Kamala Harris vs Donald Trump aux présidentielles américaines symbolise manifestement un duel enflammé entre l’ange et le démon. Ce sont deux figures antinomiques tant dans le fond que dans la forme, caricaturant dans la stupéfaction une guerre patente entre la dialectique et le sophisme. La candidate démocrate est porteuse d’un discours nourri de raison et de substance, tandis que le représentant républicain monte le cheval de la démence et de l’inconsistance pour semer la confusion dans les esprits. Ainsi, le choix idéal, celui qui préconiserait une Amérique pacifique et prospère devait être évident. Malheureusement, la foule instrumentalisée a certaines fois ses raisons absurdes que la raison ne connaît pas.
Voilà pourquoi les esprits avisés sont conviés à la vigilance pour que ne se réitère dans cette compétition électorale la bêtise monumentale du jugement populaire ivre de crucifier Jésus pour plutôt libérer Barrabas. En dépit de toutes les évidences justifiant que les élections présidentielles américaines de 2024 s’apparentent à une confrontation entre la lumière et les ténèbres, ce n’est pas sans sacrifice que l’option raisonnable d’évincer le diable sera écartée. Compte tenu des stratagèmes, des lobbys et des pratiques déloyales qui imprègnent des élections présidentielles, « que la meilleure gagne » est un postulat souvent profané, dans les pires comme dans les meilleures familles.
En dépit du comportement pyromane de Donald Trump qui se plaît à intoxiquer les relations sociales au sein de cette grande nation, le triomphe de Kamala Harris n’est pas un pari gagné à l’avance. Les sains d’esprit étant majoritaires, ils doivent ainsi le prouver en se rendant aux urnes pour remettre les clés du Bureau Ovale à cette battante dont le parcours de gladiateur inspirant matérialise le rêve américain.
En ce siècle de modernité, le bon sens croyait que les aspirants à la gouvernance d’une nation emblématique de la trempe des États-Unis devraient appartenir à une certaine élite qui s’accroche aux valeurs morales. Terre d’opportunité, d’inclusion, de justice et d’espoir qui sait explorer et encadrer les talents latents, le cercle politique américain devrait également adopter ce paradigme méritocratique en s’entourant de personnalités dignes. Celles-ci devraient en permanence avoir pour boussole le respect, la rationalité, l’hospitalité, l’empathie, l’intégrité. Cette course présidentielle lancée au cours de cette ère de la prédominance de l’intelligence artificielle accueille – une nouvelle fois – un Trompeur, un raciste, un xénophobe, un misogyne, un menteur, un cynique, un narcissique. S’agirait-il d’un paradoxe face aux valeurs inclusives et universelles que cette société revendique, ou existe-t-il une hypocrisie sous-jacente pour expliquer cet écart flagrant entre la théorie et la pratique ?
On se souvient que sous l’administration Trump, de 2016 à 2020, la science et la bienséance avaient vu de toutes les couleurs. America a vécu un quadriennat de scandales dans un schéma de gouvernance oblique concocté à une Maison Blanche éclaboussée par l’arrogance, l’incompétence et la discorde. Après tant de bêtises de la part de Trump, les citoyens et les institutions n’auraient-ils pas dû se lever pour lui infliger un carton rouge dans les affaires publiques des États-Unis ?
L’incarnation du mal
Immoralité, dépravation, vices, malfaisance sont les traits intrinsèques de l’ADN trumpiste. Il propage la haine ; manque de respect envers les femmes ; méprise les institutions ; pourtant Donald Trump demeure le choix optimal des républicains. Bizarre ! Fidèle adepte de la tromperie, de la xénophobie, de la diffamation et de l’hypocrisie officielle, Donald Trump ne devait plus recevoir cette ultime opportunité d’être en lice pour participer aux élections présidentielles des États-Unis. L’acceptation d’une telle candidature défie les références théoriques qui font la promotion de l’éthique et des valeurs morales par la magie d’exposer de belles images et de bons exemples à la société.
Le seul fait d’autoriser que Donald Trump puisse encore se porter candidat à la présidence, les États-Unis sont comme tombés sur la tête. Est-ce vraiment le type de leader que nous souhaitons présenter comme modèle à nos enfants ? N’est-ce pas un égarement flagrant à la théorie de la fenêtre brisée qui postule qu’une seule entorse est susceptible de prêter le flanc à toutes les dérives et éventuellement à la chute intégrale d’un système ?
Ont été lancés contre Donald Trump, avec des preuves à l’appui, des dizaines de chefs d’inculpation dont agressions sexuelles, fraudes fiscales, incitations à la violence et aux crimes. Le Capitole, le 6 janvier 2020, on se souvient comme si c’était hier. Au lendemain de la proclamation de la victoire de Biden vis-à-vis de Trump en novembre 2019, Donald Trump usait de sa langue de vipère pour rejeter à tort les résultats des scrutins. Par téléphone, il avait tenté de corrompre des agents pour lui accorder de manière indue des bulletins de vote. Les institutions de vigie et particulièrement la presse avaient joué un rôle crucial pour casser la fureur trumpiste dans son complexe de mauvais perdant.
Malgré ses nombreuses dérives, Trump continuait à susciter l’admiration d’une grande partie des Américains, qui se rendaient aux urnes pour voter pour lui. Tel leader, tels suiveurs ; un bon nombre n’était donc pas prêt à encaisser la défaite. Ainsi, les hostilités se déclaraient, les tensions s’amplifiaient. À un moment où America attendait de ce président une parole rassurante pour calmer ses partisans chauffés à blanc, Donald Trump avait plutôt opté de souffler sur la braise.
