Flashback|Carence de riz dans l’Artibonite. La politique de libre-échange imposée à Haiti, était une « erreur » admet le président Clinton, le 22 mars 2010, devant le sénat américain

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Le Président Bill Clinton n’a pas seulement imposé une politique de libre-échange en Haiti, il est également reproché d’avoir imposé un ignare et immoral comme Michel Martelly au Palais National qui se prend aujourd’hui pour un monsieur important dans un pays nageant dans la marre et la crasse où tout vient à manquer, au point qu’un intellectuel de belle eau comme Ariel Henry et des alliés SDP-Fusion, les diplomates à Washington… sont fortement soupçonnés d’être des valets à ses services pour vendre bientôt des élections orientées et truquées.

Samedi 4 décembre 2021 ((rezonodwes.com))–En septembre 1992, à peine un an après le sanglant coup d’État du 29 septembre 1991, American Rice Inc. a négocié un contrat de neuf ans avec le gouvernement haïtien de facto du Général Raoul Cedras, pour importer du riz américain sous l’égide de sa nouvelle société Rice Corporation of Haiti. American Rice Inc qui est une filiale d’Erly Industries, une puissante entreprise agroalimentaire internationale, détient une position quasi monopolistique sur le marché du riz en Haïti.

Le 22 mars 2010, il y a un peu plus de onze ans, l’ancien président des Etats-Unis, le démocrate Bill Clinton s’est présenté devant la commission des affaires étrangères du Sénat américain et s’est excusé d’avoir imposé le libre-échange à Haïti durant son premier mandat. M. Clinton a reconnu qu’il s’agissait d’une « erreur« , car sa politique a contribué à affaiblir la capacité du peuple haïtien à produire du riz pour nourrir sa population. Et aujourd’hui, un besoin criant se fait sentir.

Lors de sa comparution devant le Sénat, le président Clinton, très apprécié du peuple américain durant ses deux mandats, a reconnu sa culpabilité dans l’imposition de mesures qui, loin de contribuer à l’augmentation de la production agricole d’Haïti, ont encouragé sa disparition totale et presque définitive.

« J’ai dû vivre chaque jour avec les conséquences de la perte de la capacité à produire une récolte de riz en Haïti pour nourrir ces gens parce que c’est moi qui l’ai fait, personne d’autre« , a déclaré le président.

Pour l’analyste et professeur universitaire Luis Ventura dans son ouvrage intitulé “En un pueblo indolente y servil, autoridades indolentes y serviles”, c’est probablement une mauvaise conscience ou, ce serait une manière de compenser les dommages causés pendant son administration. Le résultat de tout cela est que, comme le souligne à juste titre Ventura, « Haïti est rapidement devenu, et reste aujourd’hui, le cinquième marché d’exportation du riz américain« .

En d’autres termes, l’accord de libre-échange imposé à Haïti, sous la présidence de Bill Clinton, le bienfaiteur de Michel Martelly, le parrain de Jovenel Moise, selon certaines confidences révélées au grand jour, a enterré l’un de ses rares moyens de subsistance et de production, ce qui a engendré une famine et une situation de crise et d’exode rural ayant essentiellement porté préjudice à la République dominicaine et plusieurs pays de l’Amérique latine.

Ce fait sans précédent a fini par détruire notre base productive en éliminant la protection du riz dans l’Artibonite et dont M. Clinton lui-même a reconnu qu’il s’agissait d’une grave erreur, est une raison plus que suffisante de chercher à comprendre le démarrage de la caravane de Jovenel Moise, en mai 2017, dans l’ Artibonite où de centaines de milliers d’emplois agricoles ont disparu.

Le 29 novembre 1987, n’était-ce pas le massacre de la Ruelle Vaillant, allait redonner l’espoir à l’homme haïtien. Cette date devrait nous permettre d’avoir de dirigeants à la hauteur de leur mission en mesure de savoir que la sécurité, la protection de l’emploi et la souveraineté alimentaire ne sont pas négociables. Des dirigeants sans vision, sans programme, des macahn’n peyi – nous en avons encore aujourd’hui (jovenelistes et martellystes et alliés) – ne sont toujours pas prêts de se conformer à certains accords de libre-échange qui nuiront encore à l’intérêt national.

C’est dans les moments difficiles que sont mis à l’épreuve le courage des hommes et la grandeur des administrations qui ont une véritable vocation de service. Les grands défis s’accompagnent de grandes opportunités ; espérons qu’à la croisée des chemins que ceux qui viendront réellement diriger plus tard les affaires publiques de ce pays le comprennent. Après tout, c’est non seulement leur avenir politique mais aussi le sort du pays qui dépend de leur expertise et de leurs décisions.

cba

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