On dit souvent ,il y a pas de peine irrémédiable sauf la mort , cette citation exprime une vérité universelle : tant qu’il y a la vie, il y a l’espoir.Haïti a le droit de revivre sa grandeur et de reprendre la voie de la modernité. Ce n’est pas un rêve chimérique, car le pays a déjà connu l’ère du transport ferroviaire à la fin du XIXᵉ siècle et au début du XXᵉ.
Peu de gens s’en souviennent, mais Haïti fut l’un des premiers pays de la Caraïbe à disposer de véritables chemins de fer.
Dès 1878, un tramway hippomobile reliait Croix-des-Bossales au Champ-de-Mars, dans la capitale Port-au-Prince. Ce fut la première forme de transport ferroviaire du pays.
Quelques années plus tard, à la fin du XIXᵉ siècle, des compagnies à vapeur comme la Compagnie des Chemins de Fer de la Plaine du Cul-de-Sac mirent en service plusieurs lignes importantes :
- de Port-au-Prince à Léogâne,
- de Port-au-Prince à Manneville,
- et de Port-au-Prince à la Plaine du Cul-de-Sac.
Vers 1905, un autre réseau ferroviaire vit le jour dans la région de Saint-Marc, favorisant le commerce agricole et le transport de marchandises vers les ports.
Ces infrastructures jouèrent un rôle essentiel dans la modernisation économique et la mobilité du pays, facilitant l’exportation du café, du sucre et d’autres produits agricoles. Cependant, avec la crise économique, la dégradation des infrastructures et la centralisation des transports routiers, les trains cessèrent progressivement de fonctionner dans les années 1950 et 1960.
Un passé à redécouvrir, un futur à reconstruire
Comme le dit si bien un proverbe créole haïtien :
« Tèt ki abitye mete chapo ap toujou mete chapo. »
Autrement dit, un peuple qui a déjà connu la modernité peut y retourner.
Aujourd’hui, alors que le pays cherche à se reconstruire, le retour du train pourrait devenir un symbole fort : celui d’une renaissance nationale, d’une intégration territoriale et d’une volonté populaire de maîtriser à nouveau son destin.
Un réseau ferroviaire moderne relierait nos grandes villes — Cap-Haïtien, Port-au-Prince, Les Cayes, Saint-Marc — et ouvrirait la voie à une nouvelle économie du transport, plus écologique, plus rapide et plus inclusive.
Malgré les difficultés que traverse la nation, il est temps de repenser sérieusement notre avenir collectif. Le retour des trains n’est pas un rêve, c’est une nécessité. Haïti a déjà marché sur les rails du progrès — elle peut y retourner
Alceus Dilson, Communicologue ,Juriste

