15 janvier 2026
Lancement : la CUTRASEPH, une nouvelle étoile dans le paysage syndical haïtien
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Lancement : la CUTRASEPH, une nouvelle étoile dans le paysage syndical haïtien

Lancement officiel de la Centrale Unitaire des Travailleurs (euses) des Secteurs Public et Privé d’Haïti (CUTRASEPH) : un nouveau soleil dans le paysage syndical haïtien

La Centrale Unitaire des Travailleurs (euses) des Secteurs Public et Privé d’Haïti (CUTRASEPH), lancée à Delmas, le 24 janvier 2025, Journée Internationale de l’Education, suscite, en ces temps de grandes difficultés et de confusion, beaucoup d’espoir et représente une source de lumière  tant pour les travailleurs (euses) que pour le pays tout entier. Elle entend faire repousser les limites dans la lutte syndicale en Haïti et parvenir à apporter une contribution significative dans la lutte pour l’amélioration effective des conditions de vie et de travail à la fois des travailleurs (euses) et  celles du Peuple Haïtien pour construire une Haïti autre où il fait bon vivre.

Composée de plusieurs organisations syndicales évoluant dans des secteurs socioprofessionnels diversifiés, la CUTRASEPH rêve de  renforcer la lutte syndicale, d’accompagner les travailleurs (euses) au niveau de tous les secteurs en vue de la satisfaction de  leurs revendications justes et légitimes..  Cette nouvelle centrale syndicale entend également accompagner les masses populaires, paysannes, le peuple Haïtien dans sa lutte  pour une Haïti réellement souveraine  capable d’assurer un certain bien-être collectif. Elle se veut être un outil de lutte privilégié des travailleurs (euses) et du Peuple Haïtien, a annoncé Josué Mérilien, dirigeant de l’UNNOH et Secrétaire Général de cette centrale.

Officiellement lancée après maints pourparlers entre des acteurs du monde syndical, la CUTRASEPH est placée sous le signe de l’espérance et du renouveau syndical et entend ouvrir de nouvelles perspectives de lutte  pour les ouvriers et travailleurs dans des secteurs variés, a avancé le dirigeant de l’UNNOH. Josué Mérilien défend l’avènement d’une nouvelle étoile appelée à briller pour éclairer les chemins ténébreux, difficiles et dangereux de la lutte des syndicats.

Cet évènement important a été marqué par le discours de circonstance prononcé par le syndicaliste Jean Marie Léveillé et surtout par un débat très animé autour du thème suivant : ‘’Haïti, Crise éducative et crise sécuritaire : quelle solution ?

Le syndicaliste Jean Marie Léveillé  a insisté sur l’importance et la portée fondamentale d’une telle initiative. Il a décrit le rôle important que cette intersyndicale est appelée à jouer à la fois dans le combat syndical en faveur de l’amélioration réelle des conditions de vie et de travail et dans la lutte du peuple Haïtien pour une véritable transformation politique, sociale, culturelle  et économique. Il a évoqué la grande contribution d’Haïti dans la lutte des peuples opprimés pour  se libérer de l’esclavage. Il a souligné la responsabilité de puissances impérialistes en particulier du gouvernement américain et leurs alliés locaux dans la construction de cette situation chaotique que vit le Peuple Haïtien présentement.  

Des interventions de conférenciers de grand calibre dont l’économiste et écrivain Camille Chalmers, le professeur et écrivain Marc Exavier, le criminologue Eddy Fleurant ont marqué ce lancement. Le Docteur Georges Eddy Lucien, écrivain, n’a pas pu malheureusement intervenir à distance en raison de certaines difficultés techniques.      Il s’est produit un débat éclairant dont certains extraits sont publiés sur les réseaux sociaux en attendant la publication intégrale des différentes interventions des  panélistes.

 Le syndicaliste et écrivain Josué  Merilien qui assurait la modération a, entre autres, insisté sur l’obligation de réajuster le salaire des enseignants/tes considérés comme les piliers de la société.

