Dans une note diffusée ce lundi 7 octobre, le Bureau de Communication de la Présidence a annoncé officiellement que la passation de pouvoir entre le Conseiller-Président Edgard Leblanc Fils et le Conseiller-Président Leslie Voltaire se tiendrait dans l’après-midi à 14h30, à la Villa d’Accueil. Selon le communiqué, cet événement est présenté comme une étape « significative » pour assurer la continuité des « actions concertées et visionnaires » en faveur du peuple haïtien.
Cependant, des incertitudes planent autour de cette cérémonie. Peu de temps avant cette annonce, Edgard Leblanc Fils a publié une vidéo sur les réseaux sociaux dans laquelle il exprime son désaccord avec la direction actuelle du Conseil Présidentiel de Transition (CPT). Il a notamment déclaré qu’il refuse de participer aux réunions ou de signer des documents en présence de trois membres du Conseil, accusés de corruption par l’Unité de Lutte contre la Corruption (ULCC). Ces trois membres, Emmanuel Vertilaire, Smith Augustin, et Louis Gérald Gilles, sont accusés d’avoir tenté de soutirer des pots-de-vin de l’ancien directeur de la Banque Nationale de Crédit (BNC), Raoul Pierre Louis.
Cette position de Leblanc intervient alors qu’une résolution a été signée vendredi dernier par plusieurs conseillers, dont Fritz Alphonse Jean, Leslie Voltaire, Laurent Saint-Cyr, Louis Gérald Gilles, et Smith Augustin, pour permettre à Leslie Voltaire de prendre la tête du CPT dans le cadre de la présidence tournante. Cette démarche semble destinée à maintenir la continuité du pouvoir au sein du Conseil malgré les tensions internes et les accusations de corruption.
La question reste toutefois ouverte : cette passation de pouvoir se déroulera-t-elle avec ou sans la présence d’Edgard Leblanc ? Son refus de signer des documents et de participer aux sessions avec les membres incriminés pourrait, en effet, compliquer le processus et plonger davantage le CPT dans une crise de gouvernance, alors même que le pays fait face à une situation de plus en plus instable.
La société civile et les observateurs politiques s’interrogent désormais sur l’avenir du Conseil Présidentiel, dont la crédibilité semble sérieusement mise à mal. La paralysie qui s’annonce pourrait également affecter la capacité du gouvernement à répondre aux urgences nationales, alors que les violences de gangs s’intensifient, la famine menace la moitié de la population, et les relations diplomatiques avec la République dominicaine se détériorent.
La cérémonie prévue aujourd’hui sera un moment décisif pour le Conseil Présidentiel de Transition. Elle pourrait être le signal d’une reprise de contrôle ou, au contraire, l’illustration de sa fragilité face aux rivalités internes. Quoi qu’il en soit, l’issue de cette passation aura des répercussions importantes sur l’avenir de la transition en Haïti.

