10 mars 2026
Après le coup de la FDI, les membres d’Agritrans se transforment en Sofidai et raflent 100 millions de dollars us de la BRH
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Après le coup de la FDI, les membres d’Agritrans se transforment en Sofidai et raflent 100 millions de dollars us de la BRH

Jovenel Moïse serait-il passé maître de « stratagème » pour caser tous ses « amis d’Agritrans » dans l’administration publique alors que ceux-ci devraient se mettre à la disposition de la justice dans le cadre du dossier d’usurpation de titre et de détournement de fonds de Petro Caribe pour des travaux non exécutés ?

Jovenel Moïse et Agritrans portent des coups durs à la République somnolente

Port-au-Prince, jeudi 5 Septembre 2019 ((rezonodwes.com))– Dès son investiture, la première décision du président Jovenel Moïse a été, avant même la ratification d’un premier ministre, de remplacer le directeur du FDI (Fonds de Développement Industriel) par un de ses proches, Edgard Jeudy.

Bizarre, pensait-on à l’époque, sachant que le FDI a été le principal créancier d’Agritrans, l’entreprise, en faillite, du candidat devenu président après deux ans d’une campagne électorale interminable et riche en coups fourrés bénis par le secteur privé des affaires.

En pleine gestion d’un premier ministre intérimaire de facto, llquidant les « affaires pressantes », le président Jovenel Moïse réédite son exploit et déclenche un sérieux remue-ménage dans le monde de la finance. Jeudy est propulsé au Conseil d’Administration de la Banque Centrale et un membre dirigeant d’Agritrans, Edouard Clément, hérite du poste de directeur de l’institution étatique ayant accordé des millions à la firme de Jovenel Moïse. Personne ne sait si ces millions ont été remboursés.

Mais, là ne s’arrête pas le parcours professionnel du nouveau DG de la FDI. Clément, en effet, de concert avec trois autres dirigeants d’Agritrans, suite à la déconfiture de l’entreprise qui n’a pas pu produire les célèbres bananes invisibles, a mis sur pied SOFIDAI, une société logée… dans le même coin de rue qu’Agritrans et qui a pu, quelque temps après la création, rafler un montant de 100 millions de dollars de la Banque Centrale (BRH), selon une source au sénat.

Ce stratagème collusif pour s’accaparer les maigres ressources du pays a attiré l’attention de la commission anti-corruption du sénat, qui, dans une correspondance a demandé au président du Grand Corps, Carl Murat Cantave, de solliciter du Gouverneur un justificatif économique, financier et légal, à partir duquel ce montage a pu être autorisé par la BRH, faisant fi des lois contre le blanchiment des avoirs les plus élémentaires et de la justice de notre pays.

« Au-delà de ce double emploi à l’encontre d’autres structures de financement public étatique (ex : BCA, BNDA…) qui devraient être consolidées, au lieu d’être éternellement traitées en parent pauvre, la SOFIDAI –dont le siège social est à la rue Dalencourt de Bourdon, à Port-au-Prince, exactement comme AGRITRANS– n’a aucun registre d’expertise ou de compétences justifiant du favoritisme dont elle semble faire l’objet », a écrit Youri Latortue président de la Commission anti-corruption.   


Sénateur Carl Murat Cantave
Président du Sénat de la République
En Ses Bureaux

Ref. : AGRITRANS/SOFIDAI 

Objet : Explications Conversion Conseil AGRITRANS en Conseil SOFIDAI et autres anomalies graves

Monsieur le Président du Sénat de la République,

Le Président de la Commission Ethique et Anti-Corruption sollicite votre urgente intervention auprès du Gouverneur de la Banque de la République d’Haïti, M. Jean Baden Dubois, afin qu’il fournisse des explications susceptibles de justifier des avantages accordés à la SOFIDAI (Société de Financement et de Développement Agricole et Industriel S.A.) au détriment d’autres structures légitimes de financement de l’Etat Haïtien.  Il convient de noter que la SOFIDAI, société privée, relativement récente (moins d’une année d’existence), et «inconnue » du secteur financier, bénéficie de l’endossement de la BRH; au point d’être accréditée sur la page web de la Banque comme une référence institutionnelle en financement.        

Sans vouloir étaler, pour le moment, la panoplie de violations des normes de bonne gouvernance et de conformité financière dont nous nous proposons de débattre en temps et lieu, il convient cependant d’attirer votre attention sur le fait que les anomalies de ce dossier, concernent les plus hautes autorités de l’Etat.  A titre d’exemple, veuillez noter  que la composition du Conseil d’Administration de la SOFIDAI, appelé désormais à gérer des millions de dollars avancés par la BRH, à un taux largement préférentiel, est quasiment le duplicata du Conseil d’Administration de la société AGRITRANS, objet de plusieurs scandales de corruption (UCREFF, CSC/CA et Commission Sénatoriale…).  A noter que Le taux accordé par la BRH, à la SOFIDAI, est de 1% ; et qu’en retour, la SOFIDAI finance les agriculteurs au taux de  6%.   Pourquoi priver nos paysans de cette marge bénéficiaire? 

