La stabilité illusoire!
Mercredi 7 décembre 2016 (rezonodwes.com).- Il n’ y aura pas de stabilité! Peu importe les manœuvres scabreuses de l’ international pour arriver à cette stabilité artificielle qu’ ‘il n’ a de cesse de proposer tout au long des dernières décennies en Haïti : Elle n’ atterrira pas!
Le processus a toujours été mal enclenché.
La Stabilité n’ est pas un vocable derrière lequel on peut se cacher pour s’ approprier les ressources d’ un pays en complicité avec la classe dominante locale. Elle se construit dans le cadre d’ une vision réelle de développement national: le politique et l’ économique en sont deux facteurs clés.
La stabilité ne se construit pas autour de cette volonté de perpétuer un système social inégalitaire via le pouvoir politique. Ainsi si le Politique doit donner le ton: il ne peut donc provenir de pouvoir illégitime monté à l’ instar d`un club d’ amis avec pour seule vision le statu quo. Il faut l’ intégration, voire la participation de cette majorité qu’ on entend tenir en dehors des espaces décisionnels pour l’ atteindre.
Ces dernières années où le politique avec les différents groupes au pouvoir n’ a pu donner le ton, constituent un exemple parfait quant à nos difficultés à appréhender, voire à atteindre cette stabilité incessamment mentionnée dans nos discours quotidiens : » Climat calme et serein propice aux investissements ».
C’ est presque devenu une Mantra ». Et vouloir jouer sur le politique uniquement en imposant ses ‘ » marionnettes » aboutira à l’ effet contraire : l’instabilité chronique à laquelle nous faisons et ferons face encore. Dans les sociétés en passe de modernité comme Haïti, la question de la Stabilité devant favoriser le développement repose avant tout sur l’ émergence socio historique du pays.
Les inégalités sociales criantes et le désir de perpétuation ont toujours marqué les rapports entre les nantis s’appropriant la quasi-totalité des ressources du pays et les masses incultes. Toute notre histoire en porte la marque. Toute idée de « stabilité politique » doit se jouer autour de ce facteur socio historique majeur.
Mais comment compter sur une élite sans vision? Aujourd’ hui, en plein 21 ème siècle, les élites économiques du pays soutenus par l’ international ont confectionné un pouvoir à la mesure de leurs ambitions et de leur rapacité.
Alliés à une fraction de la classe moyenne privilégiée, opportuniste et affairiste, les représentants du soi disant secteur des affaires ont en effet investi gros dans la campagne de Jovenel Moïse, leur poulain, et sont ainsi assurés d’en récolter les dividendes dans les années à venir comme première garantie:
La boutique de Papa se transmettra encore et toujours de père en fils avec le monopole en lieu et place de la compétitivité comme méthode pour faire des affaires à l’ haïtienne.
Les mares puantes boueuses et les crevasses ou nids de poule servant d’ environnement et d’ enseignes aux entreprises verront à coup sur un regain d’ activités des insectes, et enfin et pour tout, la garantie d’ obtenir ces exemptions douanières indéfinies auxquelles la classe des possédants tient tant en vue d’ accélérer cette culture d’ importation constante aux détriments de la production nationale
Car, le pouvoir politique n’ est que l’ extension du pouvoir économique pour mieux se livrer tranquillement à l’exploitation des ressources nationales aux détriments de la majorité. L’ essentiel du Programme des années à venir!
Pas de transformation sociale. Elle n’ en a ni la vision, ni la capacité. Le PHTK élu par une infirme minorité d’ un demi-million sur 6 millions d ‘ haïtiens en droit de voter, n’ a donc reçu aucun mandat pour opérer des changements. On n’ y croit pas! De cette alternative à Lavalas, il ne l’ est pas! C’ est l’ autre extrême au bout de la corde raide, l’autre face de la même pièce de monnaie.
Plus de 5 millions se sont donc abstenus à faire le choix entre le choléra ( PHTK) et la peste ( Lavalas) comme se plait à le décrire malicieusement la population désormais rompue aux manœuvres des deux extrêmes de la politique haïtienne.
La stabilité politique si vantée comme moteur de développement par la communauté internationale n’ est donc pas pour demain. Le fossé s’élargit davantage entre nantis et défavorisés à la faveur de ces élections,. La rupture est consommée et les perspectives deviennent de plus en plus sombres pour le pays


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