14 janvier 2026
Nouveau ‘territoire perdu’ à Carrefour-Feuilles : « Un cœur ravagé de répugnance », analyse de Jackson Joseph
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Nouveau ‘territoire perdu’ à Carrefour-Feuilles : « Un cœur ravagé de répugnance », analyse de Jackson Joseph

Jackson Joseph: « Ariel Henry, ses patrons, ses alliés et son gouvernement sont des monstres froids…C’est incompréhensible que quelques dizaines de personnes tiennent en coupe réglée douze millions d’individus« 

J’ai écouté la voix d’une jeune femme de Carrefour-Feuilles hier soir qui pleurait. Elle sanglotait alors qu’elle se faisait violer par des bandits de Grand-Ravine. Ils la torturaient et lui demandaient d’appeler quelqu’un au secours, quelqu’un pour venir la délivrer. Et elle répondait: “mwen pa gen moun non, pa touyem tanpri”…

Mais les monstres, insensibles continuaient leur jeu sordide ironique. Car en vrai, c’était leur manière de lui dire qu’elle était seule, qu’elle était abandonnée à son sort, que personne n’allait venir à son secours. Soumise à une telle déshumanisation, j’ai senti dans sa voix, la souffrance, la haine, le désespoir.

Et je me suis mis à imaginer toutes ces autres femmes et filles, mères, épouses, soumises aux mêmes traitements cruels partout où ces malfrats sans foi ni loi imposent leur diktat. J’ai imaginé ces pères, ces époux, ces jeunes hommes exposés à autant de supplices. Devant le fait, ils vivent la réalité de la jungle où toute humanité disparaît.

Parce que c’est exactement ce qu’est devenue la société haïtienne aujourd’hui, une jungle. Un espace que l’on tente de rendre invivable, où seuls le gouvernement, ses alliés et leurs bandes armées fonctionnent sans aucune crainte.

Haïti et son peuple vivent dans la tourmente. C’est une période difficile à franchir. La violence est macabre. Jamais pouvoir dans ce pays n’a été si passif, si inexistant, si complice et si malveillant. Et jamais la population haïtienne n’a été si abrutie, si peureuse, si paisible et si meurtrie.

J’ai le cœur ravagé de répugnance de voir à quel point nous sommes responsables de ce qui nous arrive. Je n’ai jamais été aussi déçu de voir à quel point nous acceptons notre sort et même que parfois nous supportons nos bourreaux.

Ariel Henry, ses patrons, ses alliés et son gouvernement sont des monstres froids, direz-vous. Mais Ariel Henry, ses patrons, ses alliés et son gouvernement n’ont rien sinon les moyens que nous leur fournissons pour nous terroriser et nous réduire au silence et à la mort. Il suffirait de simples gestes, même pas de violences aveugles, simplement qu’on s’organiserait et qu’on serait une flopée de cinq cent mille qui bloquerait l’administration publique dans les dix principales villes. Mais surtout le palais national, la Primature, les ministères, les directions générales, la résidence officielle d’Ariel. La police en nombre inférieur, serait spectatrice. On pourrait rentrer dans les rangs, l’embryon de l’armée. Nous devons finalement comprendre que nos ennemis, nos bourreaux se trouvent dans ces espaces indiqués.

C’est incompréhensible que quelques dizaines de personnes tiennent en coupe réglée douze millions d’individus. Il est bien clair que nous sommes les premiers responsables de cette situation de terreur par notre passivité.

J’en appelle aux leaders des quartiers populaires, aux braves et intrépides fils et filles de la nation de se mettre debout contre l’oppression. Nous avons peur, mais la peur ce n’est pas fuir, ni se cacher, la peur c’est la volonté d’affronter avec courage le danger.

Sommes-nous décidés à vivre dans la torture, la peur, plutôt que de faire face aux oppresseurs? Allons-nous rester silencieux face à l’emprise des bandits? Le mouvement Bwa Kale donnait des résultats. Plus structuré dans cette vaste entreprise des 500 mille individus venant de partout pour investir les rues de Port-au-Prince, donnerait plus de résultats.

La question alors est, qu’est ce que vous voulez faire? Moi j’ai le cœur ravagé de répugnance face à cette kyrielle d’incultes, d’idiots qu’il faut, à un moment ou à un autre, neutraliser d’une manière ou d’une autre pour donner sa chance au pays de Dessalines.

Jackson Joseph pour la Nouvelle Haiti
15/8/23

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