En effet, le tableau ci-dessous fait référence à au moins 3 membres du Conseil d’Administration d’AGRITRANS qui sont eux aussi les membres du Conseil d’Administration de SOFIDAI, à savoir:

Au-delà de ce double emploi à l’encontre d’autres structures de financement public étatique (ex : BCA, BNDA…) qui devraient être consolidées, au lieu d’être éternellement traitées en parent pauvre, la SOFIDAI –dont le siège social est à la rue Dalencourt de Bourdon, à Port-au-Prince, exactement comme AGRITRANS– n’a aucun registre d’expertise ou de compétences justifiant du favoritisme dont elle semble faire l’objet.   

En outre, le Conseil d’Administration d’AGRITRANS est accusé de s’être adonné à une vaste stratégie de détournement de fonds publics par la CSC/CA et doit incessamment en répondre par devant la justice.  La BRH serait-elle tentée de s’adonner à une stratégie de détournement de fonds publics, aux cotés de personnes jusqu’ici indexées par la justice ?

Ce constat, ajouté à une pléthore d’anomalies, les plus grossières les unes que les autres, dont la nomination du Trésorier de AGRITRANS, M. Edouard Clément, à la Direction du FDI, nous pousse à intervenir pour assurer que les fonds du FDI et ceux  prévus par la BRH à cet effet, ne soient dilapidés par SOFIDAI, au détriment des agriculteurs et des paysans de l’arrière pays, auxquels il est sensé venir en aide.   

Pour éviter la propagande qui tente systématiquement de réduire le travail de la Commission à une rivalité politique, le Président de la Commission vous prie de solliciter également du Gouverneur un justificatif économique, financier et légal, à partir duquel ce montage a pu être autorisé par la BRH, faisant fi des lois contre le blanchiment des avoirs les plus élémentaires et de la justice de notre pays.   

Avec mes remerciements pour la célérité avec laquelle vous saurez traiter cette requête, le Président de la Commission Ethique et Anti-Corruption, vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ses salutations distinguées.  

Sénateur Youri Latortue
Président de la Commission Ethique et Anti-Corruption
Cc : Aux Membres de la Commission Ethique et Anti-Corruption

2 Comments

  • Noula 6 septembre 2019

    Kite m peyi fout mache tone !

  • Endijèn 6 septembre 2019

    ANN PI BYEN FÈ PEYI… LES FAITS HISTORIQUES…

    Je voudrais savoir de quoi parlez-vous, “faisant fi des lois contre le blanchiment des avoirs les plus élémentaires et de la justice de notre pays.” Rien de nouveau sous le soleil, BCA, BNDA… ou SOFIDAI. Enumérons: CSCCA, CNMP, UCREF, ULCC… Et Après???
    Ann al wè:
    EUH vs UNIFA,
    EDH vs Compagnies Blackout.
    Petrochallengers (Haiti) vs Petrovoleurs (moins de 50 persnnes)

    Rappelons sous Préval, le directeur de la CNMP, (Commission Nationale des Marchés Publics), Robert MARCELLO a été porté-disparu (12 janvier 2009) pour permettre aux MALANDRINS de l’ère d’utiliser à leur guise le fonds Petro Caribe. Les noms de Jude CELESTIN et Amaral DUCLONA sont souvent associés à cette disparition [1]. À l’instar de ses prédécesseurs, Jovenel Moise tente pour la énième fois de tirer son épingle du jeu au vu et su de la société en mille morceaux. PEUPLADE.

    Au nom d’HAITI, je ne suis pas prêt à jeter à la mer les cons Martelly et Jovenel sans penser à leurs prédécesseurs. Ann Aprann fè peyi!

    [1] Menacée, la fille de Robert Marcello a quitté le pays. Méthilde Marcello était le seul membre de la famille de M. Marcello qui vivait encore Haïti. Son départ précipité – qui ressemble à s’y méprendre avec une fuite en exil – est intervenu après la désignation de Jude Célestin, directeur général du CNE, comme candidat de Inite pour les prochaines présidentielles. La clameur publique avait toujours établi un lien entre le Centre National des Equipements (CNE) et la disparition de Joseph François Robert Marcello qui dirigeait le jour de sa disparition la Commission Nationale de Passation de Marché. Lenouvelliste.com https://groups.google.com/forum/#!topic/haiti-nation/luupLSaBQ7A

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