Frontière Colombie-Panama | Record. Environ 60 000 migrants dont 15% de mineurs ont franchi la jungle Darién en octobre, une route de 266 km

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Président du Panama, Laurentino Cortizo, le 3 novembre : « Le flux de Vénézuéliens a considérablement diminué (…) il y a d’autres nationalités que nous voyons augmenter, par exemple, Haïti et l’Équateur, et nous sommes très attentifs à cela« .

Lundi 14 novembre 2022 ((rezonodwes.com))–La dangereuse jungle du Darién, frontière naturelle entre la Colombie et le Panama, a été traversée en octobre dernier par 59 773 migrants irréguliers en transit vers les États-Unis, un chiffre mensuel sans précédent, selon les données du Service national des migrations (SNM) du Panama.

Entre janvier et octobre, un total de 211 355 voyageurs en situation irrégulière sont arrivés au Panama, un nombre sans précédent, dont 70,1 %, soit 148 285, étaient des Vénézuéliens, la nationalité à l’origine de la vague migratoire de cette année vers les États-Unis.

Les autorités panaméennes ont assuré que le flux de Vénézuéliens a été réduit « drastiquement » après que le gouvernement américain a annoncé, le 12 octobre, que tout ressortissant vénézuélien entrant aux États-Unis après avoir franchi irrégulièrement la frontière entre le Mexique et le Panama sera expulsé vers le territoire mexicain.

En outre, les personnes expulsées seront exclues du programme par lequel les États-Unis accordent un statut légal pendant deux ans à 24 000 Vénézuéliens qui arrivent par avion et avec des parrains.

Le Darién, une route de 266 kilomètres, est utilisé depuis des décennies comme un itinéraire irrégulier par des personnes du monde entier se rendant aux États-Unis, dans un commerce illégal qui implique des groupes de criminalité organisée et n’est pas exempt de dangers tels que la mort aux mains de criminels ou les rigueurs de la nature.

Le Panama accueille les voyageurs dans les stations d’accueil migratoire (ERM) situées à ses frontières avec la Colombie et le Costa Rica, en prenant des données biométriques et en leur offrant des services médicaux et de la nourriture, dans une opération qui a consommé au moins 50 millions de dollars depuis 2020, selon les données officielles.

15% DES MIGRANTS IRRÉGULIERS SONT DES MINEURS.

Dans cette vague de migration, il y a des familles entières avec des enfants et même des bébés. Selon les données panaméennes publiées lundi, 15,3 %, soit 32 488 migrants irréguliers sur le total de plus de 211 000 qui ont traversé la jungle cette année, étaient des mineurs.

Cette proportion s’élève à 18,2 % dans le cas du flux migratoire d’octobre dernier, où les mineurs arrivés dans le MCE étaient au nombre de 10 910.

« C’est l’une des années où le nombre de personnes en transit dans le Darién a le plus augmenté, en particulier les enfants et les adolescents », a déclaré à EFE Margarita Sánchez, responsable de la protection de l’enfance à l’UNICEF, en octobre dernier.

Cette année, le nombre de mineurs et d’adolescents non accompagnés et séparés a triplé. Au 22 septembre, on en comptait 618, contre 205 pour toute l’année dernière, a-t-elle ajouté.

D’AUTRES NATIONALITÉS TRAVERSANT LA JUNGLE

De même que « le flux de Vénézuéliens a considérablement diminué (…) il y a d’autres nationalités que nous voyons augmenter, par exemple, Haïti et l’Équateur, et nous sommes très attentifs à cela », a déclaré le président du Panama, Laurentino Cortizo, le 3 novembre.

Selon les données du bureau panaméen des migrations, la deuxième nationalité qui a traversé le Darién cette année est celle des Équatoriens, 15 185, soit 7,1 %, suivis des Haïtiens (5,8 %), des Cubains (2,36 %), des Colombiens (2,2 %) et des Indiens (1,19 %).

Le mois d’octobre dernier a vu une augmentation significative du nombre d’Équatoriens, avec 8 487, le chiffre le plus élevé de l’année, loin des 2 594 de septembre, 1 581 d’août et 883 de juillet.

Le reste des migrants irréguliers provenait d’une trentaine de pays, notamment d’Afrique et d’Asie.

Beaucoup de Vénézuéliens et d’Haïtiens venaient de deuxième ou troisième pays, comme la Colombie, l’Équateur, le Pérou, le Chili et le Brésil, où ils s’étaient déjà installés ou du moins avaient essayé de le faire.

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