4 avril 2026
Haïti | CPT : 100 jours de scandales, d’inaction et d’incompétence
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Haïti | CPT : 100 jours de scandales, d’inaction et d’incompétence

Haïti : 100 jours après l’installation du Conseil Présidentiel de Transition, aucune avancée notable

par Elensky Fragelus

Installé le 25 avril dernier, le CPT compte neuf membres, dont sept votants et deux observateurs, issus de divers rassemblements politiques, de la société civile, de groupes religieux et du secteur privé.

Cent jours après l’installation du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), les dossiers prioritaires de la nation n’ont guère avancé. La situation sécuritaire continue de se détériorer à un rythme alarmant, les gangs armés gagnant du terrain chaque jour. De nouveaux quartiers deviennent invivables, les commissariats sont détruits, des bâtiments publics incendiés, tandis que les assassinats, kidnappings et viols se multiplient en toute impunité.

La population haitienne plonge de plus en plus dans une misère atroce avec le ralentissement des activités économiques. Plusieurs grands axes routiers sont sous le contrôle des bandits qui rançonnent chauffeurs et commerçants en établissant des postes de péage illégaux. Parallèlement, les scandales de corruption se multiplient dans l’administration publique et même au sein du CPT, qui aurait dû donner l’exemple en matière de transparence et d’intégrité.

Aucune initiative sérieuse n’a été prise pour sortir Haïti de cette crise. Des entités essentielles prévues par l’accord du 3 avril 2024, telles que le Conseil National de Sécurité et l’Organe de Contrôle de l’Action Gouvernementale (OCAG), n’ont pas vu le jour. La mise en place du Conseil Électoral Provisoire (CEP) a été entamée avec un amateurisme déconcertant, laissant présager que les élections ne se tiendront pas de sitôt. De plus, aucune action n’a été entreprise pour réguler les partis politiques, un pas pourtant crucial pour la stabilité démocratique du pays.

Il semble que les fonctionnaires se contentent de prélever leurs salaires, frais et faux frais, sans bouger le petit doigt. Aucun chantier n’a été mis en route, aucune nouvelle loi n’a été adoptée, et la machine étatique semble dépourvue de gouvernail.

Face à cette situation, une question s’impose : où va cette transition ? Les promesses de réformes et de redressement national semblent bien loin de la réalité actuelle, laissant les citoyens haïtiens dans un désespoir grandissant. L’absence de progrès tangible met sous les feux des projecteurs un pouvoir de transition en perte de direction et de détermination, posant un sérieux doute sur l’avenir immédiat de la nation.

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