ÉNERGIE — Les marchés sous tension après une frappe sur un champ gazier stratégique
Les cours du pétrole ont fortement progressé mercredi, frôlant les 110 dollars le baril, à la suite d’informations diffusées par l’agence iranienne Tasnim faisant état d’une frappe aérienne contre une installation du complexe pétrochimique du champ gazier de South Pars, considéré comme le plus vaste au monde.
Le baril de Brent, référence internationale, a atteint 109,91 dollars vers 14h30 GMT, en hausse de plus de 5 % par rapport à la veille, avant de se maintenir au-dessus du seuil de 108 dollars. Parallèlement, le prix de référence du gaz au Royaume-Uni a enregistré une augmentation de 6 %, à 143,53 pence par therm, avant un repli sous les 140 pence.
Selon les autorités iraniennes, l’incendie provoqué par la frappe aurait été maîtrisé dans l’après-midi, sans que l’ampleur des dommages ne soit à ce stade clairement établie. L’événement intervient dans un contexte de tensions géopolitiques accrues affectant les infrastructures énergétiques de la région.
Dans une déclaration relayée par Tasnim, l’appareil militaire iranien a annoncé qu’une riposte « décisive » serait engagée en cas d’atteinte aux installations énergétiques nationales, évoquant explicitement la possibilité de cibler les infrastructures des pays à l’origine de l’attaque, au nom d’un principe de réciprocité.
Conséquence immédiate, l’Iran a suspendu ses exportations de gaz vers l’Irak afin de prioriser l’approvisionnement intérieur. D’après le Forum des pays exportateurs de gaz, environ 94 % de la production iranienne est consommée localement. Le champ de South Pars est également exploité par le Qatar — sous l’appellation North Dome —, acteur majeur du gaz naturel liquéfié à l’échelle mondiale, dont les autorités ont mis en garde contre les implications systémiques de telles frappes sur la sécurité énergétique globale.


