Lettre ouverte de la Centrale Unitaire des Travailleurs/euses des Secteurs Public et Privé d’Haïti (CUTRASEPH) au Président du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) pour solliciter une intervention devant faciliter une entente pour le retour en salle de classe des enseignants/es et des élèves après plus de trois mois de grève.
Port-au-Prince, le 15 Avril 2025
*Monsieur le Président,*
Le Directoire de la *Centrale Unitaire des Travailleurs.euses des Secteurs Public Privé d’Haïti (CUTRASEPH)* salue au nom de la Patrie commune et vous demande de bien vouloir vous pencher, dans le cadre de vos, responsabilités légales, sur la crise éducative qui s’aggrave ainsi que sur la terrible crise sécuritaire qui menace le présent et l’avenir du Peuple haitien.
*Monsieur le Président,*
Le Directoire de la *CUTRASEPH* tient à attirer votre attention sur la nécessité de votre implication en vue de favoriser un début de solution à la crise complexe qui secoue le monde de l’éducation en Haïti et qui s’est aggravée en raison du mouvement de mobilisation des enseignants/tes et des élèves ayant entrainé la fermeture des écoles publiques depuis le mois de janvier dernier.. Les enseignants/tes réclament un traitement approprié et digne, le respect scrupuleux de leurs droits afin de pouvoir exercer correctement leur noble métier. Ce pour le plus grand bien de la nation.
Ils exigent, outre une véritable réforme éducative, l’octroi d’une carte de débit avec un montant de 25000 gourdes, la remise des chèques le 25 au plus tard de chaque mois, l’ajustement salarial, le paiement intégral des arriérés de salaire, la nomination de tous les enseignants qualifiés et des étudiants/tes stagiaires avec deux chaires, l’alignement de salaire du personnel administratif, l’adoption d’une grille salariale avec un salaire de base raisonnable, la fin de l’insécurité planifiée pour la reprise des activités scolaires au niveau de tous les territoires déclarés perdus, l’accès assuré à une formation continue, à un matériel pédagogique adéquat y compris la disponibilité régulière d’un plat chaud dans les écoles.
La solution globale d’une telle crise et particulièrement la satisfaction des justes et légitimes revendications des enseignants/ tes nécessite l’implication non seulement du Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle mais aussi celle de toutes les instances de l’Etat. C’est la raison pour laquelle le Directoire de la *CUTRASEPH* a tenu à vous adresser cette lettre après celles déjà adressées au Ministre de l’Éducation et au Premier ministre pour leur demander d’assumer leur responsabilité en adoptant les mesures nécessaires au déblocage de la situation.
Les enseignants/tes, les parents et les élèves attendent votre intervention et celle des autres instances concernées afin de permettre le déblocage de la situation et de faciliter, à l’échelle nationale, le retour en salle de classe des enseignants/tes immédiatement après les vacances de Pâques. Cela permettra d’apaiser la situation et de diminuer le niveau d’insatisfaction et de frustration des enseignants/tes et surtout des élèves après plus de trois mois hors de leurs salles de classe.
Traîner les pieds ou ne pas agir en conséquence, augmentera le niveau de frustration des enseignants/tes et des élèves et le risque d’explosion. Or, la situation générale actuelle du pays est quasiment explosive.
Face à ce constat, le *Conseil Présidentiel de Transition(CPT),* la plus haute instance de l’État, a la responsabilité de jouer sa partition en vue de débloquer la situation au niveau national. Les enseignants et les élèves qui continuent à gagner les rues au niveau de plusieurs départements attendent avec impatience le minimum de satisfaction réclamée. Ils comptent sur votre sens de responsabilité, de clairvoyance et de prévoyance et celui des autres Membres du *CPT* pour aider à dénouer la situation et permettre la reprise, sans délai, des cours au niveau de tous les départements géographiques du pays.
Pour cela, s’avère nécessaire l’organisation, au plus vite, d’une rencontre spéciale de négociation avec tous les représentants des syndicats.
Monsieur le Président,
Il importe d’attirer également votre attention sur la nécessité d’apporter, en toute urgence, des réponses conséquentes en ce qui a trait à l’épineux problème de l’insécurité persistante qui allonge la liste des territoires perdus (Mirebalais, Saut d’Eau Bas Peu de chose, Bas Turgeau, Kenscoff etc), augmente le nombre de déplacés forcés. En même temps, l’insécurité planifiée limite la possibilité de déplacement des citoyens/nes et notamment des écoliers, des enseignants, du personnel administratif, entrave le fonctionnement d’un grand nombre d’établissements scolaires et d’autres institutions.
En fait, le rôle premier de l’État n’est-il pas celui de garantir la sécurité au sens le plus large de la cité ? Hannah Arendt, philosophe allemande, à travers son ouvrage titré » Qu’est que la Politique » rappelle : « La tâche et la fin de la politique consistent à garantir la vie au sens le plus large ».
Aujourd’hui, en Haïti, l’État veut-il pour de bon garantir la vie des citoyens/nes qui sont quotidiennement exposés à la violence aveugle des terroristes en mission commandée ?
Le Peuple Haïtien, attend, au-delà des promesses, la manifestation d’une assez grande volonté politique de combattre réellement ces groupes de terroristes à travers des actes concrets, la définition, en toute autonomie, d’une stratégie efficace, appropriée et la mise à la disposition des forces de l’ordre, non inféodées aux groupes de terroristes, de moyens adéquats.
*Monsieur le Président,*
Nous vous invitons à prendre en considération les justes et légitimes revendications des enseignants/tes et à adopter ainsi, de concert avec le Ministère de l’Éducation Nationale et la Primature les mesures qui s’imposent afin de garantir le minimum de satisfaction réclamée et de permettre le retour en classe des enseignants/tes et ensuite à mieux mesurer la dimension de la crise sécuritaire afin de pouvoir y apporter les réponses adaptées.
Espérant que vous comprendrez le sens de notre démarche et que suite célère y sera donnée, nous vous prions de recevoir, *Monsieur le Président, Madame/ Messieurs les autres Membres du Conseil Présidentiel de Transition*,nos salutations patriotiques.
*Pour le Directoire:*
Josué MÉRILIEN, Secrétaire Général
Ferdinand JEAN-MARY, Secrétaire Général- Adjoint
Esther ELOY,Secrétaire Générale Adjointe
Garry LAPIERRE,Secrétaire à la Communication
Péguy NOËL,Secrétaire aux Archives
Bathol ALEXIS,Secrétaire aux Relations publiques
Hérold Charles
CIVIL,Secrétaire à la Formation
Yvette PAUL,Secrétaire aux Affaires Féminines
Junior GEORGES,Secrétaire aux Relations
Internationales
Wilson CHARLES,Secrétaire aux Finances
Ainé MARTIN,Secrétaire aux Affaires Juridiques
Patrick HYPPOLITE, Secrétaire à l’Organisation
Jean -Kenson CHERY ,Délégué
Louiné JOSEPH, Conseiller
Me Jean Garby BRITUS ,Conseiller
Lentz Jika MAIGNAN ,Conseiller
Schelomith
DORVIL,Conseiller

