19 janvier 2026
Insécurité : la POHDH fait la radiographie du système sanitaire et fait des recommandations 
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Insécurité : la POHDH fait la radiographie du système sanitaire et fait des recommandations 

Introduction 1.

Dans le cadre de son plaidoyer sur les droits économiques et sociaux, la Plateforme des Organisations Haïtiennes des Droits Humains (POHDH) a réalisé ce travail d’observation sur la situation des hôpitaux publics dans la région métropolitaine de Port-au-Prince dans ce contexte d’insécurité et de violences généralisées qui prévaut dans le pays. 

2. Dans ce rapport, la POHDH veut interpeller les autorités étatiques sur les difficultés croissantes d’accès aux soins de santé rencontrées par la population, le risque de propagation de maladies contagieuses dans cette situation de paralysie des services de santé publique provoquée par la violence des gangs, qui terrorisent la population. II. Mise en Contexte 

3. Les trois (3) premiers mois de l’année 2024 ont connu une recrudescence des violences, avec les nouveaux assauts lancés par les gangs armés dans plusieurs quartiers de Port-au Prince. Des sites stratégiques tels que : aéroport, port, routes, administrations publiques ou privées, commissariats et sous-commissariats, hôpitaux et Universités ont été attaqués et/ou occupés par des gangs. 

4. Depuis le début du mois de février 2024, des habitants de plusieurs localités de Port-au Prince dont : rue du Centre, rue des Casernes, Magloire Amboise, Oswald Durand, rue de l’Enterrement, rue de la Réunion, rue Charéron et ses environs, ont dû abandonner leurs demeures pour ne pas laisser leur peau sous les balles assassines. Cette détérioration du climat sécuritaire a déjà causé une augmentation importante du nombre de décès, de blessés par balles, d’incendies, de saccages et de pillages etc. 

5. En date du 29 février 2024, la situation s’est empirée. Le pays sombrait dans le chaos. Des gangs armés regroupés sous le nom de « Viv Ansanm » ont perpétré des actes de violence sur la population de ces quartiers susmentionnés, ce qui a entrainé le déplacement de plusieurs milliers de personnes et rendu extrêmement périlleux l’accès aux services sociaux de base, aggravant davantage un quotidien déjà précaire. 

6. Ces violences se sont accélérées le 1er mars, quand deux (2) des centres carcéraux du pays à savoir le Pénitencier national et la Prison civile de la Croix-des-Bouquets ont été attaqués, entrainant l’évasion d’environ 4624 détenus. Des entreprises ont été vandalisées et incendiées. Les pertes en vie humaine et matérielles occasionnées par cette démonstration de puissance sont énormes. 

7. Après avoir visé, depuis plusieurs jours, divers sites et infrastructures stratégiques, paralysant les services publics, provoquant une situation humanitaire de plus en plus précaire, L’empire de ces gangs progresse pendant que la population s’enfuit un peu partout. 

III. Méthodologie utilisée 


8. Pour réaliser ce rapport d’observation sur le fonctionnement des hôpitaux publics, l’équipe de la POHDH a : 

• Réalisé des entretiens par téléphone avec certains responsables de l’Hôpital Sanatorium, et un responsable du syndicat de l’hôpital général, puisqu’il était impossible d’accéder à l’espace de l’Hôpital Général ainsi que l’hôpital Sanatorium en raison de l’intensification des actes de violence, 

• Effectué des visites au niveau de l’hôpital La Paix et s’est entretenu avec certains patients, mais elle n’a pu malheureusement échanger avec les responsables malgré les différents rendez-vous, 

• Donc, pour recueillir les informations on a pu recourir à l’observation et l’entretien. Cette visite d’observation accompagnée d’entretien déroulait entre juin et août 2024. 

