Carnaval : Martelly met au rancart maire, comité et président de la république!

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1902
par Claudy Brien Auguste (cba)
DOUBLE « CARNAVAL NATIONAL » POST-OURAGAN. Martelly a brillé par ses insanités aux Cayes

Un ex-président débitant des sottises le jour même où les Dominicains fêtent de façon spectaculaire leur 173e anniversaire d’indépendance arrachée d’ Haïti, aux salves d’artillerie. Sommes-nous animés d’un sentiment de honte ? Est-ce cette démesure affichée par Martelly l’addition de nos progrès en 213 années comme pays indépendant ?

Les Cayes, mercredi 1 mars 2017 ((


hl=fr&q=http://rezonodwes.com&source=gmail&ust=1488476213871000&usg=AFQjCNH6tg-3WM0GLDIf9N0CW92GHQZfkA »>rezonodwes.com
)).- Si « le carnaval n’est pas du goût des sinistrés de l’ouragan Matthew », comme l’a titré, pour critiquer notre situation, le journal français, Le Parisien, dans son édition du 26 février 2017, pour les Haïtiens en général, tout au moins, ce qui reste de cette majorité silencieuse, avec l’organisation de deux festivités carnavalesques parallèles, nous venons de prouver au monde notre incapacité à gérer le peu que nous ayons, après plus de 200 ans d’Indépendance. Notre destin de peuple est à l’abandon général, au gré des caprices des chefs de bande et de bandits de grand chemin. Car une seule chose nous préoccupe, compte et a toujours compté pour nous, « banbòch, plézi gaye, grennen bétiz devan dèyè“, sans même tenir compte des mineurs qui sont à l’écoute.

Ajoutées à ce cocktail de déplaisir, la corruption au plus haut ni veau de l’administration publique et l’impunité qui sont devenues la marque déposée de nos hommes d’État. Si une gouttelette de sang du « sentiment d’ avoir honte» circulait encore dans nos veines, hochons-nous la tête sur les réalisations de nos  voisins, les Dominicains, qui venaient tout juste de célébrer, lundi 27 février 2017, le 173e anniversaire d’une Indépendance arrachée de nos mains, qui sont aujourd’hui liées et complices de notre malheur. Et c’est précisément en ce jour qu’un ancien-président d’ Haïti a choisi de faire toute la différence en prenant pour cibles ses propres concitoyens de la cité dont il fut un temps, par accident de l’histoire, le dirigeant.

Au deuxième « Jour Gras » d’un carnaval non-rentable pour le trésor public, et qui a déjà coûté très cher aux contribuables haïtiens vivant dans un pays à maigres ressources, Michel Martelly a donné toute la mesure de ses capacités à vendre l’image d’ Haïti, à sa façon, aux nombreux visiteurs venus dans la métropole du Sud pour l’occasion. En effet, toutes les conditions sont réunies pour que l’ex-président dont on ne sait pas à quel liquide il a goûté, a vomis son venin devant les caméras d’une télévision acquise à la cause du PHTK, synonyme d’amateurisme.




Au Parlement, tout comme au Palais national, pour un homme parti de rien en politique, sans connaissance aucune de la gestion des affaires de l’ État (effondré par la suite), il a posé des pions cramponnés à la rampe de la bassesse et à l’aveuglette. En d’autres termes, Martelly se croit encore être le « maître d’ Haïti » et que tout est permis. Mais pour combien de temps encore ! Aussi longtemps, dirions-nous, que l’ Haïtien refuse de prendre conscience de son état. La vulgarité qu’il est allé, lundi soir, dénicher dans l’étroitesse de ses vues d’ensemble d’une société en déconfiture, pensa-t-il, ne sera pas sans incidence sur ses sujets.

Martelly, au sommet de sa gloire, a frôlé la classe pour réviser et appliquer les bonnes notions apprises.

Michel Martelly, qu’on pourrait placer dans la catégorie des «ka pèdi, pouri…», grâce à une position qu’il n’aurait jamais dû occuper, nonobstant les buts avoués et inavouables de Hillary Clin ton, qui l’avait remis en selle, (en passant de la 3e à la 1ère place) a dîné avec les grands du monde, sablé le champagne en fin de repas avec des leaders du monde. Il a promené les pieds, d’habitude nus sur le sable en jupette, au Bureau Ovale de la Maison-Blanche. Il a côtoyé les sujets de la Cour royale d’Angleterre où s’ était réfugiée l’unique reine du Royaume du Nord d’ Haïti, en 1820. Il a visité la misérable cellule de Toussaint Louverture, au Fort-de-Joux, mort sans jugement, dans le pays des droits de l’homme. À Davos, en Suisse, il s’est retrouvé une fois avec les hommes les plus riches de la planète de grande renommée, de chercheurs et d’intellectuels.

