Le groupe Vigie Canada pour Haïti (VCPH) dénonce l’ingérence du Canada dans les affaires d’Haïti et rappelle que le gouvernement canadien pratique une politique de deux poids deux mesures. En effet, le Canada reproche à la Chine de s’immiscer dans ses élections, mais il intervient lui-même dans les affaires internes d’Haïti depuis longtemps. VCPH cite plusieurs exemples d’ingérence, dont l’Initiative d’Ottawa sur Haïti en 2003, l’intervention militaire de 2004 et le rejet des résultats des élections de 2010. Le groupe estime que l’ingérence du Canada dans la démocratie haïtienne est en partie responsable de la situation actuelle dans le pays. VCPH demande au Premier ministre Justin Trudeau de respecter son engagement dans la recherche d’une solution pour Haïti et de cesser toute ingérence dans les affaires du pays.
Mercredi 19 avril 2023 ((rezonodwes.com))–
LE CANADA DOIT CESSER SON INGÉRENCE EN HAÏTI COMME IL DEMANDE À LA CHINE DE LE FAIRE AU CANADA
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Vigie Canada pour Haïti
Avr 19, 2023, 08:56 ET
MONTREAL, le 19 avril 2023 /CNW/ – Vigie Canada pour Haïti (VCPH) profite du débat sur l’ingérence chinoise dans les élections canadiennes pour rappeler et dénoncer l’ingérence canadienne dans les affaires internes d’Haïti. Une ingérence qui ne date pas d’hier. VCPH constate qu’en matière d’ingérence, le Canada mène une politique de deux poids deux mesures. Le gouvernement du Canada fait en Haïti ce qu’il reproche, avec raison, au gouvernement chinois de vouloir faire au Canada.
Le Premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a déclaré inacceptable l’ingérence chinoise ; il a nommé un rapporteur spécial dans ce dossier. Insatisfaits, les partis d’opposition ont plutôt réclamé une enquête publique et indépendante pour faire lumière sur l’ingérence chinoise. VCPH qui croit au respect des règles fondamentales de la démocratie représentative, dénonce l’ingérence chinoise dont serait victime le Canada et s’oppose à toute ingérence du Canada dans les affaires de tout autre pays, dont Haïti.
VCPH rappelle qu’en janvier 2003, le secrétaire d’État du Canada pour l’Amérique latine réunissait au Lac Meech des représentants de la France, des États-Unis, du Salvador, de l’Organisation des États américains (OEA), de la Commission économique européenne (CEE) et de l’Agence intergouvernementale de la Francophonie pour discuter de la mise sous tutelle d’Haïti par la communauté internationale, à leur avis, seule option pour rétablir l’ordre démocratique et renforcer les institutions. Ce groupe s’appelait Initiative d’Ottawa sur Haïti. Le 11 janvier 2023, on pouvait lire sur Radio-Canada-Info que le Canada était intervenu militairement en Haïti en 2004, conjointement avec les États-Unis et la France afin de faire tomber le gouvernement de Jean-Bertrand Aristide. Autre indicateur de l’ingérence du Canada, L’utilité de placer Haïti sous tutelle internationale est le titre d’un article paru dans la Revue Militaire Canadienne en 2006. VCPH croit que cette ingérence du Canada dans la démocratie haïtienne est en partie responsable de la catastrophe à laquelle Haïti est actuellement confronté.
En 2010, les résultats du premier tour des élections générales avaient confirmé la présence de Mirlande Manigat et de Jude Célestin au second tour. Malgré des irrégularités, les observateurs internationaux avaient validé le scrutin. Or, 10 jours plus tard, les résultats de ces élections avaient été contestés par le Canada, les États-Unis et l’OEA qui avaient jugé qu’une fraude aurait favorisé Jude Célestin. Pierre-Louis Opont, président du Conseil électoral provisoire (CEP) d’alors, avait déclaré dans la presse que les résultats qu’il avait remis n’étaient pas ceux qui avaient été publiés. Membre du CEP, Ginette Chérubin a écrit dans Le ventre pourri de la bête, comment des représentants de la communauté internationale avait mis l’institution sous pression et l’avait invité à fabriquer des résultats pour exclure Jude Célestin de la course électorale. La communauté internationale, y compris le Canada, avait finalement obtenu satisfaction. Avec ses propres résultats aux élections de 2010, elle avait éliminé Jude Célestin et fait passer Michel Martelly au deuxième tour. Paradoxalement, Lawrence Cannon, le ministre des affaires étrangères du Canada de l’époque avait demandé aux acteurs politiques haïtiens de s’engager au respect des principes démocratiques et de l’intégrité du processus électoral.
Depuis 2021 jusqu’à ce jour, le gouvernement du Canada soutient un gouvernement haïtien illégitime, et ce, malgré l’incapacité avérée de celui-ci de protéger la population haïtienne. Par ailleurs, le Premier Ministre Justin Trudeau a dit vouloir soutenir une sortie de crise par les Haïtiens pour les Haïtiens. Pourtant, le Canada a fait du gouvernement illégitime de Ariel Henry, son seul et unique interlocuteur.
VCPH demande au Premier ministre Justin Trudeau de respecter son engagement dans la recherche d’une solution haïtienne par les Haïtiens pour les Haïtiens. Plutôt que de faire de l’ingérence, nous l’invitons à agir en allié du peuple haitien.
VCPH demande au gouvernement canadien qui a jusqu’ici, ignoré les propositions de toutes les autres actrices et de tous les autres acteurs aptes à contribuer au rétablissement de la paix en Haïti, de colliger les options les plus crédibles et laisser la population haïtienne, sans aucune forme d’ingérence, choisir la solution qui lui offre la meilleure perspective de sortie de crise.
VCPH demande au Canada de ne pas répéter les erreurs du passé. Aux prochaines élections en Haïti, et en conformité avec les valeurs canadiennes et les principes de démocratie représentative, le Canada devrait s’engager à ne faire aucune ingérence dans le processus électoral, à appuyer les démarches pouvant mener à des élections libres, équitables et inclusifs et ainsi, respecter le droit de vote des Haïtiennes et des Haïtiens.
SOURCE Vigie Canada pour Haïti
Renseignements: Porte-parole : Kerlande Mibel, vigiecanadaprhaiti@gmail.com, Information : 514 884-0652