De son discours pyromane : « Vous allez au Capitole, et je serai avec vous », cinq personnes ont été tuées à l’enceinte sacré de l’édifice symbolisant la démocratie américaine. Serait-ce au nom de la démocratie que ce vieux démon respire encore à plein poumon sur la scène politique américaine ? Au nom de quelle référence bafouée les États-Unis peuvent-ils descendre si bas en approuvant la candidature de ce personnage conflictuel aux élections présidentielles ? En vérité ce système démocratique m’étonne.
La raison face à la démence
Par son empathie et sa bravoure en tant que procureure, Kamala Harris avait à maintes reprises prouvé sa remarquable capacité à transcender, à comprendre et à partager les émotions d’autrui. Personnalité intègre, travailleuse et diligente dans ses tâches, cette descendante d’immigrants Indiens et Jamaïcains a construit son crédit moral à travers sa culture d’excellence et son adhésion aux principes moraux et éthiques. Kamala fait preuve d’une rare résilience pour surmonter les épreuves et rebondir après des échecs. À titre de vice-présidente au côté du président Joe Biden, Kamala Harris a abordé les dossiers qui lui étaient confiés avec professionnalisme. America y a perçu une personne crédible, créative, généreuse et dotée d’humanisme.
Figure exemplaire à l’université, espace exigeant une grande ouverture d’esprit, Kamala charrie avec elle cette attitude open-minded au sommet de la société américaine. Elle s’appuie sur la dialectique pour étayer ses thèses avec des faits et des arguments irréfutables. Contrairement à son rival qui aime déballer toutes sortes de mensonges, Kamala fait de la vérité sa boussole tout en admettant des idées nouvelles et différentes. Comme pour tout être humain, l’on ne saurait insinuer que Kamala a un parcours sans faute ; toutefois, ne serait-ce pas le type de cheminement inspirant que chaque Américain aurait souhaité pour ses enfants ?
D’un autre côté, l’égoïsme et le narcissisme y font rage. Donald Trump développe cette tendance à ne penser qu’à ses propres intérêts, au détriment des autres. Son faux sentiment de supériorité qui se manifeste par un comportement méprisant envers les autres ne cesse de le déshumaniser. Malgré l’âge, il n’est jamais devenu sage. Il continue de faire preuve d’intolérance envers des teintes épidermiques et des morphologies différentes des siennes.
Le raisonnement migratoire Trumpeur
Tandis que l’oxygène de la prospérité économique des États-Unis ou de toute grande nation dans le monde repose sur les poumons stoïques des immigrants venus des quatre coins de la planète, par sa petitesse de cœur et d’esprit, Donald Trump et son équipe menacent et mettent en péril la vie des immigrants aux États-Unis. La force de travail des immigrants ne se substitue pas à la force de travail américaine. Par sa politique de migration sélective voilée, les États-Unis accueillent souvent les meilleurs, la crème de la crème, en provenance des pays en développement. Ce ne sont pas des parasites, mais plutôt des gens toujours dévoués à aller à l’école et à travailler pour prendre soin de leurs familles. En plus de leur implication et leur présence aux cercles prestigieux, comme aux écoles et aux hôpitaux, ces immigrants apportent de la valeur ajoutée substantielle à l’économie américaine.
« They are eating the pets ». Récemment, au cours du débat présidentiel qui l’a mis KO devant Kamala Harris, Trump se faisait passer pour un champion de tous les cons en mentant, en injuriant, en blasphémant. Les quelques 15 000 Haïtiens résidant à Springfield-Ohio étaient dans l’œil du cyclone raciste Trumpiste qui a catalogué ces rudes travailleurs d’omnivores qui n’épargnent ni chien ni chat. Pourtant, plusieurs entrepreneurs et représentants étatiques rejettent de telles calomnies tout en témoignant leur reconnaissance envers ces laborieux migrants Haïtiens qui ont énormément contribué à revigorer la vie économique dans cette communauté.
À titre de rappel, tout être muni du sens de l’histoire, particulièrement un président Américain et son colistier, devraient honorer les prouesses d’Haïti face à l’abolition de l’esclavage. En ouvrant la voie de la liberté à une multitude de nations dans le monde, Haïti représente le berceau de la liberté. Haïti a versé le sang de ses propres fils pour lutter et libérer de la fournaise ardente de l’esclavage plusieurs régions de l’Amérique. La bataille de Savannah en 1779, bénéficiant du support d’environ 800 soldats Haïtiens qui y ont versé leur sang au profit des USA, en est la plus éloquente. Puissent Trump et Vance en être édifiés.
Dans cette dynamique de valorisation des talents intrinsèques peu importe le sexe, l’appartenance politique, religieuse ou la teinte épidermique, le monde moderne a besoin de dirigeants qui perçoivent la différence comme une richesse. Les gouvernants doivent être dévoués à contribuer à réaliser les objectifs de l’éradication de la pauvreté et de la réduction des inégalités. Ils doivent faire la promotion de l’inclusion économique et sociale tout en s’attelant à garantir le bien-être des générations présentes et futures.
Par son manque d’ouverture, de respect pour les institutions, les idées et les croyances qui ne sont pas les siennes, Donald Trump constitue un poison fatal pour la promotion des valeurs de l’inclusion et de la diversité. Rancunier, intolérant, impulsif, Donald Trump adopte est un être complexé qui des se conforte dans des stratégies manipulatrices qui entraînent discrimination, haine et inimitié. Il n’a donc pas les qualités requises pour gouverner un si noble pays comme les États-Unis.
“Fool me once shame on you; Fool me twice, shame on me”! America ne doit pas répéter cette bêtise de se laisser diriger par un maniaque entêté à tout chambarder pour satisfaire son ego. Carton rouge à la Trumperie !
Carly Dollin