IV. Fermeture forcée des hôpitaux 

9. L’exacerbation de la violence au Centre-ville de Port-au-Prince a provoqué la fermeture de 34 institutions sanitaires depuis mars 2024. Il s’agit entre autres de : 

• L’hôpital Saint-François de Sales, vandalisée et pillée ; 

• L’’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH) ; devenue une zone de non-droit en raison des conflits armés entre policiers et gangs ; 

• La maternité Isaïe Jeanty, 

• L’Hôpital Sanatorium de Port-au-Prince, hôpital public spécialisé dans la lutte contre la tuberculose et le VIH/SIDA, a été fermé après pillage et menaces contre la sécurité du personnel et des patients ;

 • L’Hôpital DASH Jude Anne, institution mixte engagée dans la prise en charge des assurés de plusieurs institutions, a été vandalisé et contraint de fermer ses portes ; 

• L’Hôpital Bernard Mevs, un centre polyvalent de prise en charge des urgences, traumatiques et non traumatiques, est fermé depuis plusieurs semaines pour cause d’insécurité 

• L’Hôpital Français ; 

• Deux (2) des trois (3) hôpitaux du Projet de Coopération Tripartite à savoir l’Hôpital de Bon Repos, vandalisé et occupé par le gang de Canaan ; l’Hôpital Ary Borde, de Beudet, inaccessible et infréquentable pour cause d’insécurité, finalement fermé. 

• L’Hôpital Défilée de Beudet et le Centre psychiatrique Mars and Kline, les deux principales institutions d’hospitalisation des patients souffrant de troubles psychiatriques ; 

10. Par ailleurs, plusieurs cliniques et pharmacies ont été pillées et incendiées par des gangs armés dans la soirée du lundi 25 mars 2024, dans les parages de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti, à l’avenue Monseigneur Guilloux V. Brève histoire et description de la situation actuelle de certains hôpitaux a) L’hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti 

11. L’hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti communément appelé l’Hôpital Général, est le plus grand centre hospitalier du pays. Avant d’être l’Hôpital Général, il était un centre hospitalier militaire. C’est en 1917 que ce centre allait devenir un hôpital civil fonctionné sous la coupe du ministère de la santé publique qui fut à cette époque Service national d’hygiène. 

12. En 19681, l’Hôpital Général devient l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti (HUEH) suite à un décret paru dans le Moniteur. L’HUEH est une institution autonome ayant pour mission de donner des soins à la population, de faire des recherches dans le domaine de la santé en Haïti et délivrer des diplômes de spécialisation aux médecins résidents. 

13. L’HUEH est constitué entre autres d’un service de chirurgie, de traumatologie, d’orthopédie, de maternité, de médecine interne, de dermatologie, d’ophtalmologie…Il faut souligner que ces services fonctionnaient 24/24 heures. Ce plus grand centre hospitalier, depuis bien des temps, confronte une situation de crise qui affecte son bon fonctionnement. 

14. Depuis après le séisme du 12 janvier 2010, le centre loge encore dans le bâtiment qui a été sévèrement endommagé. Quatorze (14) ans plus tard, la reconstruction de l’hôpital Général tarde d’achever, alors que le bâtiment devrait être remis depuis juin 2018. Il faut souligner que le nouveau bâtiment avec une technologie de fine pointe sera doté de 534 lits2. 

a-1- Situation actuelle de l’HUEH 

15. Depuis le 29 février 2024, l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH fait face à une situation critique. Ce jour-là, l’hôpital a été fermé après avoir été envahi et vandalisé par des gangs lourdement armés. Les affrontements qui ont suivi entre les forces de sécurité et ces groupes ont empêché le fonctionnement normal de l’hôpital. 

16. Cette situation de terreur a forcé le personnel médical, d’autres employés ainsi que les patients à quitter les lieux, laissant l’institution incapable de remplir ses fonctions. L’HUEH comporte plus de 1800 employés, qui actuellement ne peuvent pas s’occuper des patients, selon Dr. Jude Milcé, le directeur exécutif de cet établissement. 

17. L’hôpital de couleur verte et blanche a été ravagé par des gangs, avec des lits dépouillés et des ventilateurs de plafond au sol. L’intérieur du bâtiment a été laissé avec des débris et des luminaires à la traîne. Les murs de l’hôpital et les bâtiments voisins étaient criblés de balles, signalant des combats entre la police et les gangs du quartier. L’hôpital se trouve juste en face du palais national, qui a été le théâtre de plusieurs combats au cours des cinq derniers mois. 

18. Une série de discussions et démarches ont été entreprises par les responsables avec les forces de l’ordre, en vue de permettre la réouverture de l’Hôpital pour le 1er avril 2024. Cependant, cette réouverture a été reportée à une date ultérieure, en raison de l’invasion des civils armés qui ont pris en otage les bâtiments de l’institution le même jour pour en faire leur cachette afin d’affronter les policiers et d’attaquer le Palais national. 

