15 janvier 2026
Haïti : le silence des agneaux
Actualités Société

Haïti : le silence des agneaux

En Haïti, les cris des victimes se perdent dans un silence qui étouffe l’espoir et nourrit le chaos. Depuis des mois, voire des années, la situation du pays s’aggrave inexorablement, et la communauté internationale, tout comme ses dirigeants, semble adopter le mutisme des agneaux face à la détresse d’une population épuisée par l’insécurité, la pauvreté et l’injustice.


Une insécurité chronique et banalisée
Les gangs armés, en pleine expansion, ont pris en otage des régions entières du territoire, répandant une terreur sans limites. Les enlèvements pour rançon sont devenus monnaie courante, contraignant familles et proches à des sacrifices immenses pour sauver leurs vies. Pendant ce temps, les responsables politiques semblent paralysés, incapables de réagir ou complices par leur inaction. Les institutions de l’État, déjà fragiles, vacillent sous le poids de la corruption et de l’indifférence.


Une crise humanitaire sans précédent
Les statistiques sont alarmantes : plus de 4,9 millions de personnes – près de la moitié de la population – ont besoin d’aide humanitaire d’urgence. La faim et la malnutrition s’étendent à un rythme effréné, frappant surtout les enfants. Les écoles ferment, privant les jeunes générations de leur droit fondamental à l’éducation, tandis que l’accès aux soins médicaux devient un luxe que peu peuvent se permettre.


Une communauté internationale déconnectée
Malgré la gravité de la situation, Haïti reste reléguée au second plan de l’agenda international. Les résolutions se limitent souvent à des déclarations creuses et des promesses non tenues. Les interventions passées, bien qu’animées de bonnes intentions, n’ont fait qu’aggraver les problèmes structurels en perpétuant une dépendance économique et politique. Aujourd’hui, les Haïtiens se retrouvent abandonnés, pris dans une spirale de violence et de misère, sous le regard passif de la communauté mondiale.


La responsabilité des élites locales
En parallèle, les élites politiques et économiques haïtiennes portent une lourde responsabilité. L’incapacité à construire un consensus pour résoudre les crises majeures du pays relève autant d’une absence de vision que d’un désintérêt pour les souffrances des citoyens. La recherche effrénée de pouvoir, souvent au détriment du bien commun, a créé un vide institutionnel qui s’avère aujourd’hui impossible à combler.


Un silence complice ou accablé
Mais ce silence n’est pas seulement celui des dirigeants ou de la communauté internationale. C’est également celui des peuples voisins, des intellectuels, et parfois des Haïtiens eux-mêmes, qui, submergés par la résignation, n’osent plus crier leur douleur. Ce mutisme collectif est un écho glaçant d’une tragédie qui ne cesse de s’intensifier.


Rompre le silence : un devoir impératif
Pour que les agneaux cessent d’être sacrifiés dans l’indifférence générale, il est urgent de réagir. Les Haïtiens doivent retrouver leur voix et leur dignité, aidés par une solidarité internationale réellement engagée. La priorité doit être de renforcer les institutions locales, d’investir dans l’éducation et la santé, et de soutenir les initiatives de développement durable.
Le silence des agneaux doit prendre fin. Haïti mérite d’être entendue, soutenue et respectée. Il en va de l’avenir d’un peuple et de la promesse d’un renouveau tant attendu.

Pierre-Eder Exonard

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.