Climat : il y a un risque sérieux que la COP26 de l’ONU ne tienne pas ses promesses, avoue Guterres

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Press Conference by the Secretary-General on the occasion of the Seventy-second Session of the General Assembly

Il existe un « risque sérieux » que la Conférence des Nations Unies sur le climat (COP26), qui débute dimanche à Glasgow, en Écosse, n’aboutisse pas au résultat souhaité, a déclaré vendredi le chef de l’ONU à des journalistes à Rome, juste avant un Sommet du G20, qui regroupe les principales puissances économiques.

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a averti que les contributions déterminées au niveau national (CDN), engagements officiels des gouvernements en faveur d’actions climatiques, condamnent toujours le monde à une augmentation « catastrophique » du réchauffement climatique de 2,7 degrés Celsius.

« Même si les engagements récents étaient clairs et crédibles, et il y a de sérieuses questions à propos de certains d’entre eux, nous nous dirigeons toujours vers une catastrophe climatique », a-t-il déclaré.

Plus d’ambition et davantage d’action nécessaires

Dans le meilleur des cas, les températures dépasseront largement les deux degrés Celsius, ce que M. Guterres a qualifié de « catastrophe ». « Si nous voulons un vrai succès… nous avons besoin de plus d’ambition et de plus d’action », a-t-il déclaré.

Cela ne sera possible qu’avec une « mobilisation massive » de la volonté politique et cela demande de la confiance, a-t-il dit. Mais cette confiance fait défaut, a-t-il ajouté.

Le chef de l’ONU a déclaré qu’il existait « des niveaux dangereux de méfiance » au sein du G20, et entre les pays développés et les pays en développement, y compris les économies émergentes.

« L’objectif le plus important de ce Sommet du G20 doit être de rétablir la confiance en s’attaquant aux principales sources de cette méfiance, qui est enracinée dans les injustices, les inégalités et les clivages géopolitiques », a-t-il souligné.

Combler le déficit de confiance

Le Secrétaire général a appelé le G20 à prendre des mesures décisives pour « combler le déficit de confiance », à commencer par l’inégalité en matière de vaccins.

En raison des divisions, il a déclaré qu’un plan de vaccination contre la Covid-19 dirigé par le G20 ne s’était jamais concrétisé car « une action coordonnée au niveau mondial est passée au second plan », face à la thésaurisation des vaccins et au nationalisme.

Il a appuyé l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et sa nouvelle stratégie mondiale de vaccination contre la Covid-19 qui a pour objectif de faire vacciner 40% des personnes dans tous les pays d’ici la fin de l’année et 70% d’ici la mi-2022.

« J’exhorte les pays du G20 à soutenir pleinement cette stratégie et à coordonner leurs actions pour réussir », a dit le Secrétaire général. « C’est le seul moyen de mettre fin à la pandémie pour tout le monde, partout ».

Amplification des inégalités

Alors que les économies avancées investissent près de 28% de leur produit intérieur brut dans la reprise économique post pandémie, les pays à revenu intermédiaire ne peuvent consacrer que 6,5% de leur PIB et les États les moins avancés, moins de 2%, une grande disparité qui, selon M. Guterres, s’ajoute au déficit de confiance.

Qualifiant cela d’« immoral », il a observé que « la reprise amplifie les inégalités ».

Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit qu’au cours des cinq prochaines années la croissance économique cumulée par habitant en Afrique subsaharienne sera inférieure de 75% à celle du reste du monde.

« Les pays ne devraient pas être obligés de choisir entre le service de leur dette ou le service de leur population », a déclaré le chef de l’ONU, exhortant le G20 à prolonger à l’année prochaine l’initiative de suspension du service de la dette et à la mettre à la disposition de tous les pays vulnérables et à revenu intermédiaire très endettés qui le demandent.

Ambition climatique

La confiance est également minée par un manque d’action climatique, a soutenu M. Guterres, appelant à une plus grande ambition en matière d’atténuation pour amener le monde sur une voie crédible du réchauffement à 1,5 degré Celsius – un objectif que la science maintient comme le seul avenir durable pour la planète.

Cela nécessite une action concrète dès maintenant pour réduire les émissions mondiales de gaz à effet de sere de 45% d’ici 2030, a déclaré le Secrétaire général, notant qu’étant donné qu’ils représentent environ 80% des émissions, les pays du G20 doivent assumer la responsabilité de maintenir l’objectif de 1,5 degré en vie.

Cependant, les économies émergentes doivent également « faire un effort supplémentaire » pour parvenir à des réductions d’émissions mondiales efficaces au cours de cette décennie, a-t-il affirmé.

« Il nous faut un maximum d’ambition, de tous les pays sur tous les fronts », selon M. Guterres. « L’ambition d’adaptation signifie que les donateurs… allouent au moins la moitié de leur financement climatique à l’adaptation et à la résilience ».

L’ambition du financement climatique comprend le respect de l’engagement de fournir 100 milliards de dollars chaque année aux pays en développement.

« Sur tous nos objectifs climatiques, nous avons des kilomètres à parcourir. Et il faut accélérer le rythme. Les scientifiques sont clairs sur les faits. Les dirigeants doivent être aussi clairs dans leurs actions », a déclaré M. Guterres.

Selon lui, la COP26 à Glasgow peut être « un tournant vers un monde plus sûr et plus vert ». « Il n’est pas trop tard. Mais nous devons agir maintenant », a-t-il conclu.

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