Le dernier carnage à Cité Soleil, le comble de la flétrissure à Ariel Henry. Les citoyens ont l’impérieuse responsabilité de l’éjecter de la Primature

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Ariel Henry s’est volontairement embarqué au programme politique de son patron lui dictant ses mots d’ordre d’outre-tombe, en vue de la destruction de la société haïtienne, dont le principal volet consiste à décimer les résidents des quartiers défavorisés. Alors que ces zones du pays, particulièrement, à la capitale, produisent le plus grand nombre d’électeurs per capita, qui n’adhèrent pas au PHTK.

Editorial de Haiti-Observateur

Jovenel Moïse et Ariel Henry, blanc bonnet et bonnet blanc! Et Michel Martelly, idem!

New York, dimanche 24 juillet 2022 ((rezonodwes.com)–

Les tueries à répétition perpétrées par les gangs armés, sur les habitants des quartiers défavorisés, de la capitale, n’ont cessé de révolter l’opinion publique contre les autorités affichant leur totale indifférence par rapport à ces crimes collectifs. Le pays n’a pas encore fini de demander justice pour les victimes de La Saline, du Bel-Air, de Carrefour-Feuilles, de Bas-Delmas, de Ravine Pintade, de Martissant, de Croix-des-Bouquets, de Torcel, de Croix-des-Missions et de Cité Soleil, que cette dernière commune de Port-au-Prince s’est retrouvée encore sous l’attaque des bandits agissant avec une férocité et une cruauté légendaires.

Bien que le bilan du dernier carnage perpétré contre les résidents de Brooklyn, faisant partie du plus grand bidon-ville d’Haïti, reste encore provisoire, après avoir été évalué à plus de 300 morts (par le Réseau national de défen-se des droits humains — RNDDH), au moins 160 blessés, en sus de dizaines de maisons détruites et des milliers de déplacés, les autorités s’enfoncent dans le silence.

Pas un seul communiqué de presse ou, tout au moins, un tweet du Premier ministre de facto offrant ses sympathies ou celles de son gouvernement aux victimes et à leurs parents. C’est la même attitude qu’affichent les autres institutions de l’État, en la circonstance. D’aucuns diraient que cette attaque des gangs de la « Fédération G-9 en famille et alliés », dirigée sur cette population, était planifiée avec Ariel Henry et son équipe. Leur silence en dit long.

En effet, en matière de violence des hommes armés sur les populations civiles et innocentes, le Premier ministre de facto présente la même attitude que Jovenel Moïse resté silencieux, jusqu’ au bout, face aux massacres des gangs, appuyés par des franges mafieuses de la Police nationale, de toute évidence, cautionnées par le pouvoir. Pas une expression de condoléances à l’endroit des familles des victimes ou de condamnation des actes criminels des bandits, nationalement et universellement dénoncés.

À la liste signalée plus haut, il faut ajouter d’autres cas, individuels ou collectifs, répertoriés au quotidien, que les autorités PHTKistes, sous des leaderships différents, ont ignoré sou-verainement. Dans de tels cas, le constat est patent: Jovenel Moïse et Ariel Henry, blanc bonnet et bonnet blanc ! Et Michel Martelly, idem!

Dans le cas du neurochirurgien-politicien, près de trois semaines après le massacre criminel de Cité Soleil, la primature et les autres institutions gouvernementales n’ont pipé mot, les victimes, à leurs yeux, n’étant pas des êtres hu mains. À l’instar du président de facto défunt, Ariel Henry et ses collaborateurs politiques sont restés muets, comme la tombe, face aux massacres de « 400 Mawozo » et de « Chen Mechan » sur les citoyens de Croix-des-Bouquets et Croix-des-Missions, en mai dernier; ou les assassinats orchestrés contre les habitants de Torcel par Vitelhomme Innocent et ses hommes, il y a à peine trois semaines. Ou encore la descente du gang « 5 Secondes » de Village de Dieu, dirigé par Johnson André, plus connu sous le pseudonyme Izo, sur le Palais de Justice, qu’il occupe jusqu’à date. Sans oublier les assassinats perpétrés quotidiennement, surtout à Port-au-Prince, depuis quelque temps, de routine, lancées par les gangs de Gran Ravin, de Ti-Bwa et de Village de Dieu, sur les populations de Martissant et d’autres communautés peuplant le sud de la capitale.

