Marie-Claude Dorcé :  »Il est marrant André Michel »

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Mercredi 1er décembre 2021 ((rezonodwes.com))–

Pour rendre hommage aux victimes du massacre et de la répression orchestrés par les duvaliéristes, les tontons et tata macoutes, le 29 novembre 1987, contre des électeurs et électrices se rendant aux urnes, pour la première fois, depuis les 29 ans (1957-1986) de verrouillage du système électoral, par le pouvoir sanguinaire, totalitaire des Duvalier père et fils, « l’avocat du peuple » est parti, lundi, avec une délégation, déposer une gerbe de fleurs sur l’un des lieux emblématiques du massacre, la ruelle Vaillant, tout en continuant à tenir un discours d’opposant, ciblant les Martellystes et les Jovenellistes du PHTK.

Il en a même profité pour annoncer la construction prochaine d’un mausolée, qui serait à l’initiative de son mouvement politique (SDP), aujourd’hui représenté dans un gouvernement (appréciez l’embrouille !) à dominante PHTKiste. Soulignons que le PM de facto, Ariel Henry s’est, lui aussi, rendu, au nom de son gouvernement, à la ruelle Vaillant, déposer sa gerbe de fleurs en mémoire des victimes.

Alors, ce soir, je pose la question suivante : qu’est-ce que André Michel n’a pas encore compris dans la notion de « faire coalition » ? Dans le fait d’intégrer un gouvernement de coalition, même de facto, même illégitime ? S’il ne se sent déjà plus à l’aise avec ses adversaires d’hier dans ce gouvernement, il n’a qu’à partir. Mais, s’il décide d’y rester, il va falloir qu’il la ferme un peu, non ?

Une occasion, en effet, de rappeler ce que disait, déjà, avec justesse, en 1983, l’ancien ministre d’Etat, français et socialiste, Jean-Pierre Chevènement, au moment où il devait remettre sa lettre de démission à François Mitterand, après que ce dernier a décidé d’opérer son « tournant de la rigueur », tournant néolibéral, deux ans seulement, après le grand espoir qu’avait soulevé, chez une bonne partie de l’électorat de gauche, le retour de la gauche (socialiste et communiste) au pouvoir :

« Un ministre, ça ferme sa gueule. Si ça veut l’ouvrir, ça démissionne », disait-il. Ce qui, je crois, est tout aussi valable pour le parti, mouvement politique, celles et ceux, qui l’ont envoyé au gouvernement. Comme c’est le cas ici d’André Michel et de ses autres camarades dont le mouvement SDP occupe, en la personne de Ricard Pierre, le portefeuille du ministère de la Planification et de la Coopération Externe (MPCE).

Et donc, André Michel et ses camarades doivent la boucler ! C’est-à-dire qu’ils ne peuvent pas être à la fois dedans et dehors. Dans la rue et dans le gouvernement. André et ses camarades ne peuvent pas nous dire aujourd’hui qu’ils sont juste…un peu enceintes. On l’est ou on ne l’est pas.

Et si, eux, le sont vraiment, tout ce qui leur reste à faire, c’est de soutenir l’action du gouvernement ! Le b.a.-BA du principe même du gouvernement représentatif. De coalition ou pas. Car, c’est l’action de celui-ci dans son ensemble, même de facto, même dénué de toute légitimité démocratique, qui va, désormais, intéresser celles et ceux qui observent l’actualité politique, et non pas les initiatives de chacun des mouvements politiques qui le composent.

Ce qui, du reste, facilitera la tâche à tout le monde. Puisqu’il est très important que la nouvelle opposition sociale et politique qui est en train de se reformer dans la rue ou ailleurs (selon le jeu démocratique), sache très clairement contre qui et surtout contre quoi elle va devoir se battre dans les jours à venir.

Marie-Claude Dorcé
Militante de l’OPL ( mais ce texte n’engage que moi!)

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