Qu’est-ce qui aurait pu manquer à cet homme pour ne pas bien régler sa vie sur terre, dans sa déroute de la jeunesse, les futurs espoirs du pays ? Il fut, une fois, il souffrait de « présidentite », et au grand hasard ce mal serait guéri. Aurait-il toujours les mêmes cauchemars d’une presse sous diktats ? Une chose est pure vérité, la dictature en Haïti est révolue, et la liberté de la presse n’est pas négociable, malgré votre « 2 à zéro » abjectement prôné et gagné en violation flagrante des règles du jeu. Les arbitres de votre côté et les entraîneurs remplaçant les joueurs sur le terrain, difficiles de ne pas recueillir de lauriers roses qui ne tardent pas à se faner.  Avec l’acceptation des sacrifices à gérer les sautes d’humeur d’un enfant dans la peau d’un homme, qui refuse de grandir, jamais les incartades ne nous amèneront à laisser franchir la barre d’avant 7 février 1986. Un vœux pieu, car d’autres apprentis-dictateurs, non moins vulgaires, avant Martelly ont bien essayé.

Des obscénités de Martelly censurées par la télévision d’État. Et Gabriel Fortuné, le maire des Cayes, dans tout cela ?





Lundi soir, Michel Martelly, lors du deuxième jour gras de son « Carnaval» aux Cayes, a offert une énorme opportunité aux autorités morales d’Haïti de prouver qu’elles prennent leurs distances par rapport aux obscénités qu’il a débitées, aux dérapages de la société, en commençant par les con damner, puis les dénoncer publiquement et immédiatement. Ce serait, pour eux, une manière de prouver également qu’elles ne mènent pas non plus une double vie, en réponse aux interrogations du pape François, dans son homélie d’avant la saison pascale qui a débuté mercredi les Cendres.

En effet, à l’approche du carême, vendredi dernier, le pape a dénoncé la double vie des chrétiens qui entravent leur foi et leur espérance. Pour le pontife, il valait mieux « être un athée que de mener une double vie » à la cueillette de richesses de la terre.

« As-tu regardé le ‘live’ de la TNH, depuis les Cayes », a demandé un ami très décontenancé nous invitant à partager ses réflexions inquiétantes. C’est l’indignation avec ce show visionné en direct sur les réseaux sociaux. Que vont-ils penser de nous, les étrangers, en observant un ex-président s’adresser ainsi aux citoyens de son pays, s’inquiètent un groupe de professionnels intervenant sur WhatsApp.

Michel Martelly, devenu président d’Haïti, par accident de l’histoire, n’a fait aucun effort, au terme de son mandat de cinq ans, pour justifier, lundi soir, dans la ville des Cayes, qu’il se trouvait à la bonne place le 11 mai 2011. Quant à Jovenel Moïse, son «chien couchant», s’il est à côté de sa femme et des responsables de foyer, devrait penser à présenter ses excuses à la nation pour les propos déplacés et indécents de M. Michel Martelly. « C’est inacceptable que Martelly soit à ce point dévergondé », lit-on dans des commentaires sur les réseaux sociaux.

Si une station de télévision d’État est arrivée jusqu’ à censurer les propos d’un ancien chef d’État qui passe en direct, on est droit de se dire que l’heure est grave. Il y a péril en la demeure. Pauvre Haïti et ses dirigeants, des parvenus qui ne comprennent pas que la chance ne passe qu’une seule fois, quoiqu’ils fassent, quoiqu’ils disent. Qu’est-ce qui ne va pas avec Michel Martelly et que représente pour lui la fonction d’un chef d’État. Pourquoi s’était-il lancé dans cette aventure sachant bien au départ qu’il est né pour chanter et apprivoiser la grivoiserie. Pour affirmer son inertie, lors de l’une de ses interviews,  comme celle accordée exclusivement à la (Télévision nationale d’Haïti (TNH, du haut de ses gloires éphémères, lundi soir, Michel Martelly a déclaré que « C‘est l’absence d’autorités dans le pays qui le portait à dire autant de sottises dans le temps». En s’affichant de la sorte, lundi soir, fait-il encore allusion à l’absence d’autorités quand c’est lui qui « nomme et révoque», dirigeant Haïti par personne interposée ? Au fait, c’est lui l’État.

