7 mars 2026
Flambée du pétrole : la guerre au Moyen-Orient pousse le baril à des niveaux inédits depuis deux ans
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Flambée du pétrole : la guerre au Moyen-Orient pousse le baril à des niveaux inédits depuis deux ans

Flambée du pétrole : la guerre au Moyen-Orient pousse le baril à des niveaux inédits depuis deux ans

Washington — Les cours du pétrole ont fortement progressé cette semaine sur les marchés internationaux, sous l’effet direct des tensions militaires au Moyen-Orient et de la paralysie partielle du trafic énergétique dans le détroit d’Ormuz.

Le baril de Brent, référence pour le marché international, a clôturé vendredi à 92,69 dollars, en hausse de plus de 8 % sur la séance et de 27,88 % sur l’ensemble de la semaine. Le West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, a terminé à 90,90 dollars, enregistrant une progression de plus de 12 % en une journée et de 35,63 % depuis le déclenchement des frappes israélo-américaines contre l’Iran.

Cette accélération s’explique principalement par la perturbation du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite environ 20 % de l’approvisionnement pétrolier mondial. La fermeture partielle de cette voie maritime a immédiatement alimenté les inquiétudes des investisseurs et entraîné une tension rapide sur les marchés énergétiques.

Selon l’analyste Ole R. Hvalbye (SEB), le marché pétrolier est passé d’une appréciation géopolitique du risque à une prise en compte de perturbations logistiques concrètes, ce qui amplifie la volatilité des prix. Les économistes de JPMorgan observent également que chaque journée de blocage du détroit accentue la pression sur l’offre mondiale.

Plusieurs producteurs du Golfe ont déjà dû ralentir leur activité. D’après JPMorgan, l’Irak aurait réduit son approvisionnement d’environ 1,5 million de barils par jour, tandis que le Koweït atteint ses capacités de stockage, ce qui limite ses exportations.

Face aux tensions sur l’offre, plusieurs grandes puissances énergétiques prennent des mesures d’urgence. La Chine a demandé à ses raffineries de suspendre certaines exportations de carburants afin de préserver ses stocks domestiques. Les États-Unis, de leur côté, ont temporairement autorisé la livraison de pétrole russe sous sanction vers l’Inde afin d’éviter une rupture d’approvisionnement pour New Delhi.

Washington a par ailleurs annoncé que la marine américaine pourrait escorter les navires marchands dans le détroit d’Ormuz, afin de faciliter une reprise partielle du trafic maritime.

Selon plusieurs analystes, la réaction du marché reste pour l’instant contenue grâce à des réserves stratégiques relativement élevées, qui pourraient compenser jusqu’à un mois de fermeture du détroit. Toutefois, une interruption prolongée du trafic énergétique dans cette zone stratégique pourrait entraîner un choc pétrolier susceptible d’alimenter une pression inflationniste mondiale et un ralentissement économique.

Dans l’immédiat, les marchés énergétiques demeurent suspendus à l’évolution militaire et diplomatique du conflit au Moyen-Orient, facteur désormais déterminant pour l’équilibre de l’offre pétrolière mondiale.

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