13 juin 2024
Révélations choquantes : Rapport d’enquête d’août 2021 détaille la corruption à grande échelle à l’Ambassade d’Haiti à Washington
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Révélations choquantes : Rapport d’enquête d’août 2021 détaille la corruption à grande échelle à l’Ambassade d’Haiti à Washington

Page 10 du Rapport d’enquête de MAE en aout 2021: Pendant que Monsieur Emmanuel CONTENT s’absente souvent de son poste au sein de l’Unité de production de passeports de l’Ambassade d’Haïti aux États-Unis, il donne constamment accès à son compte électronique à accès illimité à des tiers, dont Madame Bettina EDMOND, soeur de l’Ambassadeur Bocchit EDMOND et ex-employée de l’Ambassade d’Haïti aux États-Unis.

Texte I de III

Jeudi 4 mai 2023 ((rezonodwes.com))–

En août 2021, le conseiller consulaire et chef de la section consulaire de l’ambassade d’Haïti aux États-Unis, Gelorme Juste, a été rappelé aux services centraux du ministère des Affaires étrangères en raison de son implication présumée dans la réception irrégulière de documents pour la fabrication de passeports. Une enquête a été menée en utilisant des entretiens et l’analyse de documents pour établir les faits.

L’enquête a révélé que l’unité de production de passeports à l’ambassade d’Haïti aux États-Unis fonctionne de manière similaire à une entreprise individuelle, fortement influencée par le poste, le népotisme et surtout le pouvoir de l’argent, ouvrant la voie à la traite d’influence, au chantage et à la corruption.

Juste, collaborateur et cousin de l’ex-ministre de facto des Affaires étrangères, Claude Joseph, a reconnu son implication dans la réception irrégulière de documents, mais l’enquête a révélé qu’il n’aurait pas pu agir seul sans la complicité d’un responsable d’unité, Emmanuel Content, qui possédait plusieurs agences de fabrication de passeports fonctionnant de manière irrégulière dans différents pays.

Content, qui est également le directeur technique de l’unité de production de passeports, a un conflit d’intérêts important aux dépens de l’État. De plus, Content a admis avoir reçu un cadeau de deux mille dollars américains pour ses services de fabrication de passeports, payé par l’intermédiaire de l’ambassade d’Haïti aux Bahamas.

Le paragraphe 5.1 du rapport présente les résultats de l’analyse des discours des participants et des données recueillies. Les faits suivants ont été établis :

  • Les demandes régulières de passeports des missions diplomatiques et postes consulaires destinés à l’Ambassade d’Haïti aux États-Unis sont généralement soumises par FEDEX. Cependant, des demandes irrégulières de passeports en provenance d’agences ou de particuliers sont également arrivées par des voies contournées, ce qui ouvre la voie à des stratagèmes de corruption.
  • La production de passeports à l’Unité de production de passeports de l’Ambassade d’Haïti aux États-Unis ressemble à une entreprise à caractère individuel, liée à l’influence de position, au copinage et surtout au pouvoir de l’argent, créant ainsi un climat propice au trafic d’influence et à la corruption.
  • L’arrivée de l’Ambassadeur Bocchit EDMOND à la tête de l’Ambassade d’Haïti aux États-Unis a entraîné des changements dans l’organisation des services. Cependant, il a mis certains employés à l’écart et/ou sous pression tout en donnant carte blanche à d’autres, en particulier ceux avec qui il entretient des relations familiales ou d’amitié, créant ainsi un climat de travail plutôt délétère à l’Ambassade.
  • Des confessions de promesses de promotion, de nomination ou d’avantage de position à des employés en échange de leur complicité ou de leur silence, collaboration ou sensibilité politique ont été rapportées, créant ainsi une atmosphère de travail désagréable, teintée de méfiance, copinage et commérage.
  • L’absence de l’Ambassadeur Bocchit EDMOND de son poste au moment de l’enquête a été mal perçue par certains participants, estimant qu’il aurait pu décider autrement et ainsi se mettre à disposition des enquêteurs.

Points forts du discours des participants

Selon Monsieur Eloune DORÉUS, Ministre conseiller, actuel Responsable de la Section consulaire de l’Ambassade d’Haïti aux États-Unis, l’Ambassadeur EDMOND allait prendre des dispositions pour installer Monsieur David CELESTIN, comme nouveau Responsable de la Section consulaire de l’Ambassade d’Haïti aux États-Unis en remplacement de Monsieur Gélorme JUSTE.