Au bout de compte,  le maire des Cayes, Gabriel Fortuné, converti serviteur aveugle et zélé de Tèt Kale, aura-t-il le courage de revenir sur une promesse qu’il avait faite dans le passé et qui lui avait valu beaucoup de sympathie quand il interdisait, un soir d’été, à la bande de Sweet Micky de donner une prestation dans la ville des Cayes ? M. Fortuné et la municipalité qu’il dirige, savaient aussi bien à quoi s’attendre avec un Michel Martelly avide d’attirer les projecteurs sur lui, sans penser aux torts irréparables qu’il fait au pays. Nous le disons souvent que la place d’un ancien-président se trouve dans l’enceinte d’une bibliothèque et donnant des conférences à l’université ou dans des cercles d’intellectuels.

Michel Martelly, avec cette démonstration de vulgarités des plaisanteries de très mauvais goût, comment pourrait-il après se tenir devant un parterre d’étudiants à l’université ? Et quel décanat oserait lui envoyer cette invitation quand Michel Martelly n’a que pour seule adresse pour toutes ses maladresses,  une bêtise humaine; et que désormais son nom est associé à l’infamie et à la honte. Cela va de soi quand il s’est ingénié à placer un président inculpé sur le fauteuil « bourré ». Ainsi se meurt la démocratie dans l’obscurité des choix faits à notre place; et nous avons les résultats que nous avons, un ex-président arrogant, et pardessus le marché, incompétent et un bouffon.
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cba
.Photo : Page facebook sweet micky

(Texte original extrait de Haiti-Observateur/page 1, édition 1er-7 mars 2017)

7 COMMENTS

  1. en haiti nou ankouraje imoralite. se grav pou pep la toujou ap lwanje yon moun konsa, ap tande muzik li. li rich sou do haiti pandan’l te di li pa ayitien. pitit li madanm li rich sou do haiti, malgre sa nou kouwone’l. mateli vini pov sou pouvwa’a; konya’a li multi milyoner paske en haiti nou pa konn sa nou vle. nou rejene tout moun ki gen moral pandan nap anbwase imoral yo.

  2. Pouquoi c’est Martelly qui doit avoir la fauute, si on le provoque ? Les dominicains !; Encore de la flatterie ? Complexe d’inferiorite ! Quand les dominicains veulent nous trainer dans laboue, qui vient ecrire, ni crier le manque de respect ? Envie de vomir !

  3. Michel Martelly pat jan-m te pòv. Kijan moun pòv? Ayiti se yon peyi d’opposants malerèzman regressistes ki chita sou pale tenten, kòmkwa yo panse yo konn on pil bagay depi yo ka ekri de vye mo fransè de grenn gòch men-m lè yo pa men-m ka articule convenablement. Paran tout moun te fè efò avèk yo e si nou pa aksede au pouvwa se pa fòt Martelly. Al goumen a Bondye paske romain yo pat blye inclu pawòl sa-a nan bib inspiré ya ki di: « Il faut respecter toute autorité car toute autorité vient de Dieu » . Nou fout mache nou wè bay peyi ya yon chans tonnerre! Pa gen-w prezidan ki jan-m bon depi 1804.mezanmi telman ayisyen aigri. Kanaval se yon bagay culturel li ye. « Un peuple sans culture n’a pas d’identité. Il ne connait ni les biens ni les maux. Il ignore le monde parce qu’il s’ignore lui-même ». Si dirijan yo ta deside pa fè kanaval ane sa-a nou men-m jounalis nou tap mande anraje dèyè micro nou. Sa tap fè la une de l’actualité pou nou fè moun ki ecervelé yo al kraze business moun nan peyi ya jistan gouvènman-an rele nou, banou lajan, vehicule pou nou fèmen djòl nou. Bann pwostitye! Donald Trump ap fout avili nou, ekspoze nou devan le mond antye… Fake news fake news fake news. Au mwen nou ta dwe bay Martelly on ti kredi paske li pa voye liliane nan prizon kote-l tounen ti yoyo prizonye yo jistan yo gwòs li e-l pa janm konnen kiyès nan malandrin yo vòlè yo ki papa pitit la paske nèg yo pa jan-m prezan pou fè dna.

  4. Chapeau ba mon frère, vérité, mes félicitations.
    lan youn pays normal, ce pou Michel Martelly te prend prison. Jovenel obligé valé dlo sale Patron li, ce li ki meté li au pouvoir. Le vrai chef d’Haiti est Martelly et l’argent de la drogue. Ce lagen ak vagabond kap minnin en Haiti.

  5. Une chose est certaine, le phénomène Martelly, quoique ignoble, ouvre une porte énorme à l’installation définitive de la démocratie en Haiti. Car, meme après des Duvakier après des élections libre et démocratiques, les gens qui osaient dire tout haut ce qu’ils pensent d’un de la politique ou du personnage au pouvoir risquait de payer de sa vie. Tel Jean Do.

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