4 avril 2026
Le suprémacisme ethnique, terreau inavoué de violences et de crimes
Actualités Société

Le suprémacisme ethnique, terreau inavoué de violences et de crimes

Par Camille Loty Malebranche

Il convient de bien comprendre, qu’établir les rapports de causalité, ne constitue pas un amalgame si les preuves sont claires, et la transition de l’effet sur la conséquence, évidente et établie. Ainsi, vu la preuve des rapports de causalité, il est indéniable que le nationalisme ethnique est nécessairement raciste et potentiellement violent voire criminel, quelle que soit l’ethnie qui l’entretient dans la cité. Ce n’est jamais que du fascisme qui n’ose dire son nom!

La prépondérance « nationale » d’une prétendue ethnie que prédestine sa couleur ou son histoire, à régner en milieu multiethnique, propulse cette ethnie à prétention dominante au stade de « race » c’est-à-dire d’une construction identitaire artificielle ostraciste qui prend la peau et l’origine comme causes de légitimation et de justification de ses excès voire de ses horreurs de catégorie spéciale au détriment des autres. Pour vérifier ce qu’est le nationalisme ethnique, nous avons des cas très récents de l’histoire : les nazis, les suprémacistes hutus et leurs génocides orchestrés contre l’altérité ethnique, sont plus éloquents que toute démonstration discursive pour faire percevoir ostensiblement ce que devient un suprémacisme qui outrepasse le juste cadre d’un combat de libération patriotique nationale pour la tyrannie ethnique nationaliste et criminelle!

Hitler, par exemple, était dans son droit en faisant la guerre pour briser l’étau du traité de Versailles où des puissances elles-mêmes bellicistes, colonialistes, racistes humiliaient l’Allemagne vaincue, prise pour unique coupable de toutes les monstruosités de la première conflagration mondiale. Toutefois, sa démesure nationaliste, telle une hybris dénaturante, démentielle, en brandissant le suprémacisme nationaliste racial aryen, à la fois conquérant et exterminateur tant à l’extérieur qu’en Allemagne même, l’a discrédité et précipité dans les abîmes monstrueux jusqu’à l’autodestruction qu’on connaît! Être suprémaciste ethnique est toujours raciste et socialement violent dans ses prémisses et ses conclusions car il y est immanquablement question d’ethnie minoritaire ou majoritaire se proclamant « race supérieure » supérieurement seule autorisée à dominer et à se faire obéir par toutes les autres ethnies rendues « races inférieures ». 

La préséance de l’ethnie, un déni de l’intégration sociale.

Nous connaissons à travers l’histoire toute proche de l’Afrique du sud, le cas abject d’une ethnie minoritaire se proclamant suprême étant la « race supérieure »; et l’on sait quel apartheid cette suprématie raciale a engendré, un apartheid dont les retombées socio-économiques sont loin d’avoir disparu malgré la fin légale et politique de la ségrégation raciale. Force est de comprendre que toute incitation à l’exaltation idéologique de l’identité fait courir le risque de haines raciales et de violences racistes telles celles d’El paso ou de Charlottesville aux Usa. Car la violence quoique discursive est déjà lugubrement présente par sa macabre rumination proclamatoire de la « légitimité dominante et exclusive » de l’ethnie majoritaire! Quand j’entends le citoyen ordinaire déclarer sa préséance majoritaire ethnique dans la société sur l’immigrant, toujours étranger par ses origines ethniques minoritaires, ethnies donc étrangères illico perçues comme non tout à fait chez elles, je sais qu’il faille de peu, d’une ambiguïté nationaliste des tenants du pouvoir, par exemple, pour que les secteurs racistes criminels de la haine entrent en scène. Les sociétés d’immigration – qui doivent quasiment tout, à la fois d’abord aux indigènes premiers « propriétaires » de la terre (la terre n’étant pas une propriété au sens strict) et ensuite à toutes sortes d’immigrations anciennes et nouvelles – doivent réinventer la citoyenneté et l’ancrer chez les individus par une éducation humano-citoyenne portant sur la souveraineté de droit de tous sans distinction tout en sanctionnant voire dissolvant si nécessaire, les partis et politicards crapuleux anticitoyens et antinationaux qui parlent différemment. Car là, il s’agit d’appels pernicieux à la violence ethnique, d’exacerbations viles et populistes pouvant dévier en guerres et crimes raciaux…

Citoyenneté et Ethnicité

La citoyenneté n’est pas l’ethnicité, elle y est même une modératrice lucide, un amenuisement raisonnable. Car le citoyen, une fois établi et assumé, n’est plus vraiment ethnique dans sa propension comme agent supérieur des droits et devoirs à exercer dans la nation. Voilà pourquoi l’extrême droite est une porte à tous les dénis de citoyenneté. Et l’immigrant, une fois légal, ne doit avoir aucun risque de déconsidération par des forcenés suprémacistes en mal de prépondérance ethnique ou nationaliste.

Le seul suprémaciste admissible et même obligatoire pour la dignité des peuples, est celui qui combat les colonialistes, les impérialistes et toutes formes de servitudes venant d’oligarques exogènes récents ou anciens se comportant en prédateurs sociaux de classe, de couleur ou d’origine contre les majorités locales et générales, contre la nation, contre le corps social en définitive.

Le suprémacisme ethnique en société multiethnique d’immigration est – malgré les allégations contraire de ses protagonistes – un acte de grave déficit logique et intellectuel, un recours médiocre et irrationnel de quelques possédés de la haine, incapables de se faire valoir autrement que par leur animosité morbide, le sordide simplisme de leur inintelligence, la lugubre sécheresse de leur argutie agressante.

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Lire l’original de l’article sur le blog de l’auteur

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