Cependant, le Ministre des Affaires Étrangères, Dr Claude JOSEPH l’a désigné (annexe 9) avant l’installation de Monsieur CELESTIN, a-t-il indiqué. Lorsque l’Ambassadeur EDMOND était informé du choix du Ministre, ce dernier fit venir Monsieur DORÉUS à son bureau pour lui demander s’il était capable de remplir cette tâche. Monsieur DORÉUS a indiqué n’avoir pas été content de cette approche. À noter que Monsieur David CELESTIN était affecté à la Section politique avant l’affaire impliquant Monsieur JUSTE. Mais, présentement, il est Assistant Responsable de la Section consulaire.

Le rapport parle de l’Unité de production de passeports de l’Ambassade d’Haïti aux États-Unis. Depuis l’arrivée de l’Ambassadeur EDMOND, le Directeur technique de cette unité se fait parfois passer pour le Responsable. Pendant ce temps, la procédure de rappel de Monsieur DOLISKA a été annulée, mais Monsieur CONTENT a indiqué à tout le personnel de l’unité et à des Chefs de Missions diplomatiques et Postes consulaires qu’il était désormais le Responsable. L‘Ambassadeur EDMOND a coupé tout accès de Monsieur DOLISKA aux locaux de l’Ambassade et a exigé la désactivation de sa clé électronique, l’empêchant ainsi d’accéder à son bureau et de récupérer ses effets personnels.

Le rapport mentionne également que des particuliers peuvent directement adresser une demande de passeport à l’Ambassade, mais le problème survient lorsque des employés prennent l’habitude de recevoir personnellement et massivement des demandes de passeports en dehors du circuit administratif.

Le rapport relate les déclarations de Gélorme JUSTE, ancien conseiller et responsable de la section consulaire de l’ambassade d’Haïti aux États-Unis, qui a reconnu son implication dans la réception irrégulière de demandes de passeports en provenance d’une « agence » au Chili. Il a expliqué que cette idée d’agence lui était venue après sa participation dans la mise en place d’une antenne consulaire à Salisbury. Il a été contacté par Emmanuel CONTENT, qui l’avait invité à participer à la mise en place d’agences dans certains endroits abritant de fortes communautés haïtiennes en termes de population. Il avait répondu qu’il devait d’abord discuter avec le chargé d’affaires d’alors, Léon CHARLES, car il n’aurait pris aucune décision de ce genre sans son avis.

Cependant, CONTENT lui aurait assuré que tout serait réalisé une fois que Bocchit EDMOND aurait pris ses fonctions comme ambassadeur. En effet, dès la première semaine de son arrivée, l’ambassadeur EDMOND l’aurait convoqué pour expliquer son souhait d’installer des agences dans des zones comme Salisbury et Delaware. Gélorme JUSTE a affirmé avoir rencontré une dame possédant une agence à Salisbury et un homme à la physionomie semblable à celle de l’ambassadeur EDMOND, dont CONTENT lui aurait dit qu’il était le frère du coordinateur des activités de l’agence de Salisbury. Les dossiers de demande de passeports de Salisbury étaient dirigés à l’adresse de CONTENT, qui lui avait expliqué tous les détails du processus. Monsieur JUSTE a insisté sur le fait que la question des agences était devenue normale à l’ambassade d’Haïti aux États-Unis.

Le rapport aborde également le cas de Jimmy CITERNE, recruté à l’ambassade d’Haïti aux États-Unis sur référence de Gélorme JUSTE. Il a travaillé à l’émission de cartes d’identification nationale et a été attaché à la section consulaire comme accompagnant des demandeurs d’émission de passeports sur place. Cependant, il a également offert des heures supplémentaires au niveau de l’unité de production de passeports de l’ambassade d’Haïti aux États-Unis. Il a affirmé qu’il n’était pas au courant que des dossiers de demandes de passeports allaient être livrés au domicile de Monsieur JUSTE en son nom et n’avait pas d’informations sur la pratique de réception de documents à domicile d’employés pour la fabrication de passeports, ni sur ceux ou celles qui en sont impliqués.

à suivre

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