Vendredi 24 septembre 2021 ((rezonodwes.com))–
Aux gens du Grand Sud,
Il m’est impossible d’exprimer ma déception de voir à quelle vitesse le sentiment d’urgence qui a éveillé notre humanisme ce 14 août 2021 s’est estompé. Ma déception est encore plus grande de voir à quel point votre situation n’est plus sur l’agenda des stations de radio et de télévision du pays. Au moment où je vous écris, des milliers de vous sont encore affamés, sans abri et en danger constant alors que les aides locales et internationales cessent d’y afflouer.
Il faudra probablement la prochaine catastrophe à couverture naturelle pour qu’elles reviennent. Je crois toujours que les effets du tremblement de terre féroce qui a ravagé vos villes sont toujours horriblement clairs, les dégâts toujours colossaux, les dévastations absolues et les besoins de soutien prévalent encore et toujours. Vous tous avez été touchés par les discours émouvants du monde entier déplorant l’absence d’action gouvernementale au niveau climatique ; une absence d’action qui vous transforme en cobayes pour les désastres dits naturels. Je ne pense pas que les beaux mots destinés à vous donner de la chair de poule soient synonymes avec l’horreur à laquelle vous faites face tous les jours.
Le feu n’a pas valu la chandelle. Les têtes d’affiche que vous avez occupées aux devantures des micros et des caméras des journalistes haïtiens et étrangers n’ont pas amélioré votre sort. Les différentes cargaisons de produits de première nécessité n’ont pas rempli vos gueules. Les cliniques mobiles et les distributions de médicaments sans continuité produisent peu d’effets sur votre santé mentale.
A chaque seconde, vous êtes plus affamés et plus malades. Vous continuez à rêver sous les tentes et dans les camps de fortunes. Vous êtes encore en danger ; pas par faute ni par manque d’interventions, mais par les excès de concentration des humanistes à utiliser votre misère pour des photo-ops et des droits de se vanter qu’ils étaient là. Ils bombent leur cœur de satisfaction qu’ils ont accompli quelque chose. Ils n’ont mis qu’un pansement sur votre plaie. Ils vous laissent toujours en danger et ils attendent la prochaine crise sociale pour intervenir à nouveau avec la même vigueur mais encore sans rigueur.
Ils vous oublient et ils se souviendront de vous, lorsque vous serez frappés d’un autre désastre qui peut être naturel. Vous souvenez-vous de Matthew? Sûrement, vous vous en souvenez, car vous sentez ses répercussions aujourd’hui encore comme si c’était ce matin. Se souviennent-ils de la peur collective que vous avez éprouvée ce jour-là ? Nul besoin de les demander, car ils oublient déjà la mort qui vous a effleurés 20 jours de cela.
Le travail est très loin d’être accompli, car l’urgence demeure tant que vous n’avez pas l’aide intellectuelle avec une stratégique nécessaire pour vous équiper à faire face aux prochains dangers qui n’attendent qu’un moindre soupçon de brise et qu’un accent d’urine de grenouille pour finir avec le peu de ce qui reste de votre résilience.
Aussi vrai que je n’aie rien à vous offrir, je sais que vous souffrez. Ce serait de l’hypocrisie que je vous dise que je sais ce que vous ressentez. Votre peine a été unique, personne n’a jamais souffert de ce dont vous souffrez depuis belle lurette. Je vous prie de contacter quelques-unes des organisations dites humanitaires qui ont volé à votre secours le jour de votre deuil. J’assume que votre conseil communal ou votre équipe de protection civile a dressé une liste de ces organisations pendant qu’elles s’installassent sous vos décombres. Si non, contactez-moi, je vous mettrai en contact avec quelques-unes. Dites-les que vous ne voulez plus avoir des interventions photos-ops, réactives, ou flibustières, mais proactives, planifiées et qui vous arment avec des atouts indispensables pour vous préparer pour les prochaines urgences.
Exigez-les d’intervenir à nouveau, mais cette fois, pour évaluer l’architecture de risques et dangers qui vous rendent si précaires aux désastres naturels. Alignés à ces dangers, exhortez-les d’élaborer des stratégies de formation et d’efforts en secourisme, recouvrement et relèvements de personnel en cas de catastrophes. Ainsi, vous seriez autosuffisant ou en mesure de vous aider vous-mêmes et votre communauté quand la pire frappe.
Je salue votre courage. Il n’y aura jamais assez d’aides humanitaires pour résoudre vos problèmes économiques et sanitaires. Définitivement, il devrait déjà exister un plan d’intervention coordonné pour de meilleures distributions d’aides humanitaires, de renforcement de vos capacités de réactions et de réponse aux urgences et désastres.
Tenez fort et que Dieu vous donne la sérénité de changer ce que vous pouvez et de ne plus accepter de vivre sans un programme de sécurité publique, de protection et de promotion Sociales et même sans un cadre de Sauvegardes Environnementales et Sociales. Je sais que vous souffrez. Il faut l’intervention de nous tous pour que vous sortissiez de ce labyrinthe.
Pendant cette souffrance terrible que vous éprouvez et en attendant que l’Etat intervienne adéquatement pour vous protéger contre le prochain enfer, je vous prie d’agréer mes sentiments les plus sincères.
Dr. Bobb Rousseau
Votre frère, votre cousin, votre ami
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