« Il est impératif d’éjecter Ariel Henry de la Primature », titre le récent édito d’Haïti-Observateur

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Inacceptable! des membres du gouvernement d’Ariel Henry ont un casier judiciaire.

Le Premier ministre de facto s’applique à orchestrer, encore à l’encontre de la volonté populaire, la constitution référendaire que voulait réaliser Jovenel Moïse. Il faut stopper Ariel Henry qui n’a sa place que dans une clinique médicale.

En Haïti, c’est le monde à l’envers ! Alors que, dans les pays démocratiques, les dirigeants se soucient de plaire à leurs mandants, ceux à qui le peuple haïtien confie la gestion de ses affaires, font de celui-ci son vassal. Une tendance qui donne naissance à des dictateurs et qui s’est manifestée dans toute sa laideur, surtout avec Michel Martelly, poursuivie avec ardeur par son successeur.

New York, vendredi 18 mars 2022 (9rezonodwes.com))–

Arrivé au pouvoir, dans la conjoncture non officielle d’hybridation par intervention étrangère, pour remplacer le défunt président de facto. Ariel Henry exhibe toutes les caractéristiques d’un monarque, ignorant les revendications légitimes des citoyens, il reçoit ses mots d’ordre des pays tuteurs. Dès lors, le peuple haïtien, son vrai patron, doit se donner les moyens de l’éjecter de la Primature.

Voilà déjà plus de trois mois que fonctionne le Cabinet ministériel qu’il a formé, avec, en son sein, des membres dont le comportement laisse à désirer, voire même qui ont un casier judiciaire. Mais ces faits sont passés comme une lettre à la poste. Tous semblent cautionner ce gouvernement dont au moins un de ses membres a eu des démêlés avec la justice; tandis qu’un autre est accusé d’entretenir des relations de proximité, sinon de collaboration, avec les gangs armés.

En effet, à part une poignée de journalistes évoluant au sein des organes de presse en ligne, qui ont monté le sujet en épingle, la quasi-totalité des média dans le courant dominant se taisent à propos d’un criminel aux commandes d’un des ministères régaliens de la République, en l’occurrence, celui de la Justice. On se demande comment donc le Premier ministre de facto, Ariel Henry, a-t-il fait pour blanchir Bertheau (ou Bertho) Dorcé pour le rendre apte à servir le pays en tant que chef du ministère de la Justice? Alors que la transgression qu’il a commise est loin d’être une peccadille imputée à un citoyen quelconque.

Juge de paix, au tribunal de Miragoâne, dont dépend la commune d’Aquin, il était pris en flagrant délit de corruption avec des trafiquants de drogue de cette dernière juridiction, ces derniers lui ayant versé un gros pot de vin en retour d’un verdict favorable à leur cas. Ce scandale lui valut un séjour en prison et entraîna sa décision de changer l’orthographe de son prénom (de Bertheau à Bertho) croyant, de ce fait, enterrer définitivement son passé criminel.

Il semble que cette stratégie de Dorcé ait atteint son objectif, dans la mesure où Dr Henry se laisse tromper par ignorance des faits. Dans ce cas, il aurait péché par négligence ou bien par manquement au devoir. Ou encore par omission volontaire, négligeant de soumettre ce candidat, à cette haute fonction, à l’enquête de sécurité, généralement requise.

Quand bien même il aurait omis d’ effectuer la nomination de Bertho (Bertheau) au ministère de la Justice, dans les conditions régulières, parce que mal informé de son passé, le Premier ministre de facto devrait traiter autrement le dossier, suite à la lettre du 14 janvier adressée à celui-là par Me Levelt Milord, dont copie a été adressée au Dr Henry. Ce paragraphe extrait de ce document devrait, tout au moins, imposer une enquête : « (…) votre passé éclair dans le système judiciaire, comme juge de paix suppléant de Miragoâne, soldé de votre arrestation suivie de votre emprisonnement en 1997 pour trafic de drogue, puis votre enrichissement illicite témoignent avec éloquence et vérité que Me Levelt MILORD et vous ne font vraiment pas partie de même équipe; vu que l’un est du lot de ceux qui luttent et travaillent avec assiduité pour réussir professionnellement et dans la dignité. Cependant, l’autre est de ceux qui croient que même les mauvaises routes ne sont pas à éviter pourvu qu’elles conduisent à Rome ».

