Une foule immense a envahi les rues d’Istanbul vendredi soir pour protester contre l’arrestation du maire Ekrem Imamoglu, figure de l’opposition. Des dizaines de milliers de manifestants ont convergé vers l’hôtel de ville malgré la fermeture des accès par les autorités.
« Ne te tais pas sinon ce sera bientôt ton tour ! » scandaient les protestataires, dénonçant ce qu’ils considèrent comme une manœuvre politique du président Erdogan. Le chef du CHP, Özgür Özel, a qualifié cette arrestation de « coup d’État judiciaire » et promis de ne pas céder.
Accusé de corruption et de soutien au terrorisme, Imamoglu a nié toute implication et risque une incarcération qui l’empêcherait de se présenter à l’élection présidentielle. La contestation s’est étendue à plusieurs villes, avec des heurts entre manifestants et forces de l’ordre à Ankara et Izmir.
Face à cette mobilisation, Erdogan a dénoncé une « terreur de la rue », tandis que l’opposition affirme que la répression pourrait raviver un mouvement d’ampleur similaire à celui du parc Gezi en 2013.