S’agissant du mouvement de grève observé par les enseignants/tes, le responsable de l’UNNOH est sans équivoque : il faut améliorer les conditions de travail des enseignants-es et combattre les discriminations et le mépris envers ceux et celles évoluant dans le premier et le deuxième cycle de l’enseignement fondamental. Sans détour, il identifie deux crises majeures qui fragilisent le pays à savoir l’insécurité et l’éducation. En ce qui concerne l’éducation, Josué Mérilien dénonce l’absence d’investissement public majeur dans le secteur. En outre, il déplore le désengagement de l’école à construire des citoyens et citoyennes exemplaires.

L’écrivain Marc Exavier, auteur de Nayou, un excellent ensemble de livres pour enfant. Ces livres pour enfant qui devraient être présents au niveau des écoles  représentent une contribution importante susceptible d’aider à éveiller les enfants, à leur inculquer l’amour de la lecture et à former leur conscience critique. Le professeur Exavier a mis l’accent sur la nature coloniale de l’école haïtienne et la nécessité d’une école haïtienne véritable où les livres sont présents et où la culture haïtienne est valorisée, particulièrement la langue créole qui jusqu’à présent est rejetée par certains responsables d’écoles.  Il a fustigé cette école coloniale qui nous dépayse et nous empêche d’être nous-même.

Le représentant de la Plateforme haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif (PAPDA), Camille Chalmers, salue l’initiative de créer une centrale syndicale engagée et avant-gardiste. Il appelle les membres de la CUTRASEPH à s’engager dans le combat contre l’éducation coloniale. Cette tendance perverse qui porte beaucoup de nos compatriotes haïtiens à nier leur culture, leur histoire, est jugée responsable des malheurs d’Haïti, de l’avis de l’économiste Chalmers. Le professeur d’université dénonce une coalition mondiale visant à détruire la nation haïtienne et à empoisonner son existence depuis 1804.    

Pour sa part le criminologue et professeur Eddy Fleurant a finement analysé la crise sécuritaire qui impacte négativement sur le fonctionnement du pays en général et des écoles en particulier. Il a évoqué les multiples raisons pour lesquelles le combat contre l’insécurité en Haïti est biaisé.  Il invite à appeler par leur nom les  criminels qui sèment quotidiennement la mort et qui sont hautement protégés par leurs patrons. Ils sont improprement et à dessein appelés gangs armés alors qu’ils ne sont pas des gangs mais des terroristes en mission commandée. Il a indiqué ce qu’il convient de faire si les gouvernants haïtiens entendent les éradiquer réellement. Son intervention éclairante ainsi que toutes les autres méritent d’être écoutées et réécoutées.

Formée de l’Union Nationale des Normaliens d’Haïti (UNNOH), du Syndicat National des Huissiers de la République d’Haïti (SNHRH), de l’Association Nationale Syndicale des transporteurs Visionnaires d’Haïti (ANSTVH), de l’Association Nationale des Greffiers Haïtiens (ANAGH), du Collectif des Enseignants pour la Nouveauté de l’Éducation en Haïti (CENEH), du Syndicat des Employés du Système National de la Formation Professionnelle (SESNF/INFP), de l’Association des Motocyclistes pour le Bien-être de la Communauté (AMOBIC), du Syndicat des Consommateurs haïtiens (SYNCOH), du Syndicat des Employés du Bureau de Monétisation des Programmes d’Aide au Développement (SE-BMPAD), du Syndicat pour la Défense des Employés de l’OAVCT (SDE-OAVCT), du Syndicat du Personnel du Ministère de l’Éducation Nationale (SPMENFP)… la CUTRASEPH, nouveau soleil dans le paysage syndical haïtien, est invitée à produire des réflexions pour reconnecter les Haïtiens-Haïtiennes et déconstruire la vision coloniale, encourage Camille Chalmers.

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