Le Collectif Nou Bouke tient à exprimer sa profonde indignation face à la rencontre organisée à Paris par la ministre des Haïtiens vivant à l’étranger, Madame Kathia Verdier, le samedi 28 mars 2026. Présentée comme une initiative visant à « sensibiliser » les Haïtiens de l’étranger à participer aux prochaines élections, cette démarche apparaît avant tout comme une opération de démagogie politique.
En effet, Madame Verdier affirme que le gouvernement compte organiser des élections dans un pays où près de 80 % de la capitale, Port-au-Prince, ainsi que plusieurs zones stratégiques, sont sous le contrôle de gangs armés. Dans un tel contexte de terreur généralisée, d’impunité et de paralysie institutionnelle, parler d’élections libres, transparentes et crédibles relève tout simplement de la démagogie.
Par ailleurs, ce discours sur la participation de la diaspora haïtienne dans la vie politique du pays constitue un faux-semblant. Durant toute la période de transition politique, la diaspora haïtienne n’a jamais été véritablement consultée sur ses revendications, ni sur ses besoins, ni sur les difficultés auxquelles elle est confrontée, ni sur les directions données au pays.
Plus grave encore, comment prétendre favoriser la participation politique de la diaspora lorsque l’avant-projet de décret électoral publié en octobre par le Conseil Électoral Provisoire (CEP) prévoit d’exclure de nombreuses fonctions électives les Haïtiens possédant une double nationalité ? Une telle disposition revient à écarter de la vie politique nationale des milliers d’Haïtiens vivant à l’étranger.
La participation politique de la diaspora ne saurait se limiter à des discours ou à des rencontres symboliques. Elle suppose le droit de voter, le droit d’être élu, la consultation systématique de la diaspora dans les décisions majeures de l’État, mais aussi la transparence et la reddition de comptes concernant les politiques qui la concernent.
À ce titre, le Collectif Nou Bouke rappelle qu’il est inacceptable que l’État haïtien continue de prélever une taxe de 1,50 dollar sur les transferts et les appels internationaux depuis plus de dix ans, sans aucune transparence sur l’utilisation de ces fonds.
Dans ces conditions, la rencontre organisée par Madame Verdier à Paris s’apparente davantage à une opération de communication et de politique spectacle qu’à une véritable volonté de répondre aux préoccupations réelles de la diaspora haïtienne.
Aujourd’hui, la diaspora est profondément en colère face à l’insécurité généralisée en Haïti, à son exclusion persistante de la vie politique nationale, à la fermeture de l’aéroport Toussaint Louverture et à l’absence de réponses concrètes de l’État aux problèmes qui la concernent directement.
Le Collectif Nou Bouke appelle les autorités haïtiennes, et plus particulièrement la ministre Kathia Verdier, à cesser les mises en scène politiques au sein de la diaspora haïtienne.
Nous exigeons un audit complet de la taxe « un dollar cinquante ». Nous demandons également la présence d’un représentant légitime de la diaspora au sein du Conseil Électoral Provisoire (CEP) ainsi qu’au sein du gouvernement de transition.
Enfin, nous réclamons que la diaspora haïtienne soit consultée dans toutes les grandes décisions prises par le gouvernement de transition, compte tenu de son rôle majeur dans le développement et le soutien économique d’Haïti. Moïse EUGENE Membre du conseil collégial du Collectif Nou Bouke Farah MAITRE Membre du conseil collégial du Collectif Nou Bouke

