La Haute Cour kényane a suspendu, le vendredi 18 octobre, le remplacement du vice-président déchu, Rigathi Gachagua, par le ministre de l’Intérieur, Kithure Kindiki. Cette décision intervient alors que la nomination de Kindiki, validée à l’unanimité par l’Assemblée nationale après l’approbation par le Sénat de la destitution de Gachagua, a été remise en cause par une ordonnance de justice. Le juge Chacha Mwita a estimé que la plainte déposée par Gachagua soulevait des questions importantes d’ordre légal et d’intérêt public.
Rigathi Gachagua, hospitalisé pour des douleurs thoraciques quelques heures avant le vote du Sénat, avait contesté son remplacement, jugeant la procédure anticonstitutionnelle et précipitée. Le Sénat l’avait accusé de violations graves de la Constitution, de menaces contre des juges, et de pratiques divisant ethniquement le pays.
Les avocats de Gachagua ont saisi la justice pour bloquer la procédure de remplacement, arguant que leur client n’avait pas eu l’occasion de se défendre. La Haute Cour a suspendu la mise en œuvre de la résolution du Sénat jusqu’au 24 octobre.
L’opposition, représentée par l’ancien vice-président Kalonzo Musyoka, s’est félicitée de cette décision, dénonçant l’influence excessive de l’exécutif, dirigé par le président William Ruto, sur le législatif. Cependant, pour les partisans du gouvernement, comme le sénateur Tom Ojienda, cette décision judiciaire est jugée tardive, l’Assemblée nationale ayant déjà approuvé la nomination de Kindiki. La prestation de serment de ce dernier, initialement prévue pour le lendemain, a été suspendue.
source: Rfi/France 24

