Ernst Jean Joseph emprisonné en Haïti pendant 2 ans par le dictateur Jean-Claude Duvalier après son expulsion pour dopage de la Coupe du monde de Munich, le 18 juin 1974

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Le côté sombre de l’histoire du Mondial’74, ressurgit à la mort de l’excellent défenseur du Onze national, M. Ernst Jean Joseph, parti trop tôt. Une grande perte pour le pays.

New York Times, 18 juin 1974 – L’ Haïtien Ernst Jean-Joseph, qui a si bien joué au poste d’arrière latéral lors de sa défaite 3,1 contre l’Italie samedi dernier, a été suspendu aujourd’hui de toute participation à la Coupe du monde car il a été découvert qu’il avait pris une drogue illégale…

Samedi 15 août 2020 ((rezonodwes.com))–L’histoire retiendra toujours la part belle à Ernst Jean Joseph pour sa participation à l’unique coupe du monde à laquelle a participé notre pays et en terme d’un but magnifique et extraordinaire marqué contre l’Italie qui avait su garder vierges ses filets pendant longtemps, aucun Haïtien digne de ce nom n’est prêt à oublier ces exceptionnelles images.

Toutefois, les générations ’80 et ’90 et même une grande majorité parmi ceux et celles qui vivaient la folie du Mondial 1974, n’ont rien su de l’histoire cachée et sombre du titulaire du Onze national à Munich, M. Ernst Jean Joseph. Les tests effectués sur l’athlète ont confirmé la présence de la substance Phenylmetrazin. Jean Joseph s’est excusé en disant qu' »il l’utilisait dans le cadre de son traitement contre l’asthme« , mais le médecin de l’équipe l’avait formellement démenti rejetant toute forme de solidarité avec un compatriote dans des déboires qu’il n’a pas recherchés.

Selon New York Times, du 18 juin 1974, « après qu’une deuxième analyse eut confirmé qu’il avait pris un stimulant contenant de la phénylméthrine, Jean-Joseph a admis avoir utilisé cette substance pour améliorer ses performances au football. Sa suspension est la première de l’histoire de la Coupe du monde en 44 ans« .

Des coupures de presse de l’époque racontent qu’après la publication de la nouvelle, l’athlète renvoyé en Haïti, a été brutalisé et séquestré par des agents de la police politique du dictateur Jean Claude Duvalier, qui à l’époque tenait Haïti sous une main de fer, une folie dont l’apprenti-dictateur Jovenel Moise est animé aujourd’hui.

Ernst Jean Joseph a été soumis à un procès sommaire et condamné à deux ans de prison où, selon des témoins, il a subi de nouvelles tortures. Mais pour le dictateur sanguinaire et corrompu, Jean-Claude Duvalier, il a « déshonoré le pays« . Un pays qui était déjà placé sous la sellette pour les nombreux crimes perpétrés par les Duvalier de 1957 à 1974.

Des gros Tonton Makout étaient intervenus en sa faveur, il a recouvré sa liberté et réintégré dans la sélection nationale. Jean Joseph est appelé à jouer les qualifications pour la Coupe 1978 en Argentine et en Espagne en 1982, mais les résultats ne sont pas au rendez-vous. Il est ensuite retourné au Violette Athletic Club, où il a pris sa retraite en tant qu’entraîneur.

Après le dopage de Jean Joseph, seuls trois autres joueurs ont été sanctionnés par la FIFA, Willy Johnstone (1978), Ramon Caldere (1986) et Diego Armando Maradona (1994). L’incident de juin 1974 a forcé un renforcement des contrôles sur les athlètes.

Rappelons qu’au Mondial de Munich 1974, la Fédération internationale de football (FIFA) dispose d’une commission médicale spéciale qui contrôle deux joueurs de chaque équipe avant et après chaque match. La procédure a débuté en 1966. Tous les autres tests de dépistage de drogues effectués jusqu’à présent sur huit matchs ont été négatifs après celui de Ernst Jean Joseph révélé positif.

Peu importe, cette ancienne gloire du foot haitien aura tous les honneurs dûs à son rang pour avoir, il fut un temps, fait luire l’espoir chez de nombreux jeunes athlètes haitiens.

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