Haïti – Sport : Des balles meurtrières en des mains prometteuses !
par Carly Dollin
Dans ce contexte décousu, hypertendu, indu où il fait minuit même à midi, les places publiques sont vidées ; les parcs sont désolés ; les rencontres de proximité physiques sont isolées. Longtemps déjà, l’école était devenue un espace schizophrénique; maintenant, la psychose a même envahi la synagogue. Les balles en cuir sont évincées par les balles en métal. Le climax de la déchéance sociétale !
Mineur, majeur, cadet, junior, sénior, le footballer haïtien détient un savoir-faire pédestre légendaire à manier le cuir pour l’apprivoiser en des jonglages, talonnades, dribbles et ailes de pigeon dans une élégance aristocratique. Le talent indigène quasiment inné en cette surface caribéenne au climat captivant n’est plus à démontrer dans le soccer. Mais également, dans les sports sollicitant une dextérité digitale – tennis, pingpong, basketball, volleyball – Haïti possède des avantages comparatifs cyclopéens en hibernation. En plus de sa vertu de vaincre l’oisiveté pour éloigner les jeunes de risques pathogènes et de certaines convoitises criminogènes, le sport favorise la mobilité sociale et le développement endogène.
Mercredi 23 février 2022 ((rezonodwes.com))–
Malheureusement, la myopie aveuglante couplée de la boulimie excessive des vampires politiques actuels qui allaitent l’empire de la médiocratie asphyxiante crève les yeux de l’espoir en cette potentielle planche de salut à saisir par un nombre pléthorique de prodiges sportifs. À l’instar de nos semblables Africains S. Eto’o, M. Essien, P. Vieira, G. Weah, D. Drogba, S. Mané, les talents haïtiens – n’était l’insouciance de cet État moribond qui ne s’attèle à les peaufiner au bercail puis les encadrer à décrocher des contrats internationaux – auraient contribué à tirer le niveau de vie vers une hauteur géante.
Versés dans une philanthropie sincère non voilée en des exploitations humaines, des trafics d’organes ou des désirs sexuels abusifs, après leur succès incontestable dans l’arène sportive torride en Europe, une pléiade d’étoiles africaines œuvrent dans le social. À cœur joie, ces âmes reconnaissantes au grand cœur qui ont brillé à l’extérieur y retournent l’ascenseur en participant activement à l’amélioration des conditions de vie économique et sociale de leurs descendants. Une légion de compatriotes au succès fou seraient disposés et disponibles à emboîter le pas. Mais, cela ne peut être faisable en absence de point d’ancrage institutionnel. C’est là notre principal élément de blocage.
L’entraide intergénérationnelle sabotée par les vices
Stades, écoles et hôpitaux ; les gloires noires ont mouillé leurs maillots à Paris, Juventus, Milan, Barcelone, Madrid, Chelsea et Manchester en contrepartie de contrats de service paraphés à plusieurs millions de dollars. Sentiment de gratitude et de solidarité, ces rudes travailleurs combatifs qui ont vaincu d’énormes préjudices socioéconomiques dont le racisme en ont construit des infrastructures sportives et sanitaires soutenables qui aident à la construction d’un meilleur capital humain au profit des intérêts de la collectivité.
N’était la petitesse cervicale et cardiaque des mesquins et vilains officiels bouchés dans un narcissisme et un égocentrisme cynique, plusieurs Haïtiens en auraient fait autant. Ce ne sont pas de beaux projets de lutte contre la pauvreté que nos stars haïtiennes ne caressent pas ; mais leur implémentation requiert l’approbation des interlocuteurs politiques à différentes échelles. Ceux-ci n’étant pas valables, car étant des racketteurs au lieu d’être des agents facilitateurs du développement, alors l’érection des projets d’intérêt collectif peine à se concrétiser. C’est à maintes reprises que les rackets, les menaces et les commissions concupiscibles exigées par les brasseurs politiques ont dissuadé et boycotté tout désir manifesté par nos étoiles qui brillent au zénith qui voudraient bien encadrer les jeunes au pays natal.
