Le décès de Franckétienne dû au manque de professionnalisme des agents du CAN
Les premiers témoignages de Marie-André Manuel Étienne, veuve de Jean-Pierre Basilic Dantor Franckétienne, renvoient à une attitude nonchalante exprimée par des agents du Centre ambulancier national (CAN), à l’origine du décès du pionnier du mouvement spiralisme. Contactés dans le cadre des démarches visant à transporter Franckétienne vers un centre hospitalier après son malaise, les agents du CAN ont préféré faire passer le temps au lieu d’assister la famille.
Si les ambulanciers du CAN avaient agi avec professionnalisme, l’écrivain, poète, dramaturge, peintre et musicien Franckétienne (89 ans) aurait pu être épargné de la mort le jeudi 20 février 2025, a témoigné sa veuve Marie-André Manuel Étienne. Lors d’une interview accordée ce vendredi à Radio Kiskeya, elle est revenue sur les derniers moments vécus par Franckétienne juste après son malaise. Alertés par la famille, des ambulanciers du CAN ont, dans un premier temps, entretenu avec Marie-André Manuel Étienne une conversation ennuyeuse avec des questions stupides et non essentielles. Ils insistaient à savoir si Franckétienne avait de la fièvre et tenaient à connaître son âge.
Sur les conseils du docteur personnel de Franckétienne, contacté par téléphone, la famille a insisté pour solliciter une seconde fois le service du CAN afin de transporter l’écrivain vers l’Hôpital universitaire La Paix pour une meilleure prise en charge. Au bout du compte, les ambulanciers ont concédé qu’ils ne disposaient pas de véhicules alors que l’état de santé de Franckétienne se détériorait. Marie-André Manuel Étienne, révoltée par le manque de professionnalisme des employés du CAN, conclut qu’ils se contentaient de faire passer le temps, même en sachant qu’aucun véhicule n’était disponible pour assurer le transport.
Cette situation résulte également du mode de vie modeste mené par Franckétienne, déduit Marie-André Manuel Étienne. Ancien ministre de la Culture et écrivain de renommée internationale, Franckétienne n’a jamais pu bénéficier d’une pension de l’État. Enseignant ayant formé des générations au Lycée national de Pétion-Ville, il a dédié son temps à la formation de la jeunesse haïtienne, rappelle, l’âme en peine, sa veuve Marie-André Manuel Étienne.
Hervé Noël
vevenoel@gmail.com