19. Malgré l’annonce de la reprise du contrôle de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti par la PNH le 8 juillet dernier, l’établissement n’a toujours pas repris ses activités. Bien que le Premier ministre Garry Conille et le conseiller Louis Gérald Gilles, ainsi que le Directeur Général a.i. de la Police Nationale Haïti Rameau Normil aient pu visiter les lieux le 9 juillet. 

20. Le Ministère de la Santé Publique et les responsables de l’HUEH devaient se rendre à l’hôpital le mardi 23 juillet pour évaluer les dégâts et envisager les étapes de réouverture. Cependant, la police leur a demandé de patienter encore quelques jours. 

21. Donc, plus sept (7) mois, le plus grand hospitalier du pays, l’HUEH, reste fermé. b) L’hôpital universitaire la Paix 

22. L’Hôpital Universitaire La Paix est un établissement de soins de santé situé dans la ville de Port-au-Prince, en Haïti. Plus précisément, il est situé dans la zone de Delmas 33, qui est un quartier densément peuplé de la ville. L’HUP a été créé en réponse à l’énorme besoin de soins de santé dans le pays, en particulier dans la ville de Port-au-Prince. La plupart des hôpitaux en Haïti étaient délabrés et manquaient de ressources, ce qui rendait l’accès aux soins de santé difficile pour la plupart des Haïtiens. 

23. L’hôpital est un bâtiment moderne de trois étages avec des équipements de pointe pour les soins de santé. Il dispose de plusieurs services médicaux, notamment des services de consultation externe, de soins ambulatoires et de soins hospitaliers. Il est également équipé d’un service de diagnostic médical, qui comprend des radiographies, des échographies, des tests de laboratoire et une pharmacie. 

24. L’Hôpital Universitaire La Paix se concentre sur la fourniture de soins de santé primaires et spécialisés pour les personnes de tous âges. Il dispose d’un service de maternité et de pédiatrie pour prendre en charge les besoins de santé des femmes enceintes, des nouveau nés et des enfants. L’hôpital fournit également des soins pour les maladies infectieuses telles que le VIH/sida, la tuberculose et d’autres maladies tropicales. 

25. En tant qu’hôpital universitaire, il est également impliqué dans la formation des professionnels haïtiens de la santé. Il travaille en étroite collaboration avec des institutions d’enseignement supérieur telles que l’Université Notre Dame d’Haïti et l’Université Quisqueya, qui offrent des programmes de formation et de stage pour les étudiants en médecine et en soins infirmiers. 

26. L’Hôpital Universitaire La Paix est un acteur majeur dans le système de santé haïtien et fournit des soins de santé de qualité aux communautés locales défavorisées. Il est également impliqué dans des initiatives communautaires visant à améliorer la santé et le bien-être des résidents de Port-au-Prince et des régions environnantes. L’hôpital continue de fonctionner grâce à des dons et des subventions de partenaires locaux et internationaux, ainsi que de la communauté locale. 

b-1- La situation de l’Hôpital universitaire la Paix 

27. Dans ses visites, la POHDH a constaté la présence d’un bon nombre de personnes à l’hôpital. Patient, médecin, infirmier, les membres de la sécurité. Tous évacuaient à leurs occupations. On pourrait même dire que l’hôpital était surchargé et cela se comprend vue la fermeture forcée de l’hôpital général, beaucoup de patients se sont orientés vers ce dit hôpital. 

28. Il est à noter que malgré cette foule de personnes l’espace reste propre. Il y a manifestement une bonne gestion des déchets, des personnels de soutien avec leur balaie et serpillère s’assurent de la propreté de l’espace. Hormis quelques femmes couchées par terre, la plupart des visiteurs étaient assis en attente de service. On a noté une ambiance particulière dans la pédiatrie qui était bondée avec pratiquement autant d’infirmières et d’infirmiers que de patientes. Le service semble marcher à bon train. 

29. Les internes qui s’y trouvent estiment être mieux traités que ceux de l’hôpital général. L’espace de travail est beaucoup plus attrayant, propre et c’est beaucoup mieux pour eux de répondre promptement aux besoins des patients. Ils estiment, en revanche, que l’espace de dortoir est assez restreint. Deux lits pour plus de cinq personnes. 

c) Cas de l’hôpital Sanatorium de Port-au-Prince 

30. L’hôpital Sanatorium de Port-au-Prince fondé en 1942. Il fut un temps, ce centre hospitalier n’accueillait que des personnes atteintes de la tuberculose. Actuellement, il s’occupe aussi des pathologies des voies respiratoires et du VIH-SIDA. 