À la découverte des talents du tennis pour les canaliser vers des opportunités internationales, Naomi veut et Naomi peut. À preuve, de concert avec son père, la quadruple championne du Grand Chelem a déjà témoigné son esprit d’entraide en motivant les jeunes à s’investir pour se placer au summum de la pyramide sportive. Elle parraine l’école de son père à Jacmel où les enfants pratiquent régulièrement le beau jeu de la raquette. Naomi envisage également d’ouvrir une académie sportive d’excellence en Haïti. Mais on sait déjà : « Si la politique ne veut pas, le sport ne peut pas ». Si tu veux actionner les moteurs du développement, la stabilité politique est une condition sine qua non. Autant plébisciter des interlocuteurs intègres et compétents. Il faut évincer les débris de la sphère politique.
J’imagine des projets de Basketball et de Volleyball au profit de nos longilignes particulièrement nos géants athlètes de Desdunes. Les professionnels d’origine haïtienne qui ont foulé l’arène compétitive de la NBA – Skal Labissière, Nerlens Noël, Luguentz Dort, Samuel Dalembert, Olden Polynice, Mario Elie – auraient pu servir de mentors pour éveiller nos jeunes talents latents et les orienter vers le cercle vertueux du ballon jaune sphérique.
James Harden y croît ; il a déjà ouvert son cœur pour développer des projets au bénéfice des progénitures de Dessalines. Il manque tout bonnement la volonté de l’État, cloîtré trop longtemps dans un piteux état à cause de la présence d’une bande de gangs et de bandits à sa tête. À ses positions axiales des dirigeants répugnants occupés dans l’invention de narratives pour laver leurs images salies de tous les crimes et tenaces dans les ignobles stratagèmes d’enrichissement illicite, l’État est absent dans les projets soutenables.
À bras ouverts, à bride abattue, de tout cœur ; l’esprit de solidarité exprimé à travers les transferts massifs qui servent à payer le loyer, la scolarité et les services de santé est un exemple notoire qui prouve que l’Haïtien se délecte à partager son succès avec ses compatriotes. C’est l’absence de vision et de leadership des représentants publics indignes qui empêche la concrétisation de projets plus soutenables en des domaines porteurs tels que le sport, la santé et l’éducation. N’était cette option politique aveugle de plébisciter le vagabondage sur le sage pour nous bafouer en des promesses creuses de bananes pourries nourries dans une gymnastique de chronophagie budgétivore, « Bèl devan nou ta ye » !
Quand un pays dispose au cœur de ses institutions des sénateurs entêtés à kidnapper, des ministres assassins, des députés dealers de drogue et des présidents détraqués obstinés à distribuer armes et munitions dans les quartiers défavorisés dans l’objectif malsain de se pérenniser dans la bulle officielle, les résultats ne pouvaient qu’être désastreux. Récolter le naufrage quand tu as clairement semé des graines du vagabondage sauvage, la dialectique n’y voit aucune surprise. À la question de savoir s’il existe une personnalité qui fait imaginer que tous les vices peuvent être incarnés dans un même être, Martelly est la réponse incontestée. Au lendemain du choc sismique, Haïti a bêtisé en avalant la couleuvre venimeuse de l’ingérence étrangère qui a trôné la bêtise à l’hypophyse des axes stratégiques de la république historique. Un tel affront ne doit plus se réitérer.
Jeu politique : Haïti a levé une mauvaise main
La main est l’instrument de la préhension par excellence qui sert à manier des objets aux fins de créations artistiques, stylistiques, esthétiques, dialectiques, scientifiques. Cependant, en absence d’alternatives salvatrices et de visions magnanimes ancrées dans des projets soutenables, la main est susceptible de se transformer en un outil d’appréhension. Imaginez la main de Martin L. King et celle d’Adolph Hitler; et aujourd’hui, la main de Dany et celle de Mawozo, ou la main de Naomi et celle de Martine. L’antinomie est patente !
Il y a des mains dont la vocation est d’aimer, écrire, donner, caresser, sauver. À l’opposé, il y a des mains qui repoussent l’oppressé, qui soufflètent la paix, qui dilapident, galvaudent et exterminent les valeurs. Il revient aux institutions de vigie, notamment à l’État, d’œuvrer à façonner les mains dans le sens de l’imagination, du sauvetage collectif, de la culture de l’empathie, le partage du bonheur, la promotion des valeurs, la création de la richesse et de l’innovation.
