30 novembre 2025
Scandale électoral en Haïti : Ariel Henry, ministre de l’Intérieur de Michel Martelly, au cœur des élections contestées d’août et d’octobre 2015
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Scandale électoral en Haïti : Ariel Henry, ministre de l’Intérieur de Michel Martelly, au cœur des élections contestées d’août et d’octobre 2015

En 2024, 2025, voire peut-être 2026, après son mandta de 5 ans, les élections avec le régime de Ariel Henry, champion de la corruption en 2023 dans les Caraibes, selon le rapport Transparency International, seront présentées comme « libres, honnêtes et sincères ».

La crise postélectorale de 2015, – dans laquelle le Dr Ariel Henry, d’abord ministre des Affaires Sociales puis de l’Intérieur sous Michel Martelly -, a joué un rôle actif, s’inscrit dans le cadre des crises électorales récurrentes en Haïti, souligne le rapport de la Commission Indépendante d’Evaluation et de Vérification Electorale Elections 2015.

Cette réalité, poursuit la CIEV, pourrait s’expliquer par le fait que le pays vit dans l’instabilité politique constante et que les acteurs politiques et de la société civile n’ont jusqu’à présent pas trouvé une formule commune pour moderniser la vie politique du pays, notamment le système électoral. Un consensus de la part des politiques et de la société civile est indiscutablement le préalable à toute démarche technique et académique visant un dénouement à la crise.

Le premier tour des élections législatives s’est déroulé le 9 août 2015. Ces élections, réalisées sur fonds de violences et de perceptions de fraudes2 ont donné lieu à de graves dénonciations (candidats, partis politiques, société civile…). Le Conseil électoral (CEP) en sus de sanctionner certains candidats et organismes d’observation électorale, a promis de prendre les dispositions qui s’imposaient pour corriger ces problèmes dans la perspective de la poursuite et de l’achèvement du processus.

Le 25 octobre 2015 eurent lieu le premier tour de l’élection présidentielle et le second tour des législatives, ainsi que les élections locales. Contrairement à la journée électorale du 9 août, celle du 25 octobre s’est relativement déroulée dans le calme où la machine PHTK avec son ministre de l’Intérieur, a démontré tout son savoir-faire. Cependant, presque tous les candidats et certains observateurs ont dénoncé les irrégularités graves qu’ils auraient observées. Les résultats issus desdites élections ont été rejetés par les candidats, sauf celui du pouvoir qui en arrivait en tête.

L’incapacité des acteurs politiques à trouver un dénouement à la situation a conduit le pays à une crise postélectorale larvée. Dans l’idée d’y trouver une solution, une Commission indépendante d’évaluation électorale (CIEE) a été créée par arrêté présidentiel le 22 décembre
2015 avec pour mandat d’“évaluer le processus électoral et de faire des recommandations au gouvernement et au Conseil électoral provisoire”.

Cependant, la non-application des recommandations de la CIEE3 a conduit à une aggravation de la situation, notamment la dissolution du CEP5 et une vacance présidentielle, lorsque le 7 février 2016 le mandat du Président Michel Martelly parvint à sa fin. Pour garantir la continuité institutionnelle, un accord fut signé le 5 février 2016 entre le pouvoir exécutif, représenté par le président Joseph Michel Martelly, et le pouvoir législatif représenté par le sénateur Jocelerme
Privert, Président du Sénat de la République, et le député Cholzer Chancy, Président de la chambre des Députés.

Recommandations

Conformément au mandat de la CIEVE consistant, pour l’essentiel, à épurer le processus dans le but d’y rétablir la confiance des acteurs politiques, elle recommande la reprise du processus, tout en prenant les dispositions qui s’imposent pour garantir le respect du droit de vote des citoyens et celui des candidats (droit de se faire élire).

Faiblesse logistique des services de l’ONI.

La fabrication hautement centralisée des cartes électorales, jointe à un service logistique
inexistant sont à l’origine d’une accumulation indue de CIN
soit au bureau central avant que les boîtes les contenant ne soient distribuées dans les lieux retirés du pays, soit au niveau de ces lieux mêmes où elles languissent en attendant que leur propriétaire vienne les réclamer.
Des politiciens malhonnêtes, informés de l’existence de ces cartes, s’arrangent pour se les
procurer et les redistribuent à des partisans afin, encore une fois, de les habiliter à voter plus
d’une fois.
En outre, un « commerce de cartes électorales » devient chose courante à la veille des joutes électorales.

La CIEV, qui avait un mandat bien spécifique, n’a pas pu enquêter sur les membres du gouvernement de Michel Martelly, notamment son ministre de l’Intérieur et le directeur général de l’ONI. Ainsi, Haïti continue de faire face à un cercle d’élections truquées avec des résultats préalablement proclamés.

source : rapport CIEV 2016

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