Une firme récemment créée en Floride, JM Global Consulting, a officiellement enregistré auprès du Département de la Justice des États-Unis son engagement en tant que lobbyiste pour Emmanuel Vertilaire, l’un des neuf membres du Conseil présidentiel de transition en Haïti, révèle le journaliste américain Jake Johnston, du Center for Economic and Policy Research (CEPR).
L’enregistrement, daté du 17 juin 2025, précise que les services proposés incluent des conseils en politique étrangère, l’organisation de rencontres avec des responsables américains, ainsi que la représentation des intérêts diplomatiques et stratégiques de M. Vertilaire dans le cadre de sa fonction de “Counselor-President”.
Selon les documents déposés au Foreign Agents Registration Act (FARA), les personnes impliquées – Frantz Michel, Marc Sony Jean Baptiste et Nicanord Myrtho – agiront en tant que conseillers internationaux afin de promouvoir les relations bilatérales et les objectifs diplomatiques d’Haïti. Bien qu’aucune rémunération n’ait encore été versée, des compensations sont prévues à terme, précise Jake Johnston ayant eu connaissance du dossier.
Cette démarche soulève néanmoins de sérieuses interrogations. Emmanuel Vertilaire est nommément cité dans un rapport de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) comme l’un des trois « braqueurs » impliqués dans un vaste scandale de pots-de-vin au sein de la Banque Nationale de Crédit (BNC). Son implication dans une telle opération de lobbying international ne saurait être dissociée d’un passif judiciaire demeuré sans suite. Dès lors, le recours à des intermédiaires politiques à Washington alimente les doutes quant aux véritables objectifs de cette initiative, qui semble viser davantage une réhabilitation personnelle qu’une représentation diplomatique au service de l’intérêt public.




