Arctibonite : le département livré aux gangs, la population bloque la Nationale #1
Une grande partie du département de l’Arctibonite – (le Bas-Artibonite en particuier) – est désormais sous la coupe réglée de groupes armés lourdement équipés, notamment le gang « Gran Grif », qui impose un climat de terreur marqué par des assassinats, des viols, des extorsions et des déplacements forcés de population. Ces groupes terrorisent les habitants et contrôlent plusieurs zones sans rencontrer de réelle résistance de la part de la police.
Face à cette insécurité persistante, les habitants de diverses localités du Bas-Artibonite ont érigé des barricades sur la Route Nationale numéro 1, paralysant la circulation notamment entre Pont-Sondé et Saint-Marc, ainsi que dans plusieurs zones avoisinantes.
Ils protestent contre l’inaction des autorités centrales et réclament le déploiement immédiat de drones kamikazes, à l’image de ceux récemment utilisés dans certaines zones de la capitale. Toutefois, de nombreux Haïtiens, sceptiques quant à l’efficacité de ces interventions, dénoncent des frappes qui, selon eux, épargnent systématiquement les chefs de gangs pour ne cibler que des subalternes. Leur exigence est claire : des opérations précises et décisives contre les véritables « grands griffes ».
Ce soulèvement populaire s’accompagne d’une revendication ciblée : le retour de Jacques Adler, ancien directeur départemental de la police, perçu comme plus efficace dans la lutte contre l’emprise des gangs. Les habitants demandent sa réintégration à la tête du commissariat régional, accusant le commissaire en poste, Caleb Exentius, d’une inertie totale face à la progression des groupes armés.
Sur le plan politique, l’Arctibonite demeure également exclue du processus électoral en cours. À ce jour, aucune délégation du Conseil Électoral Provisoire (CEP) n’a été dépêchée dans le département pour préparer le référendum constitutionnel prévu, alors que moins de six mois nous séparent de la fin de l’année.