31. Ce centre confronte un grand nombre de problème. Son espace est vidé à cause de la violence des gangs dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, ses patients sont éparpillés dans les différents centres notamment l’hôpital universitaire La Paix. L’hôpital Sanatorium est morcelé, on trouve chacun de ses services dans un endroit différent. 

32. Cette situation risque de compliquer le cas des patients tuberculeux qui devraient suivre régulièrement les prescriptions des médecins. Ces patients devraient rester sous le contrôle constant des médecins pour éviter de contaminer leur entourage. Malencontreusement, ils sont éparpillés à en croire le responsable du centre. 

33. Il faut souligner que l’hôpital avait fermé ses portes en 2023 à cause de l’exaction des gangs dans le parage du centre médical. En 2024, la situation s’aggrave. Le personnel Administratif et Médical ne peut plus fréquenter le bâtiment en raison du fait que la zone est contrôlée exclusivement par des malfrats. 

34. Aujourd’hui, l’Hôpital Sanatorium est complètement dysfonctionnel. Il est dépourvu médicaments, d’équipements, les résidents se sont rendus à Hinche et au Cap-Haitien. Il est à souligner que ce centre devaient recevait accueillir un grand nombre de patients par jour, soit pour recevoir des médicaments et/ou suivre des séances de formation concernant leurs pathologies. 

35. La POHDH a été informée par le docteur Jean Ardouin LOUIS CHARLES, directeur de l’hôpital du Sanatorium, que certains services de l’Hôpital sont délocalisés à Pétion Ville, Delmas 31, Ruelle Berne en vue de permettre uniquement à certains malades de continuer à recevoir des médicaments. VI. L’hôpital l’Espérance de Pilate (HEP) en état d’urgence face à une insécurité croissante 

36. L’hôpital Espérance Pilate, symbole d’espoir de la communauté et patrimoine de la commune de Pilate est au bord de l’effondrement. Aujourd’hui, l’hôpital Espérance Pilate, qui se trouve dans le département du Nord, fait face à de grandes difficultés à cause de l’insécurité. En effet, La dégradation alarmante de la sécurité a conduit la direction de l’hôpital à réduire drastiquement ses services, mettant en péril un établissement essentiel pour la commune de Pilate.

37. Alors que le nombre de cas de violence augmente, nécessitant des soins médicaux urgents, l’hôpital est contraint de limiter ses services en raison de l’insécurité et d’un manque criant de ressources et de revenus pour assurer son fonctionnement, mais aussi pour rémunérer correctement ses employés. 

38. Cette situation désastreuse est exacerbée par le départ de plusieurs membres du personnel, on peut citer un médecin, quatre infirmières, un technicien en laboratoire et un comptable, qui n’étant pas natifs de la commune, choisissent de démissionner de leurs postes, de partir de la commune pour préserver leur sécurité et rechercher des opportunités ailleurs.

 39. La situation est de plus en plus inquiétante dans l’hôpital Esperance Pilate sachant qu’actuellement, seul le service des urgences fonctionne encore, tandis que les autres services sont suspendus, laissant des milliers de patients sans accès aux soins dont ils ont désespérément besoin. 

40. Il est à noter que les résidents des villes voisines, telles que Milot, Cap-Haïtien, Plaisance et Gonaïves, évitent désormais de fréquenter l’hôpital, craignant pour leur sécurité et même pour leur vie. Même les habitants des certaines sections communales, tel que Margot et Rivière-Laporte, sont incapables de se rendre à l’HEP, entraînant une chute vertigineuse des patients par conséquent des revenus de l’hôpital. 

41. Cette situation précaire menace la pérennité de l’établissement, qui envisage désormais une fermeture imminente s’il n’y a aucune amélioration dans les prochains jours. 

VII- Commentaires et recommandations 

42. La POHDH constate que la violence excessive des gangs a des conséquences quasiment désastreuses sur le fonctionnement du secteur de la santé qui était déjà en lambeau. Des hôpitaux publics de référence tels que l’Hôpital Général (HUEH) et le Sanatorium sont à la fois vidés et fermés depuis plus de sept (7) mois. 

