Haiti|Crimes. Radio Ecoute FM confirme l’assassinat des journalistes Wilguens Louissaint et Amady John Wesley par les gangs armés de Laboule

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La presse victime de l’insécurité et de « l’illustration de la mainmise des gangs » opérant en toute impunité à travers le pays, notamment Cité Soleil, La Saline et Martissant.

Deux journalistes de médias en ligne victimes d’une brutale attaque armée des gangs de Laboule. Le responsable du Collectif des médias en ligne (CMEL) confirme l’information relative à l’attaque armée subie par un groupe de journalistes qui partaient, jeudi 6 Janvier, en reportage à Laboule 12. Dans les détails, il informe que trois journalistes, Wilguens Louis-Saint, John Wesley Amadi et Wilmann Vil au retour d’une mission à Fessard, zone contrôlée par le dangereux chef de gang «Ti Makak» ont été attaqués par des hommes lourdement armés dirigés par le redoutable chef de gang de «Toto». 

Jeudi 6 janvier 2022 ((rezonodwes.com))–

Deux journalistes haïtiens ont été assassinés jeudi par un gang en périphérie de la capitale Port-au-Prince, nouvelle illustration du chaos sécuritaire dans lequel est plongé Haïti, englué dans une crise profonde six mois après l’assassinat du président Jovenel Moïse.

Wilguens Louissaint et Amady John Wesley ont été tués lors d’une fusillade dans une zone sous contrôle de bandes armées, a précisé à l’AFP l’employeur du second, Radio Ecoute FM.

De son côté, le responsable du CME, interrogé un peu plus tôt dans la journée par Rezo Nòdwès, a confirmé l’information relative à l’attaque armée subie par un groupe de journalistes qui partaient, jeudi 6 Janvier, en reportage à Laboule 12. Dans les détails, il informe que trois journalistes, Wilguens Louis-Saint, John Wesley Amadi et Wilmann Vil au retour d’une mission à Fessard, zone contrôlée par le dangereux chef de gang «Ti Makak» ont été attaqués par des hommes lourdement armés dirigés par le redoutable chef de gang de «Toto». 

Les bandits ont ouvert le feu sur les trois journalistes et l’un d’entre eux, Wilmann Vil, a réussi à s’échapper, selon les précisions de Reynald Petit-Frère. L’acte criminel semble porter l’empreinte du gang de «Toto» qui s’oppose aux hommes de «Ti Makak».

Haïti est, depuis des mois, sous la coupe réglée de gangs dont l’emprise s’est largement étendue au-delà des quartiers défavorisés de Port-au-Prince.

La zone de Laboule 12, où les trois journalistes s’étaient rendus jeudi, fait l’objet d’intenses combats entre plusieurs bandes armées qui veulent s’en assurer le contrôle.

Le chemin qui la traverse est l’unique voie terrestre alternative pour rejoindre la moitié sud du pays, faute de pouvoir emprunter la route nationale totalement contrôlée, depuis juin, par l’un des plus puissants gangs d’Haïti.

La crise politique endémique dans ce pays pauvre des Caraïbes, encore aggravée par l’assassinat du président Jovenel Moïse il y a six mois, n’a fait que détériorer la situation sécuritaire.

Au moins 950 enlèvements ont été recensés en Haïti en 2021, selon le Centre d’analyse et de recherche en droits humains, organisation basée à Port-au-Prince.

– Impunité –

Sous-équipée face à des groupes criminels disposant d’un arsenal de guerre, la police haïtienne n’a pas organisé d’opérations d’ampleur contre les gangs depuis mars 2021.

Le 12 mars dernier, les forces de l’ordre avaient tenté d’intervenir dans un quartier de la capitale connu pour être utilisé par un gang comme lieu de séquestration de personnes enlevées.

Quatre policiers avaient alors été tués, et leurs corps et du matériel n’avaient jamais pu être récupérés.

L’impunité dont jouissent les membres des gangs révèle également la très grande faiblesse du système judiciaire haïtien, dont les enquêtes n’aboutissent qu’en de très rares occasions.

Emblématique, le cas de l’assassinat, en avril 2000, du plus célèbre journaliste haïtien de l’époque, Jean Dominique, n’a toujours pas été résolu.

En juin 2021, le journaliste Diego Charles a été tué en pleine nuit auprès d’une militante politique d’opposition et de treize autres personnes: les auteurs de la fusillade, au coeur de Port-au-Prince, n’ont pas encore été identifiés par les forces de l’ordre.

Le photojournaliste Vladjimir Legagneur n’est lui jamais revenu d’un reportage en mars 2018 dans le quartier pauvre de Martissant, dans le sud de la capitale, aujourd’hui entièrement contrôlé par les gangs.

La police n’a toujours pas publié les résultats d’un test ADN qu’elle avait annoncé réaliser quelques jours après sa disparition.

Les enquêtes sur deux autres meurtres de journalistes, en juin et en octobre 2019, n’ont pas non plus abouti à ce jour.

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