Le sous-commissariat de Martissant occupé par les bandits

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Des bandits occupent le Sous-Commissariat de Martissant, l’effondrement de la PNH se précise.

Après plus d’un quart de siècle d’existence, la Police nationale d’Haïti (PNH) n’est plus que l’ombre d’elle-même. Des policiers poltrons, prêts à céder aux caprices des bandits, des hors-la-loi ne font que fragiliser l’image de l’institution policière.

Port-au-Prince, lundi 6 décembre 2021 ((rezonodwes.com))–Les bandits de Grand-Ravine renforcés par des criminels de Village-de-Dieu exultaient de joie après avoir pris possession, lundi, du bâtiment logeant le Sous-commissariat de Martissant. Cependant, l’occupation de cet espace par les bandits de l’entrée Sud de Port-au-Prince était une question de temps, autant que la hiérarchie policière tâtonnait dans la gestion du site.

Un bâtiment totalement délaissé, où des policiers craignant pour leur vie renoncent à manifester leur présence en limitant leur déplacement dans le quartier de Martissant en raison du pourrissement de la situation sécuritaire, ont commenté des citoyens, lundi en réaction aux scènes regrettables d’individus armés faisant irruption dans cette installation policière.

Les dernières attaques armées contre le Sous-Commissariat ont contraint le haut-commandement de la PNH à « réviser » sa stratégie. Des véhicules blindés ont été déployés devant l’immeuble, une présence plus ou moins soutenue a été observée durant les dernières semaines dans le périmètre voisin, sans pour autant définir un plan durable pour affirmer l’autorité policière à Martissant.

Les policiers retranchés dans des blindés se contentaient de patrouiller l’environnement limitrophe du Sous-Commissariat sans tenter de mettre en déroute les civils armés. Les policiers ne sont plus en confiance, les bandits pensent pouvoir les défier en poursuivant leur forfait sur la population, déplorent des résidents de l’entrée Sud de la capitale.  Dans le même temps la population civile galère dans sa quête de paix et de sérénité.

La problématique de la prolifération des gangs à Port-au-Prince et ailleurs marque un tournant dangereux pour l’équilibre de la paix et de la tranquillité. Les événements du 12 septembre 2021 au cours desquels une opération policière a tourné au drame semble avoir contribué à saper les bases de la force civile. L’échec cuisant de cette intervention a coûté cher à la PNH jusqu’à provoquer un tsunami interne affectant sa survie. Des policiers ont abandonné le corps, d’autres se sont montrés de plus en plus démotivés et abattus. 

Le moral de certains de nos policiers se retrouvait au plus bas du caniveau et les changements en cascade opérées dans la chaîne de commandement n’ont pu suivre le rythme des attentes placées.

Au regard de ces considérations, des spécialistes s’accordent à dire que l’institution policière fondée pour protéger et servir ne surfe que sur du sable mouvant.

Hervé Noël
vevenoel@gmail.com

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