43. Cette situation délicate laisse des milliers de patients sans accès aux soins dont ils ont désespérément besoin. Des malades qui devaient être sous contrôle à l’hôpital sont aujourd’hui abandonnés/éparpillés dans les camps de déplacés forcés. La POHDH s’inquiète donc de ce danger qui risque d’empirer cette situation de catastrophe humanitaire dans laquelle le pays se trouve.

44. La POHDH note que l’Hôpital Universitaire La Paix (HUP) est le seul hôpital public dans la capitale qui dessert actuellement la population. Alors que sa capacité d’accueil ne le permet pas de soigner l’afflux des patients. Les personnes blessées par balles, les personnes atteintes de VIH-SIDA, de tuberculose toutes se rendent à l’HUP pour se faire soigner. Dans ces conditions, il a été décidé d’activer un plan d’urgence afin de répondre à cette surcharge et soigner les personnes gravement blessées.

 45. La POHDH constate cependant que le service de maternité de l’HUP est actuellement débordé, incapable de recevoir des femmes enceintes. Ainsi que les services d’urgences et de pédiatrie. Cette situation est due notamment à la fermeture de l’HUEH, le plus grand centre hospitalier du pays. 

46. La POHDH trouve inconcevable qu’il n’y a pas de plan clair pour un retour à la normale de l’Hôpital Général. Les tentatives isolées et les promesses du gouvernement ont non seulement échoué mais elles renforcent surtout notre inquiétude quant à la volonté et la capacité des autorités à rétablir l’ordre et la tranquillité nécessaires au bon fonctionnement des services publics dans le pays. 

47. Jusqu’à date, l’hôpital général reste complètement hors service. Cette situation prive des milliers de personnes de soins essentiels dans une ville déjà lourdement touchée par l’insécurité. Tant que l’insécurité ne sera pas maîtrisée dans les zones avoisinantes, la réouverture complète de l’hôpital restera compromise, limitant l’accès aux soins pour des milliers de personnes dans le besoin. 

48. Il faut noter que l’Hôpital Générale, est à la disposition de toutes les couches de la société, en particulier les petites bourses et les plus défavorisées qui n’ont pas les moyens de fréquenter les hôpitaux privés. C’est le seul centre hospitalier plus ou moins complet dans le pays, en termes de services comme l’oto-rhino-laryngologie et la dermatologie. 

49. La POHDH souligne que ce à quoi on assiste aujourd’hui ne fait qu’empirer la situation de l’HUEH, qui confrontait déjà à de graves problèmes notamment les difficultés au niveau de la dialyse, le manque de médicaments, le dysfonctionnement de la morgue. Ces difficultés sont entre autres liées aux mauvaises pratiques la gestion de l’Hôpital. 

50. Cette situation de paralysie des hôpitaux publics et l’absence de mesures et d’actions concrètes pour faciliter le retour à la normal font que l’accès aux services de santé est devenu une urgence critique notamment dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, où la population, confrontée à des pénuries de ressources, se retrouve de plus en plus vulnérable face aux épidémies et autres urgences médicales. La population, abandonnée à son sort, survit dans un simulacre de vie. 

51. Fort de tout ce qui précède, et en vue d’éviter que la de situation se détériore davantage, la POHDH recommande aux Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et au gouvernement de : 

• Prendre des dispositions urgentes et adéquates pour rétablir des conditions minimales de sécurité dans le pays en vue de la réouverture et le fonctionnement de l’HUEH, du Sanatorium ainsi que les autres hôpitaux rendus dysfonctionnels dans la région métropolitaine de Port-au-Prince et certaines villes de Province. Sans l’intervention immédiate des autorités, les institutions essentielles de services publique continueront de fermer leur porte, et les conséquences de cette crise deviendront irréversibles 

• Mettre en place des alternatives d’urgence, en attendant le retour à la normal, pour accueillir une partie des patients, surtout ceux nécessitant des soins de longue durée ou de des traitements spécialisés 

• Créer un dialogue ouvert avec les syndicats et les associations professionnelles pour écouter leurs doléances et travailler ensemble sur des solutions pérennes en vue de l’amélioration de la gestion et du fonctionnement de l’HUEH. 

• Adopter des mesures afin de renforcer les capacités du personnel médical tout en recrutant davantage de médecins, infirmières et techniciens de santé, tout en organisant des formations continues. 

• Lancer un projet de rénovation et de mise à jour des infrastructures de l’HUEH avec délais clairs, en priorisant les services essentiels. 

POHDH, octobre 2024

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