Dans le domaine scientifique, artistique et aussi sportif, on y compte des nations qui font des pieds et des mains pour explorer, consolider et améliorer leur capital humain. Parallèlement, une palanquée de pays accusent des retards fulgurants dans l’arène du développement à cause de l’incapacité, sinon la volonté diabolique de dragons politiques détraqués à néantiser leurs propres ressources humaines.
Envahie par une médiocratie rancie qui déploie tapis rouge en l’honneur de l’escroquerie et la barbarie, au cours de la dernière décennie, Haïti a versé dans la manie suicidaire d’enterrer ses propres génies. Des prodiges du pied comme de la main, tués dans l’œuf, l’État répugnant pris en otage par le banditisme féroce ne tend la main qu’à des assassins de grands chemins pour animer le jeu politique malsain. C’est la stratégie la plus efficace pour que la bêtise se renouvelle aux axes stratégiques. Entre temps, une surabondance de Jordan sont devenus vétérans avant dix ans. On y décèle une profusion de Lebron bronchés par des pharaons cyniques, des caméléons politiques et des mauvais Larrons économiques qui nagent – dans la rage de la cleptomanie – dans une opulence pharaonique.
Per fas et nefas, l’imposture condescendante jure de « bambiler » au pouvoir pour un demi-siècle, quitte à ce qu’elle gouverne sur des lézards et des scorpions. Le con descendant de ce clan condescendant, Jaques G. Lafontant peut nous en dire long. Main dans la main, bras dessus bras dessous, la flagornerie intellectuelle se met au service de l’imposture officielle pour dresser un plan macabre d’une matière grise criminelle qui ravage toutes les références lumineuses qui se dressent sur leur passage. Il y a trop longtemps que la main déloyale étrangle la lumière et la justice. Haïti doit changer de main.
Tous, victimes
Tout bouge decrescendo, à l’envers, à contre-sens, de mal en pis. Toutes les institutions sacrées sont délabrées. La jeunesse en pâtit des orteils jusqu’aux cheveux. À la place de balles en cuir, c’est plutôt l’alternative de balles en métal et de manches longues que notre société gangstérisée offre aux jeunes pour occuper leurs mains en vue de gagner leur pain quotidien en des acrobaties périlleuses autodestructrices. Toutes les entités sont dépravées par la faute capitale de laisser trôner de véreux sans-aveu aux positions sacrées de la Cité.
Une kyrielle de Steeve Kerry pourris dans la caverne d’une obscurité psychotique qui prend le loisir en otage, l’Haïti sous l’emprise du PHTK étouffe moult Usain Bolt au ras-le-bol privés d’accès au banc de l’école classique et artistique. Un arsenal de Serena traumatisées dans une sinistre sérénade d’insécurité et de miséréré, les incultes pestiférés de ce cartel politique infâme à qui l’ingérence étrangère a confié les clés stratégiques de la Cité ont dépeint un tableau funeste qui inhibe l’essor culturel de la république historique.
Quasiment tous ces débris de dirigeants cupides ont été pris « les longs doigts » dans le trésor public en des délits et des conflits d’intérêt. Ces racketteurs s’en foutent si Naomi ne peut implémenter des projets nationaux de découverte de talent du jeu exquis de la raquette.
Pendant trop longtemps, la bêtise a fait mainmise sur les clés de la paix sociale et du développement endogène. Nos génies ne sont pas en de bonnes mains. Prêter main forte pour sauver la patrie en péril n’est plus une option, mais une obligation. Pour de meilleurs lendemains favorables à l’exposition des valeurs intrinsèques, la scène politique doit changer de main.
À quand donc ce déclic ? Hier était déjà trop tard ; n’en parlons pas de demain ! Il revient à la dignité et à l’intrépidité de mettre la main à la patte dans une sainte colère pour renverser ce système pervers d’un revers de main. Dans la célérité !
Carly Dollin

