13 avril 2026
Prof. Carly Dollin : Inspirer une culture d’excellence à travers l’exploit d’Abigail Alexandre 
Actualités Culture

Prof. Carly Dollin : Inspirer une culture d’excellence à travers l’exploit d’Abigail Alexandre 

« Mon peuple périt, faute de connaissance ». Cette maxime assez répandue, retrouvée dans le livre biblique d’Osée, souligne à l’encre forte les conséquences néfastes de la violation des lois divines par les peuples rebelles et réfractaires. Par analogie, le silence assourdissant de l’élite probe ou les bruits tonitruants des tonneaux vides procurent assez de matières pour stipuler que la société haïtienne périt faute d’exposition des modèles d’inspiration. Quand nous cherchons à extraire des œuvres ou figures magnanimes qui ont marqué notre histoire de République emblématique, nous sommes enclins à plonger dans un passé très lointain. Les plus belles fascinations haïtiennes déposées au panthéon de l’histoire remontent à un ou deux siècles, au point que nous sommes fort souvent targués de passéistes. Pourtant, il n’existe pas de temps plus fort et plus inspirant que le présent pour camper des prototypes. Voilà pourquoi, nous devons braquer le projecteur sur chaque succès de nos compatriotes du terroir et de la diaspora pour conjuguer au présent les prouesses de chaque compatriote, dans tous les secteurs. À travers son full package d’élégance, d’éloquence et de confiance en soi, la championne du concours d’Éloquentia représente un modèle exemplaire pour les jeunes de sa génération. 

Dans un naturel authentique, abigaïl a su concilier dans une clarté de Crystal les piliers de la rhétorique que nous a légués en héritage le philosophe Aristote. Dans sa bravoure et sa fière posture à prononcer son ultime discours avec persuasion, depuis Paris, plusieurs milliers de téléspectateurs ont été hypnotisés par l’exquisité de cette graine fertile de la pépinière de la dialectique. Il y a un esprit vif qui s’est graduellement construit quasiment dans l’ombre avant que ce génie ait éclos aux yeux du monde. 

Depuis son entrée triomphale de l’Hexagone où elle a décroché avec classe son titre de meilleure oratrice, Abi embaume la toile du parfum de cette trilogie – logos, pathos et ethos – qu’elle incarne dans la précocité. Son excellent Point à Métropole, comme pour mettre des points sur les « i » à propos de la dimension du concours et de son talent, demeure la cerise sur le gâteau. Foi, gratitude, compétence, cohérence, humour, profondeur dans les idées, anecdotes, arguments solides, conseils salutaires aux jeunes, la société a perçu une tête bien faite, dotée des prérequis nécessaires pour briller au sommet des hémicycles discursifs. 

Dans une vision futuriste mais réaliste, les beaux esprits rêvent de voir une Abi au sein des cercles vertueux pour se perfectionner et exceller. D’abord, dans un système académique moderne à proximité de brillants cerveaux du monde, afin de mieux s’épanouir dans son domaine de prédilection. Ensuite, dans une libération extensive de son libido sciendi pour servir avec conscience la nouvelle Haïti qui ne se relèvera que par la construction d’un capital humain compétitif.  

Signe de reconnaissance mérite de se manifester par rapport à la promesse du ministère de la Culture d’encadrer abigaïl dans ses études jusqu’à la Licence. Nous sommes d’accord. Cependant, nous devons également admettre que cette récompense est loin d’être à la hauteur de l’accomplissement de cette inspirante jeune fille. L’État doit faire rêver les enfants et les jeunes en fournissant de bonnes incitations à ses citoyens. Abigaïl mérite des récompenses à la hauteur de sa dimension de championne internationale, en accord avec la magnificence qu’elle a prouvée. Une bourse d’études au niveau avancé, au moins au niveau de la maîtrise à une Université prestigieuse de standard international, c’est le moindre que mérite ce prodige. 

Sans compter évidemment des cadeaux estimables de tous les secteurs, tels que livres, ordinateur, véhicule pour se déplacer, offrir des conférences aux jeunes et vaquer à ses activités académiques. Abigaïl ferait la fierté de toute entreprise ou institution prestigieuses qui l’engageraient par exemple à titre d’ambassadrice ou de promotrice pour valablement représenter leurs marques. 

Dans tous les secteurs de la vie sociale et politique, bien que minoritaires, les modèles d’inspiration existent en Haïti. Cependant, ils ne sont pas exposés à la dimension de leurs êtres. Un saut qualitatif requiert que la société cesse de marginaliser de telles figures exemplaires. Les honorer, c’est inciter les autres à adopter les bonnes attitudes et emboîter le pas vers le chemin du succès.

Abigaïl réunit d’énormes qualités intrinsèques qui pourraient galvaniser les enfants et les jeunes vers la pratique de nobles initiatives pour embellir leurs esprits. Par le paradigme de la « magie de l’image », c’est à travers les modèles de capital humain compétitif que l’on construit les sociétés modernes.  En capitalisant sur ses modèles de capital humain, Haïti pourrait dégager des externalités positives ainsi que des effets multiplicateurs pour transformer plusieurs secteurs porteurs. Puisse la société, notamment l’État, reconnaître la portée mythique de l’exploit d’Abigaïl sur la scène internationale tout en invitant les jeunes à suivre ses traces. 

Carly Dollin
Carly.dollin@gmail.com

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.