCPJ et à communiquer les conclusions de vos investigations au directeur général de la PNH et au ministre de la Justice et de la sécurité publique, en vue du redressement immédiat de la situation.

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