Cela vaut aussi pour Listz Quittel, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, diversement dénoncé d’avoir participé au kidnapping du pasteur Jean-Pierre Ferrer Michel, titulaire de l’église « Jesus Center », avec deux membres de cette institution: l’homme d’affaires Norman Wiener et Isabelle De vendegis. Si ces derniers ont été libérés, en moins d’une semaine, moyennant rançon, dont les montants n’ont jamais été divulgués, M. Michel, quant à lui, n’avait recouvré sa liberté qu’après que sa famille eut versé une forte somme d’argent en plusieurs versements.

L’association du nom du ministre Quittel à ce crime n’a pas l’air de concerner le Premier ministre de facto. Sa défense qu’il a faite, lors d’une intervention à la radio, à Port-au-Prince, laisse les auditeurs sur leur faim, M. Quittel n’ayant fourni le moindre détail susceptible de le disculper des accusations portées contre lui. Le ministre de l’Intérieur a tourné carrément la page sur ce dossier, continuant à mener les affaires à ce département comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes.

Quant à Ariel Henry, à qui incombe la responsabilité de répondre des actes des membres de son administration, de s’assurer de la bonne gestion de toutes les institutions, en sus de leur intégrité professionnelle et administrative, il s’est enfoncé dans le silence, à ce sujet. Dans tout pays sous l’empire de la démocratie, le chef du gouvernement se verrait dans l’obligation de prendre des mesures de redressement immédiates. Non seulement il devrait présenter des excuses publiques à la nation pour son mauvais jugement de caractère et d’intégrité, y compris absence d’ évaluation objective et complète de chaque candidat appelé à faire partie du ministère, au moins un replâtrage du Cabinet devrait être à l’ordre du jour.

À côté de ces dérives, Ariel Henry se rend coupable, à l’instar de son chef défunt, de ses promesses non tenues et de son refus de donner suite aux revendications du peuple haïtien faites par le truchement des partis, d’organisations politiques et de la société civile. Il s’applique, de préférence, à exécuter les programmes de son patron d’outre-tombe.

Certes, depuis qu’il a été placé à la tête de la primature, par les ambassades étrangères, à Port-au-Prince alignées sur Washington, le neurochirurgien se bat bec et ongle pour perpétuer la mémoire de Jovenel Moïse et à donner satisfaction aux décisions prises à l’étranger. À cet égard, de retour de Chili, diman che dernier, il a annoncé sa décision de former le Conseil électoral provisoire (CEP), en vue d’organiser des élections générales, cette année, tel que demandé, par l’Internationale, de manière récurrente, surtout par Washington. Autrement, le Premier ministre de facto s’applique à orchestrer, encore à l’encontre de la volonté populaire, la constitution référendaire que voulait réaliser Jovenel Moïse.

D’autre part, Ariel Henry ignore totalement ses obligations constitutionnelles et administratives, voulant faire à sa guise pour combler les vacances, à la Cour de cassation, tout en s’auto-octroyant le titre de président de la République, de son seul et unique gré.

C’est bien dommage pour Haïti que l’équipe de compatriotes formant le Secteur démocratique et populaire (l’avocat André Michel, l’ex-sénateur Nènèl Cassy, l’ancienne ministre de la Condition féminine, Marjorie Michel, ainsi qu’Ulrick Saint-Cyr) ait omis de soulever des objections concernant la présence de ses deux intrus dans le Cabinet ministériel. Faut-il croire que les intérêts politiques du SDP imposent le silence de ces militants, dans ce cas ? Ou bien ces derniers sont-ils liés à Ariel Henry par les accords que le Premier ministre de facto a conclus avec les frères Deeb relatifs aux avantages dont ces hommes d’affaires jouissent à la Douane, par le truchement de ces derniers, au détriment des intérêts de l’État?

Au bout du compte, qu’importe les motifs évoqués par le CORE Groupe des diplomates occidentaux à Port-au-Prince et le Département d’État pour continuer à supporter le neurochirurgien comme chef à la primature, le peuple haïtien a même trop de raisons de lui signifier sa révocation. Car il est impératif que Dr Ariel Henry retourne à son cabinet de médecin, s’il parvient à se débarrasser des accusations le liant à la conspiration d’assassinat de Jovenel Moïse. Et ceci, toutes affaires cessantes.

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