21 janvier 2026
Les Présidentielles américaines de 2024- Les swing voters :un enjeu de taille
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Les Présidentielles américaines de 2024- Les swing voters :un enjeu de taille

par Hancy PIERRE
Spécialiste des relations internationales.

Le glissement vers la tendance non partisane sur la scène politique américaine est une préoccupation à la veille des présidentielles de 2024. Si l’abstention avait gain de cause à certains moments de l’histoire électorale , il conviendrait d’interpeller les swing voters. En effet, ils sont pour le moment 18% encore indécis sur l’échiquier politique américain. Répartis dans tous les groupes ethniques, ils feront bien l’affaire des concurrents candidats à la course des présidentielles en l’occurrence Donald Trump (républicain) et Kamala Harris (démocrate). La course est jusqu’à date serrée et chaque candidat joue la carte des swings states réputés balancés vers les Républicains. Les jeunes et les minorités sont de la partie pour départager les candidats dont les thèmes de campagne dominants attirent les uns ou les autres avec des préférences considérables pour certains d’entre eux.

Le challenge concernait l’appui des jeunes et des gens de couleur pour les démocrates. Ce qui avait fait défaut au candidat Biden. Kamala est en quête de ces votes. Dans le cas des Swings States,  Trump marque des points. Il est considéré à peine favori. Kamala n’a pas été évaluée autrement. Nous avons ici  des pronostics de médias différents à ce sujet. Dans le cas de ceux qui ont un baccalauréat et d’autres de la classe des travailleurs, ils sont le plus souvent conservateurs. Ils s’identifient davantage à Trump. Mais, méfions-nous des statistiques. Des statistiques qui avaient indiqué des avances de Madame Clinton allaient être renversées et ce qui avait justifié les accusations de fraude en faveur de Trump lors des élections de 2016.

Revenons aux 18% des indécis soient des Swing voters. Ils sont dans les groupes d’asiatiques, de noirs (13%), d’hispaniques (7%) ou des natifs américains. Les blancs représentent 58% et les autres groupes (22%). Les Swings voters sont parmi les moins de 45 ans (48%) et les mâles constituent 51%. Quant à ceux  de moins de 4 années de degrés d’études,  ils sont 63%.

Le thème de l’inflation  attire 28% parmi les Swing voters suivi de l’emploi (13%) et l’immigration  11%  qui a le même score que la santé (11%). En effet, l’inflation  attise 13% des votants indécis pour Harris contre 35% pour Trump. Quant à l’économie et l’emploi, les proportions respectives sont 8% et 12% pour les deux candidats. Finalement l’immigration ferait recueillir 2 % des 18% des swings voters par Harris et Trump est assuré à 28%. La promotion de la santé par les démocrates est  appuyée par 14%  pour Harris contre 2% pour Trump  . Les autres thèmes font la différence entre les deux concurrents soient le climat, l’avortement et les droits civils , la politique de taxation, la sécurité nationale et la circulation des armes.

Harris est critiquée pour un relâchement des politiques policières en matière d’immigration. Ce qui témoigne du cynisme quand on tient compte des déportations massives opérées par les démocrates depuis Obama à Biden. Des palliatifs dans les politiques de promotion de la migration humanitaire n’ont d’effets peu significatifs. L’inflation et la hausse des prix sont à présent un noeud gordien.

Les swings states surtout dans le Midwest accueillent aussi des immigrants. Mais l’anti-immigration est un point commun des deux partis dominants. On se rappelle la Comprehensive Immigration Act promue par Georges Bush pour la régularisation de 12 millions de sans- papiers aux Etats Unis alors renversée par une légère majorité des démocrates au Congrès.Tout pronostic dans les présidentielles de 2024 pourrait être défié par des artifices au regard d’un système électoral en crise depuis les années 2000.

Les Swings voters ont une partition importante dans les présidentielles américaines avec ses 18% de votants susceptibles de départager les concurrents malgré la monotonie des programmes politiques d’une part et les avancées populistes de l’autre.

Repère bibliographique David Leonhardt , “ The Who the swing voters are”, in the New York Times, The Morning , September 4, 2024.

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