La jungle de Darien, forêt située entre la Colombie et le Panama, le nœud cordien d’une longue aventure entamée par 91 000 migrants incluant des Haïtiens, vers les Etats-Unis

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OIM : le problème des migrants dans le Darien Gap est compliqué

Lundi 8 novembre 2021 ((rezonodwes.com))–L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations Unies a demandé lundi à Panama que des itinéraires plus sécurisés soient empruntés par les milliers de migrants, principalement des Haïtiens, qui se déplacent du sud au nord de l’Amérique latine pour un voyage périlleux vers les États-Unis.

L’appel a été lancé par les directeurs adjoints de l’OIM, Ugochi Daniels et Amy Pope, qui sont au Panama pour visiter les abris publics pour les migrants qui marchent quotidiennement pendant au moins cinq jours à travers la dangereuse jungle de Darien depuis la Colombie.

« Il est très important de comprendre que le problème des migrants dans le Darien Gap est compliqué, il n’y a pas de solution en un clic« , a déclaré à l’AFP M. Daniels, directeur général adjoint des opérations.

Plus de 91 000 migrants ont traversé en 2021 la forêt vierge de 575 000 hectares en 2021, selon le service de migration du Panama, un chiffre équivalent au total des cinq années précédentes.

Les autorités panaméennes estiment que d’ici la fin de l’année, ce chiffre atteindra 150 000. En cours de route, les migrants sont exposés aux fortes pluies, aux températures élevées, aux morsures d’animaux et au crime organisé.

Tout en s’efforçant de résoudre les problèmes à long terme, M. Daniels a déclaré qu’il était nécessaire d’offrir à ceux qui arrivent « une assistance humanitaire, un accès aux services de santé, un accès à la protection, car ils ont traversé un long voyage très risqué ».

En entrant au Panama par la Colombie, les migrants arrivent dans la ville de Bajo Chiquito, dans la province de Darién. Ils y passent la nuit en utilisant leurs propres ressources avant de prendre un radeau pour rejoindre le premier abri public de la région. Daniels a appelé à soutenir « les communautés d’accueil ».

Il a ajouté qu’à moyen terme, « nous avons discuté d’une migration plus contrôlée à la frontière avec la Colombie, à l’instar de ce qui existe entre le Panama et le Costa Rica ».

Depuis août, la Colombie et le Panama se sont mis d’accord sur le passage quotidien d’un maximum de 600 migrants. Toutefois, l’idée à long terme est de rechercher « des itinéraires plus conventionnels, afin que les migrants n’aient pas à se mettre en danger », a-t-il ajouté.

Le Panama est l’un des rares pays de la région à offrir un abri et un transit gratuits aux migrants, principalement des Haïtiens, qui rêvent de rejoindre les États-Unis à la recherche de meilleures conditions économiques. La plupart d’entre eux viennent de pays comme le Chili ou le Brésil, où ils ont séjourné ces dernières années mais se sont retrouvés au chômage pendant la pandémie.

« Ce n’est pas seulement un problème panaméen, c’est un problème régional, et il faudra donc que les gouvernements de la région travaillent ensemble », a a enfin révélé M. Daniels.

Il est à noter qu’une délégation de l’OIM se rendra également en Colombie et au Mexique cette semaine.

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