Aussi bien que les kidnappings individuels, à Port-au-Prince, ou collectifs de passagers, à bord d’autobus sur les routes nationales. Même attitude d’indifférence à l’ égard d’autres crimes, dont sont victimes les citoyens.

À la lumière de tous ces faits, on ne peut que conclure à l’adhésion d’Ariel Henry au programme politique de Jovenel Moïse. Le choix qu’il a fait de celui-là comme Premier ministre s’inscrit, à n’en point douter, à l’assurance de la continuité du PHTK au pouvoir (version Moïse), en la personne du neurochirurgien, qu’il a trié sur le volet parmi tant d’autres alliés politiques menant présentement avec acharnement campagne pour que justice soit rendue au président défunt victime de cet assassinat crapuleux.

Aucun doute: Ariel Henry s’est volontairement embarqué au programme politique de son patron lui dictant ses mots d’ordre d’outre-tombe, en vue de la destruction de la société haïtienne, dont le principal volet consiste à décimer les résidents des quartiers défavorisés. Alors que ces zones du pays, particulièrement, à la capitale, produisent le plus grand nombre d’électeurs per capita, qui n’adhèrent pas au PHTK.

Cette guerre meurtrière déclenchée par les gangs armés, cherchant à se détruire l’un l’autre, et qui fait de nombreuses victimes au sein de paisibles citoyens et citoyennes, y compris des femmes et des enfants à bas âge, attire l’attention sur la complicité et l’hypocrisie caractéristiques du comportement du régime en place et la communauté internationale, en la personne du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH). Alors qu’Ariel Henry et son équipe esquivent leurs responsabilités de maintenir la paix dans le pays et à Cité Soleil, en sus d’assurer la protection des citoyens, un communiqué du BINUH invite les belligérants à mettre fin à la guerre. Le texte de ce document évite habilement d’appeler les autorités haïtiennes à remplir leurs devoirs à l’égard du pays et des populations.

En tout cas, après les attaques initiales des quatre à six jours, suivies d’une pause auto-imposée par les bandits eux-mêmes, ces derniers ont repris les hostilités faisant de nouvelles victimes et des dégâts additionnels. Encore, sans l’intervention des forces de l’ordre visant à sauver la vie des personnes, ou, au moins, un appel au cessez-le-feu de la part des autorités. Celles-ci se complaisent dans leur indifférence, par rapport aux massacres infligés sur les communautés défavorisées, en raison de la complicité dont elles bénéficient auprès des entités internationales représentées par le BINUH.

Faut-il passer sous silence l’attitude des différents secteurs du pays affichant une réserve inhabituelle, face aux massacres des gangs, mais surtout à la lumière de cette dernière, à Cité Soleil, qui ont fait des centaines de victimes dont le bilan continue de s’élever ? À part l’Église catholique, qui a, par l’organe du l’archevêque de Port-au-Prince, Mgr Max Leroy Mésidor, dénoncé sans appel ces crimes, c’est aussi le silence total des uns et des autres.

Certes, les milieux des affaires, des industriels, et les autres sectes religieuses, en sus des entités socioprofessionnelles, ainsi que les personnalités de marque du pays s’enfoncent dans un profond silence à l’égard de ce carnage. Assurément, cette attitude conforte l’équipe au pouvoir, dont le mutisme devant ces actes criminels la font démériter, aux yeux du pays.

En effet, Ariel Henry, au pouvoir, a déjà trop fait — ou omis de faire —, pour se faire frapper d’ostracisme par la grande majorité des citoyens. Ce qui se passe présentement, à Cité Soleil, est le comble de flétrissure. Ayant, à ce point, failli à sa mission, à l’égard du pays, il n’a pas besoin qu’on lui montre la porte. Faute de l’action, qui s’impose, de sa part, en pareilles circonstances, les citoyens ont l’impérieuse responsabilité de l’éjecter de la primature.

Editorial de Haiti-Observateur : Le dernier carnage à Cité Soleil, le comble de la flétrissure à Ariel Henry
VOL. LII, No. 29 New York: Tel : (718) 812-2820; • Montréal (514) 321-6434; • Port-au-Prince: (011 509) 223-0785 • Paris (33-1)43-63-28-10 20 - 27 juillet 2022

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