Dimanche 22 octobre 2023 ((rezonodwes.com))–
Tapachula, Mexique – Près de 200 migrants, principalement en provenance du Venezuela, d’Amérique centrale et d’Haïti, ont exprimé leur frustration lors d’une manifestation à Tapachula, à la frontière sud du Mexique. Leur acte de protestation était dirigé contre la cumbre migratoire organisée par le gouvernement mexicain en collaboration avec 11 autres pays de la région, dont Cuba, le Nicaragua et le Venezuela.
Au cœur de cette manifestation, des piñatas à l’effigie des présidents Nicolás Maduro (Venezuela), Miguel Díaz-Canel (Cuba) et Daniel Ortega (Nicaragua) ont été incendiées. Les migrants ont symboliquement jugé les dirigeants de ces pays, les accusant de ne pas soutenir la cause des migrants.
Le directeur de l’organisation Pueblos Sin Fronteras, Irineo Mujica, a qualifié cette manifestation de « contre-sommet » visant à dénoncer l’absence de solution à la crise migratoire de la part du président mexicain, Andrés Manuel López Obrador. Il a souligné que la cumbre ne propose rien de nouveau et n’apporte que la corruption des pays cherchant à tirer profit de la migration, au détriment de la souffrance des migrants.
Pendant ce temps, à plusieurs kilomètres de là, López Obrador se réunissait avec les chefs d’État de Colombie, Cuba, Haïti, Honduras, et du Venezuela, ainsi qu’avec le vice-président du Salvador et le vice-premier ministre du Belize, ainsi que des ministres et des ministres des affaires étrangères de plusieurs pays d’Amérique centrale.
Cette cumbre migratoire intervient alors que le Mexique et l’Amérique centrale font face à un flux migratoire « sans précédent », selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), avec jusqu’à 16 000 migrants arrivant chaque jour aux frontières mexicaines, selon López Obrador.
Parmi les manifestants, le Vénézuélien Leonerge Acero a critiqué la réunion entre López Obrador et Maduro, affirmant que les conditions créées par le président vénézuélien les forcent à quitter leur pays.
Ysguel Jean, originaire d’Haïti, a participé à la manifestation pour dénoncer la corruption qui, selon lui, sévit parmi les politiciens de son pays. Comme de nombreux autres migrants, il a appelé à ce que cette cumbre se traduise par des politiques humanitaires plutôt que punitives.
« Nous demandons au gouvernement mexicain de nous traiter dignement et de nous accorder des papiers », a déclaré Jean, soulignant les difficultés auxquelles sont confrontés de nombreux Vénézuéliens et Haïtiens contraints de dormir dans les rues et les parcs. « Nous demandons à (le Mexique) de nous aider et de nous offrir un refuge », a-t-il conclu.
source: Efe

