Insécurité : Pétion-Ville risque de devenir le nouveau Martissant, prévient Jean Rebel Dorcéna

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Dans moins de 6 mois, si rien n’est fait, la violence armée gagnera d’autres territoires et la commune de Pétion-Ville aura fort à faire pour combattre la prolifération des poches de gangs, les conflits armés, prévoit Jean Rébel Dorcéna, membre de la Commission de désarmement, de démantèlement et de réinsertion (CNDDR).

Mardi 30 novembre 2021 ((rezonodwes.com))–

Toutes les conditions sont réunies pour que la zone métropolitaine de Port-au-Prince bascule dans un cycle de violence armée indescriptible, prévient le porte-parole de la CNDDR. Jean Rebel Dorcéna qui intervenait, lundi, sur les ondes de Radio Métropole, révèle qu’aucune zone, qu’aucun quartier n’est à l’abri des scénarios d’affrontements armés similaires à ce que vit actuellement Martissant.

«La commune de Pétion-Ville est un «Martissant qui sommeille». Dans 6 mois, si rien n’est fait, l’insécurité atteindra un niveau inimaginable», a-t-il prédit.

Des groupes armés sont en nette mutation, des caïds sont à la recherche de territoires vierges pour asseoir leur suprématie et institutionnaliser la violence, analyse le commissaire. Le cœur de Pétion-Ville comme ses bidonvilles sont encerclés par des gangs. Leurs caïds analysent le terrain, étudient les enjeux, leurs implications avant de se jeter dans le grand bain.

Des bandits sont établis dans des quartiers précaires, d’autres côtoient des villages plus ou moins huppés afin d’évaluer le terrain, souligne Dorcéna.

Il est annoncé que si tous les pronostics suivent des résidents chercheront à fuir leur domicile pour s’échapper à la violence. Le tableau de citoyens atteints de balles perdues ou de cadavres dévorés en pleine rue par des chiens errants sont à envisager.  

Le déplacement des gangs s’explique par le fait que l’État haïtien, cette entité amorphe, a cédé du terrain aux gangs armés. Aucune décision pour anticiper l’expansion des groupes armés n’a été entreprise, déplore le porte-parole de la CNDDR. Aujourd’hui, on va devoir boire le  calice jusqu’à la lie et les perspectives sont de plus en plus compromettantes.

Le temps de réagir sera peut-être trop tard car la plaie s’est déjà répandue dans le corps en putréfaction. Du train que ça va, rien ne peut augurer une amélioration du climat sécuritaire sans une volonté politique. 

Le trafic d’armes à feu et la vente illégale de munitions alimentent le grand banditisme et l’insécurité. Les 11 familles concernées par la vente illégale d’armes à feu, connues de tous, sont protégées par un système puissant.

Hervé Noëlvevenoel@gmail.com

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