15 février 2026
Le Centre de Germoplasme de Camp-Perrin menacé de disparition : Appel des associations écologiques d’Haïti
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Le Centre de Germoplasme de Camp-Perrin menacé de disparition : Appel des associations écologiques d’Haïti

Camp-Perrin, Sud, Haïti, le 3 novembre 2023 – Des associations écologiques d’Haïti unissent leurs  forces pour alerter la nation et les autorités de l’État sur la menace imminente de disparition du  centre de germoplasme de Camp-Perrin, anciennement connu sous le nom de Ferme Lévy.  Inauguré le 2 décembre 2017 par l’ancien président Jovenel Moïse, le centre de germoplasme de  Camp-Perrin avait pour mission de produire plus de 4,5 millions de plantules chaque année, selon  les dirigeants de l’époque. Cette installation est composée de plusieurs bâtiments, notamment des  locaux administratifs, une pépinière, un centre de compostage, un centre de recherche, des  entrepôts pour les outils et intrants agricoles, des dortoirs pour les cadres et les stagiaires, entre  autres. Il devrait aussi jouer un rôle clé dans la formation des professionnels du secteur  environnemental.  

Constat actuel : ce centre est inopérant et est sur la voie de disparition complète. Des écologistes  étaient sur les lieux pour constater l’anéantissement du centre. En effet, ce centre de germoplasme  pourrait donc servir de sanctuaire pour la conservation et la préservation de plantes rares et  endémiques d’Haïti. Il serait apte à abriter une collection unique de variétés de plantes, de graines  et de cultures cruciales pour l’agriculture durable et la sécurité alimentaire du pays. Avec une prise  en charge effective, il jouera un rôle essentiel dans la préservation de la biodiversité végétale et la  recherche agricole en Haïti. Ce centre pourrait également aider à réduire le désastre écologique en  Haïti en contribuant à reboiser certains bassins versants de la péninsule du Sud et de la réserve la  Hotte (Macaya) très affectés par des activités agricoles, l’industrie du charbon de bois et de la  construction.  

Aussi, en dépit de forte somme d’argent dépensé pour la transformation de cette ferme en un centre  de germoplasme, en raison de l’absence de mesures de surveillance et de prise en charge, des actes  de défrichement et de vandalisme touchent le centre, mettant en péril sa mission.  

Fort de ce constat patent, les associations écologiques d’Haïti, notamment le Groupe d’Intervention  Écologique d’Haïti (ECOVERT-HAÏTI), le Mouvement d’Appui pour le Développement des  Collectivités Territoriales Haïtiennes (MADECTH) et l’Agence de Promotion pour le  Développement Intégré (APRODI), appellent, pour une énième fois, les autorités nationales, 

notamment celles du Ministère de l’Environnement (MdE) s’il en reste encore, à agir illico pour  protéger et restaurer le centre de germoplasme de Camp-Perrin. Il est impératif de renforcer la  surveillance de ce site, de poursuivre en justice les responsables de ces actes criminels qui ne sont 

autres que le ministère de l’Environnement qui a complètement failli à sa mission d’assurer la  conduite des politiques de l’État dans le domaine de l’environnement. Ce ministère depuis sa  création s’intéresse davantage aux projets des bailleurs de fonds institutionnels inscrits dans le  cadre de la gouvernance environnementale mondiale souvent en inadéquation avec les lois  haïtiennes et les projets nationaux de conservation de la biodiversité, comme en témoigne la  situation des écosystèmes forestiers et des centres de germoplasme de Camp-Perrin.  

Nous appelons une fois de plus à la mise en place de mesures préventives à long terme pour garantir  la préservation continue de ce site vital pour l’environnement et l’agriculture d’Haïti. Nous, les  écologistes, lançons également un appel aux collectivités territoriales, aux notables, aux médias et  aux organisations de protection de l’environnement et à la société civile pour qu’ils se mobilisent  en faveur de la préservation de ce centre en péril.  

Les associations écologiques d’Haïti citées en références restent déterminées à œuvrer sans relâche  pour la protection des sites écologiques du pays. Le centre de germoplasme de Camp-Perrin est un  exemple avéré. Elles s’engagent à travailler en étroite collaboration avec d’autres groupes de la  société civile du Sud pour aider à opérationnaliser ce Centre.  

Mesaj enpòtan 

• Pye bwa se richès, an n plante pou rebwaze ; 

• Pa bliye koupe pye bya se detwi lavi, an n rebwaze ; 

• Plastik se pwazon pou anviwonman, ann jere yo ; 

• Dlo se lavi, ann jere sous dlo ak rivyè nou yo ;  

• Lè w pwoteje anvironman se la vi ou pwoteje. 

Suivent les signataires : 

Anel DORLÉAN Sara CADET Coordonnateur Recherche Coordonnateur National Ecovert-Haïti MADECTH Tel: 36 32 37 59 /41 81 61 68 Tél: 36 16 60 52 /33 80 45 79 

Williame DENIS 

 Coordinateur Général 

 APRODI 

 Tel: 40 13 02 85 /47 59 51 35 

E-mail : madecth.2004.haiti@gmail.com/ecoverthaiti02@gmail.com 

1 Comment

  • Dr. Frank Cézilly 6 novembre 2023

    Cette situation témoigne malheureusement de l’incapacité de l’administration haïtienne à développer et porter des projets utiles à l’environnement. Ce centre a été créé de façon très opportuniste et avec force publicité sous la mandature de Jovenel Möise, mais sans aucune réflexion scientifique digne de ce nom au préalable. Il existe déjà un conservatoire botanique de grande valeur en Haïti, situé aux Cayes, et il eut mieux valu de lui donner les moyens financiers et humains de se développer. Quant au projets de germoplasme, ce n’est qu’un chiffon rouge qu’on agite pour faire croire que l’on s’occupe du problème, alors que la solution est ailleurs. Les massifs forestiers haïtiens sont déjà classés en zones protégées sans que cela ait modifié quoi que ce soit à la coupe des arbres et la culture sous brulis pratiquées par des populations pauvres dont souvent des enfants déscolarisés. Ce sont la pauvreté et la misère sociale qui sont à l’origine de la dégradation de l’environnement et ce n’est pas quelques plantules vite mises en terre par quelques enfants en présence de quelques notables et sous les flashs des journalistes qui viendront résoudre le problème de la déforestation. Et d’autant plus qu’à peine quelques jours après avoir été plantées, ces jeunes pousses seront broutées par quelques têtes de bétail. La plupart des associations haïtiennes qui s’indignent le font sans doute de bonne foi, mais elles n’ont pas plus d’expertise scientifique. Il convient d’avoir l’humilité de le reconnaitre. Il faut que l’état haïtien et les organisations internationales prennent le problème à bras-le-corps et recrutent des chercheurs haïtiens véritablement qualifiés et capables de collaborer avec d’autres chercheurs caribéens pour la protection de l’environnement, leur donnent les moyens de travailler sur le terrain et de salarier les populations locales pour qu’elles abandonnent leurs activités agricoles dans les zones forestières protégées et travaillent à la reforestation et à la gestion et la protection de l’environnement en vue du développement d’un écotourisme scientifique à l’avenir. Et il faut inclure les centres de développement techniques au service de l’environnement au sien des meilleurs campus universitaires.

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