16 mars 2026
Occupation américaine : 110 ans après, Haïti reste dépendante de l’étranger pour sa sécurité
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Occupation américaine : 110 ans après, Haïti reste dépendante de l’étranger pour sa sécurité

La fin de ce mois marque l’anniversaire de l’occupation américaine d’Haïti (1915-1934), censée instaurer l’ordre et la stabilité. Plus d’un siècle plus tard, le constat est accablant : instabilité politique chronique, économie étranglée par des criminels opérant avec la complicité d’une bourgeoisie dévoyée.

Pourtant, cette classe devrait être le moteur de la croissance. Lorsqu’elle s’enracine dans un système mafieux, alliée à des réseaux obscurs, elle devient un frein au progrès.

Sur le plan sécuritaire, nous avons démantelé notre propre armée pour créer une force de police sans doctrine ni engagement patriotique. Nos institutions ont été vassalisées au gré des solutions imposées de l’extérieur.

Aujourd’hui encore, aucune leçon ne semble tirée du passé. Pourtant, l’histoire est un baromètre permettant de mesurer les progrès d’une société. C’est grâce au passé que nous pouvons projeter l’avenir. Il ne s’agit pas d’en être prisonnier, mais de l’utiliser pour corriger nos erreurs.

En ignorant notre histoire, nous nous condamnons à reproduire les mêmes fautes. Malgré l’échec de l’occupation américaine, nous continuons de faire appel à des forces étrangères pour gérer notre sécurité. La communauté internationale n’a pas réussi en plus d’un siècle.

Nous avons expérimenté la MINUSTAH, un échec total. Ensuite, la BINUH est intervenue pour renforcer la justice : encore un résultat nul. Aujourd’hui, la force multinationale présente en Haïti se comporte comme des touristes : aucun impact réel. Et en dernier recours, on évoque le recours à Blackwater, une société militaire privée, sans aucun signal fort de mise en ordre à l’horizon.

Ce que nous n’avons jamais essayé, c’est de faire appel à la jeunesse haïtienne, véritable moteur de tout changement. En l’ignorant, nous tournons en rond. Comment penser au développement si l’on ne valorise pas ses propres ressources humaines ?

Nous restons enfermés dans une caverne mentale, persuadés que seuls les étrangers peuvent nous en faire sortir. C’est une erreur fondamentale. La vraie solution réside dans un appel national à la jeunesse pour servir le pays.

Il est temps de rompre avec cette vision étriquée de l’État.

Nous exigeons le recrutement massif de 25 000 jeunes dans les Forces armées d’Haïti et de 20 000 policiers dans la PNH, avec des critères adaptés à l’urgence nationale.

Le budget de guerre annoncé doit enfin se traduire en actions concrètes.

Alceus Dilson, juriste, communicologue
alceusdominique@gmail.com

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