Quand on a appris que Mario Andrésol revenait aux affaires, la population haïtienne a poussé un soupir de soulagement. Enfin, un homme d’expérience, un dur à cuire, un justicier aux lunettes fumées prêt à renvoyer les gangs dans les oubliettes de l’histoire ! Certains ont même cru entendre la bande-son de Superman résonner au moment de sa nomination.
Mais quelques mois plus tard, le scénario ressemble moins à un blockbuster qu’à un épisode des Razmoket.
Au lieu d’un Andrésol volant au secours de la nation, on découvre un Mario à plat ventre, piégé dans un bac à sable où les gangs jouent aux rois du territoire. Pendant qu’il ajuste sa cape, les bandits, eux, redessinent la carte de Port-au-Prince à coup de balles et de machettes.
On nous avait promis un stratège, un commandant à poigne. Or, pour l’instant, les seules avancées notables sont celles des gangs, qui semblent prendre leurs quartiers plus vite que le gouvernement ne prend de décisions. Certes, il n’a pas de baguette magique, mais on s’attendait au moins à une batte de baseball.
Alors, Mario, que se passe-t-il ? Problème de costume ? Kryptonite administrative ? Ou bien a-t-on surestimé le héros d’antan ? Superman ou pas, il serait temps d’échanger la cape pour une stratégie efficace. Parce que pour l’instant, plus que voler au secours du pays, on a surtout l’impression qu’il plane.
Marie Maude Vimont

