29 novembre 2025
Le pouvoir en miettes rend hommage à l’un des siens, toujours sans justice, sur les ruines du Palais National
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Le pouvoir en miettes rend hommage à l’un des siens, toujours sans justice, sur les ruines du Palais National

Quatre ans après l’assassinat de Jovenel Moïse, une messe de requiem se tiendra dans un contexte marqué par un vide institutionnel persistant, tandis qu’un pouvoir exécutif fragmenté demeure incapable de contenir la dégradation sécuritaire. Ce dysfonctionnement politique tend à plonger davantage le pays dans une spirale d’inconstitutionnalité, fragilisant ainsi l’État de droit et exacerbant la crise multidimensionnelle qui affecte Haïti.

Une messe de requiem sera célébrée ce lundi 7 juillet 2025 à 9h00 du matin au Palais national (Champ-de-Mars) à la mémoire du président Jovenel Moïse, assassiné dans sa résidence privée à Pèlerin dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021. Le Secrétariat général de la Présidence a officiellement convié les membres du Gouvernement, la Primature et le cabinet du Premier ministre à participer à cette cérémonie, dans une note datée du 4 juillet et portant le cachet officiel de l’État.

Le Conseil présidentiel de transition (CPT), organe exécutif collégial en fin de mission inaccomplie, fera ainsi son apparition publique dans ce lieu vidé de son autorité, où l’État peine encore à faire régner la sécurité et l’ordre dans l’administration publique.

Si la convocation revêt un ton solennel, elle survient pourtant dans un climat de défiance réciproque entre les deux pôles de l’exécutif. L’administration transitoire n’a jusqu’ici présenté aucun plan concret pour désarmer les groupes criminels ni restaurer le contrôle de la capitale.

La cohabitation entre le CPT et la Primature demeure tendue, marquée par des rivalités larvées, une absence de leadership assumé, et une gouvernance fragmentée. Le deuil de Jovenel Moïse, devenu rituel annuel, est désormais moins lié à une quête de justice qu’à une liturgie d’un pouvoir corrompu et effondré, célébrée sur les ruines mêmes où ce pouvoir s’est consumé.

cba

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